dépôt légal Bibliothèque nationale de France

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis
ISBN : 978-2-35317-042-5
N° Editeur : 2-35317

Contact auteur: pierrebrieu.hoareau@yahoo.fr

TABLE DES MATIERES

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

AVERTISSEMENT ET PROLOGUE

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

AVERTISSEMENT

 

Chers lectrices et lecteurs, vous entrez de plein pied dans une partie de l’Histoire de France. Tous les faits relatés sont réels. Ils racontent une filiation cachée. Dans un souci de sécurité, vous comprendrez que les noms de certains fonctionnaires de la République ont été volontairement changés.

 

 

À ma famille,

À la France,

Et à tous ceux qui se sont consacrés à Elle.

 

 

 

PROLOGUE

 

 

« Celui qui ne sait pas et qui croit qu’il sait… fuis-le !

Celui qui ne sait pas et qu’il sait qu’il ne sait pas… éduque-le !

Celui qui sait et qui ne sait pas qu’il sait… éveille-le !

Celui qui sait et qui sait qu’il sait… suis-le ! »

 

 

 

Lundi 21 mai 2007, jour de la saint Constantin. Est-ce un signe prémonitoire ? Je ne sais, mais c’est le jour où j’ai appelé Joseph Castelli, directeur des éditions éponyme. Il m’écoute, longuement. Je lui raconte mon histoire et lui fait part de mon projet. Le courant passe. C’est un homme à talent, il me comprend. Clairement, je souhaite son aide. Et je l’obtiens. 

Jusqu’à présent, la presse ne se décide pas encore à médiatiser la vérité sur ma filiation. Les informations que je leur ai données sont confirmées par Nicolas Sarkozy, dans sa lettre du 11 avril 2007. Il reconnaît, enfin, qui je suis. Après de longs mois d’enquête au Ministère  de l’Intérieur, il m’assure avoir l’ambition de résoudre la question de ma reconnaissance.

 

Mais pourquoi tous les médias tardent à faire connaître la vérité ? Même ceux à qui j’ai finalement envoyé une copie de ce qui est, pour moi, la fameuse lettre ne se sont pas encore engagés. Les intérêts hostiles à ma juste cause sont-ils si puissants ? Qui sont-ils ? La famille royale ne veut pas me reconnaître ? Pourquoi ? Elle était, pourtant, l’une des plus riches d’Europe, mais on dit qu’elle aurait dilapidé l’essentiel du patrimoine. Est-ce que ce sont les Espagnols pour lesquels je représente la menace d’anéantir l’espoir qu’ils nourrissent de porter un jour leurs princes sur le trône de France ? Est-ce que ce sont des groupes de pression qui voient en moi, à tort, un danger pour la République ?

 

Ce livre ambitionne de vous apprendre et de vous prouver par des tous moyens une vérité que chaque Français est en droit de connaître. Ils en sont, du fait de l’Histoire, les seuls propriétaires.

C’est la révélation de l’identité de ma famille. Une famille qui appartient aux Français et veut se donner à eux, corps, âme et esprit. Une famille simple et généreuse. Mais brisée par la déportation dans les îles. Une famille qui appelle les Français au secours. Un jeune homme qui demande que la France le réinstalle dans l’un des droits les plus fondamentaux qui soient, celui de bénéficier de sa véritable identité.

 

Que ce livre reste dans l’Histoire comme celui de l’expression infinie de mon amour de la France. Un amour pour lequel je suis prêt à tout sacrifier, un amour que j’appelle espoir, un amour que j’appelle justice. Justice, cette vertu si belle qu’on lui érige des palais. Cet amour, je l’appelle identité.

 

Cet amour de la France, c’est celui de ma jeunesse. Une jeunesse dévorée par un silence, un silence qui pèse, un silence lourd, un silence non mérité. Ce silence, gardé depuis près de quatre-vingt années, commence à peine à s’évanouir. Je veux que vous m’aidiez à le briser, que vous m’aidiez à délivrer la vérité des geôles de l’histoire.

 

Tous ensemble, il est possible d’en finir avec ces insupportables secrets d’Etat qui sont une insulte pour le  Peuple de France. Il a le droit d’être informé sur tout et tout le temps. Et si les médias sont contraints, s’ils ne peuvent ou ne veulent pas d’eux-mêmes dire toute la vérité à ceux grâce auxquels ils vivent de leur travail, alors que ce livre soit le secours tant attendu qui permettra de libérer l’âme de la France qui, dans son histoire, a toujours recherché et défendu la vérité sans aucune considération d’intérêts financiers ou politiques.

 

Je tiens à remercier, ici et maintenant, cet homme providentiel, cet humaniste, Joseph Castelli. Son geste inespéré restera toujours dans l’Histoire, comme l’acte de justice le plus sacré rendu aux Français.

1 – Le Conte de Paris

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

« La gloire des contes est universelle. Divertir et instruire sont les objectifs du conteur. Alors,  il était une fois… »

 

 

Pour l’heure, je m’appelle encore Pierre-Brieu Hoareau. J’ai vingt-quatre ans. L’âge est d’ailleurs également par nature temporaire. Je suis né à l’île de la Réunion. Il y a deux ans, je terminai mes études à Paris. Je ne savais pas encore que j’allais un jour devoir mener un noble et juste combat. Celui de la reconnaissance de mon identité. Je pensais tout savoir sur moi. Mon passé n’avait, jusqu’alors, aucune importance. J’avais fait table rase de mes années vécues à la Réunion, décidai de devenir un véritable parisien et de ne plus jamais quitter la capitale.

 

Richard Descoings est un personnage emblématique. C’est celui qui marqua le plus mes cinq années passées à Paris. Il était le directeur de l’établissement où la République m’avait offert, enfin, une chance de m’intégrer en son sein. Mauvais élève pendant l’adolescence, qualifié de cancre de la classe et sauvé de justesse du redoublement par l’intervention de mon père, j’eus la chance d’avoir le courage de me mettre au travail en classes de première et de terminale. J’obtins mon baccalauréat avec les félicitations du jury et de rentrer, in fine, dans le prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris.

 

Il était connu comme « la Grande Dame de Sciences Po ». Richard « cœur de Lion » a un  penchant pour le même sexe. Il succomba pourtant à cette obsession de se rendre ministrable en se mariant à une énarque. Sans doute pour soigner les apparences et obtenir la clémence des critiques. Cet épisode, bien que très heureux au final, fut consternant parce qu’il mit en lumière cette crainte des responsables politiques du jugement des autres, de la perception de leur image. Ainsi, s’agissant d’un autre énarque, me parut-il que Dominique de Villepin était un bon écrivain et un excellent orateur mais qu’il avait oublié d’être un homme politique à trop vouloir ménager son image en prenant peu de risques. Nicolas Sarkozy occupa cet espace laissé vide par le Premier ministre et, quelque part, par Ségolène Royal.

 

« J’imagine que tu es content », me dit ma grand-mère Colette. Celle dont les mystères allaient irrémédiablement devoir changer ma vie, au lendemain de la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy. J’attends beaucoup de lui. Il m’a fait une promesse en or, tout juste onze jours avant le premier tour des présidentielles : celle de résoudre les problèmes liés à la reconnaissance de mon identité.

 

« Effectivement. Les Français en ont, me semble-t-il, assez des méthodes marketing et exigent, en politique, un plus haut niveau. Les candidats qui laissent apparaître quelques faiblesses rassurent, à condition qu’ils parlent vrai, qu’ils n’hésitent pas à prendre des risques et qu’ils cessent de s’excuser. Je crois qu’il faut remettre non pas  des valeurs morales dans la société mais une estime de soi que les Français ont eu tendance à mépriser, sous contrainte d’une modestie érigée en religion. Je ne regrette donc pas que Nicolas Sarkozy ait souhaité redonner de la fierté aux Français d’être ce qu’ils sont, d’avoir l’Histoire qu’ils ont avec ses gloires et ses tragédies », répondis-je à ma grand-mère.  

 

La première fois que je vis Richard, il me fixa avec la puissance de son regard, d’un air étrange. Ce n’était ni curiosité, ni attirance. Quelque chose de plus profond, de plus mystérieux voire de mystique. Pourquoi s’intéressait-il à moi ? Etais-je si inspirateur ? Quel était son mystère ?

 

J’assistais aux conférences qui se suivaient dans le grand amphithéâtre Emile Boutmy et, toujours, ce même regard qui me semblait tel celui d’un dieu qui communie avec sa création. Ce Richard n’avait aucune envie de me manger et n’y serait pas parvenu car je suis plutôt porté vers les femmes, même si j’ai gardé ce pucelage qui pourrait faire de moi un puceau d’Orléans. Non, Richard avait envie de me dire quelque chose, mais quoi ?  

 

A la fin du printemps 2001, une invitation est publiquement offerte par la direction pour assister aux conférences culturelles internationales qui devaient se tenir au Château de Versailles. Je m’y rendis bien volontiers après avoir retiré un carton auprès de la maternelle et chaleureuse secrétaire particulière du Directeur qui me souriait si intensément que j’avais l’impression d’être le favori de son employeur.

 

Le Château est mon élément. Je m’y sens comme chez moi, ce qui me déconcerte un peu. Richard lui-même, en me voyant, eut un regard d’un tout autre genre, comme s’il voulait me dire que j’étais son invité. Il avait l’allure très modeste en passant devant moi pour s’asseoir dans l’un des fauteuils cousus mains de la scène spécialement aménagée pour l’occasion.

 

Cette expérience au Château est un souvenir qui reflète toute mon audace. Je jetais mon dévolu sur l’une des intervenantes pour je ne sais quelle raison. Ce n’était pas une pin-up. Elle était une canadienne francophone d’un plutôt bel âge et aurait très bien pu être ma mère. Lise Boily enseignait la philosophie à l’université d’Ottawa et parcourait le monde pour donner de prestigieuses conférences. Elle avait des propos dont personne n’entendait rien. Cependant, les termes extrêmement originaux qu’elle employait, ceux de la Belle Province, associés à l’accent québécois, donnait l’impression qu’elle était merveilleuse. Elle me faisait penser à la Castafiore du trop célèbre Tintin d’Hergé. Elle portait le même nez, mais ne chantait pas. Je m’approchai d’elle à la pause et me permis d’interrompre sa conversation en cours avec le Ministre des Affaires étrangères du Québec pour lui faire part de l’intérêt très vif que j’avais eu pour sa communication. Cet épisode devait rester marqué à tout jamais dans son esprit comme le feu de la jeunesse venant déposer les armes à la femme d’Esprit au lointain et solide passé. Nous allions nous revoir très souvent quelques années après lorsque, retrouvant sa carte de visite, je retrouvai son adresse et décidai de la contacter à nouveau.

 

Mais mon audace, ce jour là, ne fut pas épuisée. Non invité au dîner à l’orangerie du Château car n’ayant pas participé à l’organisation de l’évènement, je sympathisai avec le Ministre turc des Affaires étrangères et le suivis, à l’issue des conférences, dans le petit Trianon, où la conversation allait se prolonger. A l’heure du dîner, je l’accompagnai simplement à l’orangerie. La sécurité me remarqua tout de même et me demanda si j’étais invité. Je fis d’un air assuré « bien naturellement » et descendis les marches sans m’arrêter. De fait, personne ne m’arrêta et la soirée se termina dans de très bonnes conditions mis à part que je m’étais assis à côté du représentant d’une secte chinoise qui allait me harceler plusieurs semaines durant et dont je n’allais me défaire qu’après avoir contacté le service de lutte contre les sectes qui était rattaché aux services du Premier Ministre. J’allais revoir ce personnage menteur mais attachant deux ans plus tard, à l’été 2003, lors des festivités du quatorze juillet données au Ministère de l’Outre Mer. Il n’avait pas été neutralisé et continuait à chercher des proies potentielles. Si encore il disait la vérité. Il parlait de m’intégrer au monde de la haute finance à travers des opérations de financement de bateau. Quel roublard !

 

« Et s’il en venait à connaître ses origines, serait-il un danger pour la République ? » dit Richard.

 

« Nous le neutraliserons plus tard. Laissons-le s’amuser, il sera toujours temps de le bloquer avant qu’il n’arrive trop loin. Pour le moment, il ne fait de mal à personne. Il est devenu le responsable de l’association soutenant la candidature d’Alain Madelin aux élections présidentielles de 2002 et fraternise avec tout le monde, jusqu’à la gauche de la gauche. Son ouverture d’esprit est rassurante. Mais gardons l’œil sur lui. « N’oubliez pas la prophétie », lui fit son interlocuteur avant de s’excuser car sa fille Claude venait lui apporter un dossier important auquel il devait consacrer beaucoup plus de temps qu’aux cas individuels. 

 

Richard Descoings allait jouer un rôle majeur de sauvetage à mon égard lorsque l’horrible administration de Sciences Po avait décidé de m’envoyer à l’Université de Rice à Houston au Texas pour ma troisième année d’études à l’Etranger au lieu de Princeton qui se trouvait dans Nord-est des Etats-Unis et que j’avais demandée en premier choix. Bien qu’ayant vécu à La Réunion jusqu’à la veille de mes dix-huit ans, le climat ne me convenait pas. Il faisait bien trop chaud et humide. J’avais de plus besoin d’être enveloppé de vêtements pour être bien et jouer mon personnage. Là, j’avais l’impression d’être nu.

 

Je fis donc ce qu’il faut pour me faire rejeter de l’établissement. L’administration de Sciences Po m’avertit du pire, mais Richard calma le jeu. Pour les responsables du programme, j’avais fichu en l’air le nouvel accord avec cette université. L’avenir allait le démentir car, jusqu’à présent, les échanges fleurissent avec celle-ci. Un mois après, le 4 décembre 2002, je commençai un stage de huit mois au Ministère des Affaires étrangères à Paris, en tant qu’assistant au Service de Presse pour les Visites d’Etat et autres voyages officiels, ainsi que pour les conférences internationales.

 

Le premier jour de stage fut un échec cuisant, non seulement pour moi, mais surtout pour les personnes expérimentées que je devais encore simplement observer. Il y avait une polytechnicienne, dont le fils était emprisonné, pour meurtre, dans un Etat d’Amérique latine. Il y risquait sa vie tous les jours. Elle s’était faite passer pour un cameraman avec la complicité d’un journaliste de France 2. Lorsque le Ministre arriva au centre de conférences internationales de Kléber, elle se précipita vers lui pour le mobiliser sur l’avenir de son enfant, comme l’aurait fait toute mère. Dominique de Villepin fut piégé face à la caméra que tenait devant lui le journaliste de France 2. Il ne pouvait faire autrement que de répondre et termina son discours par un « Vous savez Madame, les Ministres ont aussi du cœur ! » S’il en avait vraiment eu, il n’aurait pas fait un mini scandale devant la pauvre Cécile Pozzo di Borgo, alors responsable de la Presse, qui n’y était vraiment pour rien. Pour ma part, je me sortis du lot un peu opportunément en faisant remarquer que j’avais moi-même remarqué que la dame portant la caméra était habillée trop chic pour être vraiment une cameraman. Cette intervention de ma part fut réellement appréciée bien que ridicule à souhait, et ce surtout que je n’avais pas été capable d’éviter le mélodrame.

 

Cécile Pozzo di Borgo, qui se faisait par modestie appeler simplement Madame Pozzo, est par alliance membre d’une famille bien connue de la noblesse corse qui est dans la diplomatie depuis des lustres et dont la haine historique pour Napoléon n’a pas empêché de prospérer et d’être l’une des familles les plus prestigieuses et respectées encore aujourd’hui.

 

Ma coopération dans son service ne posait pas de problème spécifique. Mais je fis la bêtise à terme de trop me confier à mes collègues de bureau et à trop dévoiler mes faiblesses. La descente aux enfers commença peu après mon arrivée.

 

Je partageais mon bureau avec un homme très sympathique mais qui, depuis son retour de fonctions du Sri Lanka, semblait déprimé. Là Bas, il avait des avantages colossaux, avec notamment tout un arsenal de gouvernantes pour s’occuper de ses enfants. Il jouissait d’un statut important en tant que chef de service, à la tête de vingt-cinq personnes. De catégorie B, il n’est donc pas cadre. De retour à Paris, il intègre un emploi correspondant à sa catégorie et ne touche plus que mille cinq cent euros de salaire net mensuel. Il se plaint sans cesse de se cogner la tête dans les murs de son petit appartement parisien et de ne plus pouvoir gérer ses enfants, ceci d’autant plus que sa femme, bien plus jeune que lui, était elle-même une diplomate très occupée par sa propre carrière. Malgré ce que me racontent les deux dames qui complètent notre équipe sur son compte, je trouve que ce collaborateur était très diplomate et très compétent. Mais cela sans compter sur la volonté farouche de ces deux dames qui, bien qu’étant de catégorie inférieure, ne peuvent supporter de ne pas être aux commandes. Elles revendiquent leurs vingt-cinq années d’expérience. D’ailleurs, le nombre vingt-cinq était également celui de leur bureau au sein de la prestigieuse section des Visites officielles du service de Presse. Ces nombreuses années à leur actif leur permettent d’exercer un commandement, à l’ancienneté, sans partage sur leurs responsables hiérarchiques, y compris sur le Porte-parole du Quai d’Orsay.

« Gare à celui qui remettrait nos privilèges en cause » était leur credo.  

 

Un jour de malheur, comme il y a un ou des jours de bonheur, un jour de malheur donc, quelque chose me blessa beaucoup. Etais-je encore trop sensible ? L’expérience du temps n’avait pas assez œuvrée sur moi. Je fus piégé par ces dames, du fait de ma naïveté et de mon inexpérience. Mon collègue de bureau me demande de photocopier une télécopie qu’il a écrite à une ambassade et qui comporte quelques petites fautes d’orthographe. Catherine et Sophie me l’arrachent des mains et en firent une copie pour elles-mêmes. Le lendemain, cette odieuse copie était sur le bureau du Porte-parole avec ordre des deux dames de faire changer mon collègue de poste.

 

Il est remplacé par Jean-Baptiste, un fonctionnaire égoïste qui n’a aucune sympathie pour qui que ce soit et qui évacue toutes responsabilités. Je ne comprends pas ces responsables de service, tel François Rivasseau, le Porte-parole du Quai d’Orsay de l’époque qui deviendra par la suite Ambassadeur au désarmement à Genève, de ne pas diriger effectivement leur service et de faire aveuglément confiance à leurs subordonnés sans analyser eux-mêmes la situation de prés. Cette dérive du leadership est terrible car elle conduit à la multiplication des injustices et des rentes de situation, donc de pouvoir abusives au sein des administrations, mais également de certaines entreprises. Je découvre le royaume du « petit chef », dans toute sa splendeur. Je suis encore aujourd’hui marqué par le sort de mon collègue mis au placard, pas doré du tout, dans un service moins intéressant, renforçant ainsi sa dépression. Si un jour je le peux, je réhabiliterai cette personne.

 

Une administration telle que le Ministère des Affaires étrangères doit montrer l’exemple en matière de déclinaison des valeurs humanistes de la France. Le gouffre qui sépare le discours de la réalité est pour moi une insupportable problématique. Toutes ces belles paroles sont-elles toujours condamnées à n’être qu’une terrifiante mascarade pour assurer aux puissants de le rester pendant que, dans les faits, les coups bas et la sournoiserie auraient trouvé par-dessous leur royaume ? Non, pour moi, la France doit être autre chose que ce qu’elle n’est pas. Elle doit redevenir concrètement ce qu’elle est d’apparence. Il est urgent de remettre de la morale et du bon sens dans la gestion des organisations professionnelles au sens large et, à ce niveau, l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République est un signe d’espoir pour tous ceux qui veulent que cela change dans le bon sens. Mais il ne réussira qu’à condition de ne pas se laisser pourrir par le pouvoir, car j’estime que le pouvoir pourrit. Il pourrit même le plus intègre car il est tendanciel que l’on donne le meilleur de soi-même lors d’une campagne. Ensuite, on se laisse bercer par les facilités d’un pouvoir que l’on pense plus facilement garder en faisant le minimum, plutôt qu’en prenant des risques. Cependant, j’estime que Nicolas Sarkozy a les ressources suffisantes pour ne pas tomber dans un certain nombre de pièges. J’espère simplement que son entourage sera aussi téméraire que lui.

 

Mes aventures au Quai d’Orsay sont malheureusement loin d’être terminées. A la fin de l’hiver, au retour d’une semaine de congés, un fonctionnaire fort sympathique, Arthur, originaire de Pornic, s’approche de moi. Bonjour « Louis ! », dit-il. « Bonjour Charles ! », ajoute-t-il. « Bonjour Philippe », s’exclame-t-il, riant dans sa barbe.

 

« Tes collègues ont dit des choses sur toi pendant tes vacances. Elles ont dit que tu étais régnant » rajoute-t-il.

 

La conversation se termine sans que j’aie pu placer le moindre mot.

Il est vrai que je ne cherche pas à en savoir plus. Cela me paraît pure divagation. Pourquoi tous ces prénoms ? Pourquoi « régnant » ? A l’époque, tout ceci n’a guère d’importance pour moi. Je suis obsédé par la réussite de mon stage, mon objectif premier. Je n’ai guère de temps à consacrer aux propos se voulant mystérieux. Cela aurait dû m’alerter. A défaut de l’avoir été, j’avais perdu de précieuses années et ce n’allait être que bien plus tard que je devais comprendre la piste sur laquelle ce vieux gaillard voulait me mettre.

 

L’épisode d’Arthur va être vite oublié devant l’affaire du Porte-parole.

 

Catherine et Sophie me donnent de moins en moins de travail, ce qui me déplait fortement car je fais du bon boulot. Lorsque le service des stages de Sciences Po me demande de compléter une enquête sur le déroulement de mon stage, j’exprime toute ma déception du moment. Je suis convoqué rue Saint Guillaume pour m’expliquer. Après une heure de vives discussions, l’on décide de m’aider et on me demande de désigner une personne du Quai d’Orsay à qui Soleyne, responsable des stages de troisième année, peut s’adresser pour résoudre mes difficultés.

 

Le Porte-parole, François Rivasseau, me paraissait fort sympathique. Je le choisis. Mais je ne vais pas tarder à regretter amèrement. Celui-ci est appelé par Soleyne, la veille au soir des opérations militaires des Etats-Unis contre le régime de Saddam Hussein. Farouche opposant à cette guerre, François est sur les nerfs. Quelques jours auparavant, il me montre des preuves de l’absence d’armes de destruction massive en Iraq. La France ne pouvait pas médiatiser ces preuves pour des raisons que j’ignore, mais qui me paraissent encore aujourd’hui lamentables. Ainsi, Dominique de Villepin avait fait croire au monde qu’il voulait empêcher la guerre en Irak, et ceci par un discours bien hypocrite bien que flamboyant, mais n’avait pas fourni aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), les preuves dont il dispose et qui auraient pu éviter cette guerre. François me demande de n’en parler à personne. En écrivant ces lignes, je soulage ma conscience. Je mets fin à cet insupportable silence.

 

Lorsque Soleyne téléphone à François  et commence à lui expliquer la situation, ce dernier se met dans une rage folle. Il lui raccroche presque au nez et exige auprès de Cécile Pozzo di Borgo mon renvoi sur le champ. Heureusement, elle réagit positivement et calme le jeu de son mieux. Excellente diplomate, elle obtint pour moi un compromis qui consiste à écrire une lettre d’excuses à François, en échange du maintien à mon poste. Cette exigence était assortie d’un ultimatum. Je suis ensuite reçu par Bernard Venzo, qui est chargé de la comptabilité du service de la Communication et qui est en attente d’un poste d’Ambassadeur, avant de prendre sa retraite. Je m’assis. Il me tourne le dos et continue à remplir ses bilans sur son écran. Deux longues minutes s’écoulent. Une musique classique crée une ambiance relaxante et apaisante. Mais c’est sans compter sur la rage intérieure que ce bonhomme va m’exprimer. Il se retourne subitement vers moi.  Pourquoi une telle mise en scène ? Théâtral !

 

« Qu’est-ce que Madame Pozzo vous a dit ? » me demande-t-il. Je lui explique, il reprend :

« Bien, mettez-vous bien ça dans votre petite tête : je vous avais dit qu’il fallait être discret dans ce service. Monsieur Rivasseau est très en colère contre vous. Ouvrez bien grand vos oreilles. Donnez lui votre lettre sans plus attendre sinon vous ne remettrez jamais les pieds dans cette maison ! » Hurle-t-il à l’abri derrière son bureau, cloisonné par une porte insonorisée.

Je remets le lendemain même la lettre à la secrétaire du Porte-parole, comme convenu. Cependant, je ne tombe point dans le piège de l’excuse. En effet, m’excuser est équivalent à reconnaître mon tort. Dans cette « affaire » où rien n’avait été écrit et où ma responsabilité n’était pas réellement en cause puisque n’ayant pas été moi-même à l’initiative de la décision d’appeler ce cher François. La lettre est acceptée, le cours normal des choses rétabli. Cependant, j’ai gagné puisque Catherine et Sophie ont apprécié mon courage. Et ma capacité à affronter les directeurs. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Nous le sommes encore aujourd’hui.

 

Un an après, je rends visite à ces dames.

« Vous m’avez pardonnée » me demande Sophie.

« Oui » répondis-je.

« Moi aussi je vous ai pardonné » ajouta-t-elle.                     

Je ne me sens toujours pas coupable et un peu vexé de ce pardon que je ne sollicitai pas. J’ai pour habitude d’assumer ce que je fais et ce que je dis et de ne jamais le regretter. Je décide de ne jamais me rabaisser dans la vie. Je suis du genre : « je fais ce que je dis, je dis ce que je fais ».

Je refuse la repentance. Pourquoi se repentir alors qu’on gagne davantage à assumer son passé et son présent pour construire son avenir comme une réponse à ceux-ci ? Faire table rase est un concept que je rejette fermement. Il relève d’une faiblesse idéologique et morale à reprendre l’Histoire à son compte, avec ses gloires et ses tragédies, pour en faire un déterminant essentiel de son identité et de sa culture. Je trouve scandaleux qu’on puisse dire à une personne de tracer un trait sur ses origines, sur sa filiation au prétexte qu’on estime que c’est sans intérêt, qu’il ne faut pas regarder le passé mais se tourner exclusivement vers l’avenir. Mais quel avenir peut-on construire sans passé, sans connaissance et reconnaissance de son identité ?

Toutes ces questions vont être, deux années plus tard, au cœur de mes préoccupations. Je ne le sais pas encore.

 

Un mois après l’épisode du coup de fil raté, le service des bourses de Sciences Po me demande de leur reverser la somme octroyée pour mon séjour aux Etats-Unis. Je suis vexé, mon installation puis mon rapatriement m’ayant coûté beaucoup d’argent. Je sollicite alors un rendez-vous avec Richard Descoings. Il répond à mon courriel par un laconique : « oui, contactez ma secrétaire ». Je le rencontre peu après. L’entretien est bref. Il m’écoute puis me répond :

 

« Concernant votre manque de travail, je vous comprends mais sachez que tout le monde rêve de faire un stage en service de presse » dit-il.

 

« La belle affaire », songe-je. Puis il me regarde dans les yeux.

 

« S’agissant des questions financières, permettez-moi de vous le dire… », employant un ton très sympathique.

 

Puis, subitement, son visage se crispe.

 

« …vous ne manquez pas d’air » continue-t-il sur un ton devenu  agressif.

 

Je suis battu. Ma demande financière est évidemment la plus importante pour l’heure. L’argent reste le nerf de la guerre.

 

« On aurait pu rendre des arbitrages beaucoup plus sévères après vos affaires aux Etats-Unis et au Quai d’Orsay. Vous vous en sortez bien. Allez voir une banque du quartier. Faites un prêt. Je suis sûr que les banquiers se feront une joie de vous recevoir. Vous savez, vous avez la garantie de l’emploi… », termine-t-il.

Bien évidemment, il ment sur un point. Sciences Po n’est absolument pas une garantie contre le chômage. J’en fais encore aujourd’hui les frais, n’ayant pas de situation stable et étant inscrit comme demandeur d’emploi, deux ans après l’obtention de mon diplôme.

 

Je pense que la direction de Sciences Po a mal géré l’établissement. Les effectifs ont augmenté d’un tiers en cinq ans alors que le fort taux de chômage aurait dû inciter à stabiliser, voire maîtriser le nombre annuel de diplômes accordés. Ces décisions ont été motivées par une volonté de détruire Sciences Po, en dévalorisant son diplôme pour satisfaire un souhait politique assez sombre dont l’origine est sans doute à chercher du côté de l’Elysée. Espérons que Nicolas Sarkozy incitera la grande école à remettre de l’ordre dans son organisation et sa stratégie de développement.

 

La principale mission, durant mon stage au Quai d’Orsay, est de préparer le volet Presse du Sommet des Chefs d’Etat du G8 qui doit se tenir en France, en cette année 2003. A Evian et plus précisément dans la magnifique ville d’Evian qui caresse le lac Léman face à la Suisse voisine. J’assiste à de nombreuses réunions de préparation avec les différents responsables et, notamment, celle du service de Presse de l’Elysée qui parlait avec sa gorge, un peu comme moi quand je ne fais pas attention. Cependant, ma tante Françoise, qui est d’un tempérament strict sans commune mesure, me corrige assez souvent pour que je prenne le bon pli.

 

Le Jour J du G8 approchant, je pars fin mai pour Genève avec toute mon équipe. Entre colline de la ville haute et rues basses des anciens faubourgs disparus, cette ville, pour qui peut la comprendre, offre les lieux sacrés de son passé. Pas le temps de visiter cette ancienne cité, au carrefour de la pensée religieuse et riche de mystères. C’était la première fois que je fais un voyage avec un badge officiel de la République française. Il m’arrive en effet souvent d’emprunter ce trajet pour rendre visite à l’un de mes oncles paternels qui était journaliste indépendant auprès des Nations Unies à Genève.

 

Jean-Paul a vécu de nombreuses années avec une banquière qui travaillait avec les grandes fortunes. Malheureusement, ils finirent par se quitter et mon oncle, qui avait pris certaines habitudes de laisser-aller en matières de dépenses somptueuses, dû soudainement réapprendre à vivre normalement. Il a réussit récemment à devenir conseiller municipal dans le village de Begnins, qui surplombe la « Côte » dans les hauteurs de Nyon et où habitent quelques grandes personnalités comme Phil Collins. J’eus la chance de le rencontrer dans un restaurant du coin où la charmante patronne, Marie Jo, avait sympathisé avec mon oncle.

 

Il faut dire qu’il a le contact facile. Il reste un grand séducteur malgré sa corpulence, sans doute due à un goût prononcé pour les très grands vins. Sa fierté est d’avoir été intronisé chevalier du Taste-vin, une confrérie bachique installée au Château de Clos le Vougeot en Bourgogne. Il est un fin connaisseur et enchante ses hôtes par ses choix toujours justes. Je suis triste de le voir ainsi chuter sur le plan financier. Je ne doute pas de le voir renaître, un jour, de ses cendres tel l’oiseau mythique phénix. Ce qu’il a toujours fait jusqu’à présent. D’ailleurs, ayant échoué en médecine, il réussit dans le journalisme par son sens de l’initiative et des relations humaines C’est un self made man, il n’est passé par aucune école. Lors de ses cinquante ans qu’il célèbre à l’Ile Maurice en février 2000, l’un de ses amis, journaliste lui aussi, raconte que lorsque Jean-Paul arriva pour la première fois au palais des nations dans les années quatre-vingt, il déclara haut et fort « je suis un journaliste expérimenté », ce qui provoqua un fou rire dans le pavillon de chasse de Bar-le-Duc que son frère, resté vivre dans l’île, lui avait prêté pour l’occasion. Il avait en effet déjà un peu travaillé à Marseille avant de rejoindre Genève et s’était spécialisé dans les nouvelles d’Afrique. Mais il est surtout un journaliste motivé.

 

Il me dit souvent qu’il a fait Sciences Po. Ce mensonge bénin joue un grand rôle dans mon destin car j’allais davantage suivre mes études par admiration de mon oncle que par intérêt réel pour la politique ou les livres de droit. D’ailleurs, mon diplôme ne me sert aujourd’hui à peu de chose. Je commençai en septembre 2006 à travailler au bas de l’échelle. J’aurais pu aussi bien le faire avec un diplôme universitaire. En plus, ce diplôme ne m’empêcha pas de connaître diverses expériences professionnelles décevantes. Je connais les périodes d’essai, les mises à fin de stage. Je suis un jeune, comme tous les autres. Je repense encore à celle du Crédit agricole de la Réunion.

 

J’avais été imposé à ma responsable, ma N+1, pour parler en jargon bancaire. Elle voulait plutôt placer son neveu, ce qui, déontologiquement n’est pas possible, puisque les salariés ne peuvent faire entrer un membre de leur famille. Mais une fois de plus, le leadership n’a pas su imposer sa volonté. Face au dossier de toutes les petites bêtises mineures que j’avais pu faire du fait qu’elle ne me formait pas, le Directeur Général préféra se débarrasser de moi plutôt que de m’imposer. Je regrette son choix. Ayant claqué la porte de son établissement dans un tumulte indescriptible, pour ne pas me laisser virer avant d’être moi-même parti, il m’écrivit plus tard une lettre chaleureuse pour me dire qu’il avait apprécié mes compétences mais qu’il avait jugé bon de mettre fin à une situation bloquée. Il continua à me payer pendant un bon mois pour que je puisse toucher les indemnités chômage. Il me devait, de toute façon, un mois de préavis, mais accepta que je reprenne ma liberté, plutôt que de rester dans ses murs.

 

Notre arrivée à Genève, à deux jours de l’ouverture du sommet des Chefs d’Etat les plus puissants de la planète, fut très protocolaire. Des voitures officielles françaises nous attendent à la sortie de la gare Cornavin. Cela me change de  l’habituelle voiture familiale. La France obtint l’autorisation des autorités suisses pour que ses forces motorisées, portant drapeau tricolore, puissent circuler dans les rues de la ville de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) avec toutes les prérogatives de la coercition et, notamment, l’usage des sirènes.

 

Nous prîmes ensuite la route du centre de Presse de Publier. C’est une charmante bourgade fleurie de Haute-Savoie, entre mer et montagne. Nous allions être logés dans un charmant petit hôtel, les pieds dans l’eau. Ainsi que le personnel de l’Elysée et les membres du Service de Protection des Hautes Personnalités, communément appelé le SPHP. Bernard me fit remarquer avant le départ qu’il a réservé qu’une seule chambre pour les deux jeunes stagiaires féminines qui venaient renforcer notre équipe.

 

Quant à moi, devinant que j’appréciais confort et tranquillité, il jugea bon de me réserver une chambre entière. Ce geste me toucha beaucoup. L’idée de partager ma chambre avec des filles ne me dérangeait pas tant que cela. Il avait sans doute entendu dire que j’avais eu des difficultés à partager ma chambre avec un colocataire sur le campus de l’université de Rice, Houston, Texas, Etats-Unis d’Amérique. Rice était devenu célèbre, entre autre, grâce à l’obtention, en 1996, du Prix Nobel de Chimie décerné par l’Académie Royale des Sciences de Suède. Le Professeur Robert F. Curl, Jr, et le Professeur Richard E. E. Smalley, pour avoir découverts les fullerènes, le reçurent conjointement avec le Professeur Sir Harold W. Kroto, britannique de son état.

 

Les journalistes commencèrent à arriver nombreux pour l’ouverture du sommet le premier jour du mois de juin. Tout se passa plutôt bien et je faisais suffisamment de zèle pour faire oublier l’épisode de l’incident qui me mit en opposition, quelques semaines plus tôt, avec le Porte-parole.

 

Il y eut juste un petit accrochage avec une journaliste qui me demandait une place de parking pour le contre sommet alter mondialiste. « Ici, c’est le sommet du G8, le contre sommet, ça ne nous regarde pas » lui dis-je, bêtement. En effet, le contre sommet est également un évènement important. Il est légitime que les journalistes puissent se renseigner sur les dispositifs mis en place pour leur permettre de le couvrir. La journaliste s’énerva, pris mon nom et me promit de parler de moi dans le Progrès de Lyon. Elle n’en fit rien. Comique de situation. Aujourd’hui je me bats pour que les journaux parlent de ma personne. Mais c’est toujours aussi difficile. Manquerai-je de média génique ou certaines personnes sont-elles prêtes à tout pour que mon nom n’apparaisse nulle part, qu’il passe aux oubliettes de l’Histoire vraie ? Pendant ce temps, toute une batterie d’usurpateurs continuent d’occuper ma place, en vertu du droit du sang et du droit d’aînesse. Je ne veux pas la prendre à un autre. Je veux juste ma place, une place juste : la mienne. C’est elle que je veux reprendre à ceux qui me l’ont confisquée. Même si ceux-ci ont été assis dans leur position par les médias, personne ne peut désormais douter de leur mauvaise foi et de leur volonté de tromper le peuple de France, auquel j’appartiens, pour revendiquer une légitimité qui n’est pas avec eux mais reste dans l’ombre des montagnes de la Réunion, qui portait jadis le doux nom d’Ile Bourbon.

 

Ce G8 m’a permis de vivre des moments riches, comme des moments d’éternité. J’ai vu de très près et côtoyé les principaux chefs d’Etat. Les puissants de ce monde, les hommes les plus riches de l’univers. Mon rôle était de guider les journalistes au Royal Parc Evian, fabuleux palace où se tenaient les discussions sur l’avenir de la planète. En cette année 2003, pour la première fois, le Président Jacques Chirac avait invité des dirigeants de pays prospères qui ne faisaient pas partie de ce club très fermé. Comme l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite ou encore le Brésil… Ils participèrent aux débats mais sans George Bush qui, pour sa part, avait seulement assisté aux tables rondes conventionnelles, à huit et à huit clos, s’éclipsant immédiatement pour se rendre au Proche Orient. Il y tenta de faire avancer la résolution du conflit israélo-arabe. Il n’avait donc pas adhéré à l’idée d’ouverture de notre Président d’alors, qui se retrouve donc seul à devoir animer un débat avec tout ce beau monde, malgré l’absence des Etats-Unis, sans lesquels pourtant toute discussion sérieuse perdait sens et crédibilité.

 

A mon modeste niveau, l’épisode qui me marqua le plus fut la relation d’amitié que j’avais essayé de renouer avec l’Ambassade des Etats-Unis pour rattraper en quelque sorte tant les erreurs faites par Jacques Chirac et Dominique de Villepin en matière d’antiaméricanisme que celles que j’avais moi-même commises sur le campus de Houston. Il me semblait tellement ridicule de dresser une rive de l’Atlantique contre une autre alors que nous faisions tous partie de la civilisation occidentale et judéo-chrétienne et que nous devions nous serrer les coudes, même sur des sujets difficiles.

 

La responsable du pavillon de presse américain, Diane,une élégante dame d’origine française, vint voir notre équipe à l’accueil du centre de Presse de Publier pour lui demander des places de parking supplémentaires afin de les distribuer à des journalistes américains et au personnel de la délégation américaine. J’étais personnellement chargé de répartir ces places mais ma hiérarchie trouva bon de demander l’avis de la cellule de l’Elysée. Celle-ci refusa de donner une suite favorable à la demande américaine. Diane semblait en avoir vraiment besoin et mendiait presque pour les obtenir. Etant donné que j’en avais en nombre suffisant pour la satisfaire, je décidai de me rendre au pavillon américain sans respecter la volonté de la Présidence. Mais je fus suffisamment discret pour que cela passât inaperçu. En remerciement, j’eu une épinglette du drapeau américain. Sans avoir rien demandé en échange. Pour les américains, certains pins sont des passeports pour passer des portes, même étroites. A y regarder de plus près, j’aurais préféré un soutien logistique dans le cadre de mes démarches identitaires. Mais, à l’époque, je n’étais pas sensibilisé, ignorant les secrets de famille, et n’ayant pu saisir les occasions qui s’offraient à moi.

 

Mon stage au Quai d’Orsay m’a plongé dans une sorte de rêve. Je voulais embrasser la carrière politique. Toute légitimité passe dans notre démocratie par une élection. Je serai donc élu. J’y songeais, du poste de maire à l’honorable fonction de député.

A vingt-quatre ans, je suis de tous les cortèges officiels. Lors de la Visite d’Etat de Vladimir Poutine, j’eus même le privilège de remonter l’une des artères qui conduisait à l’Etoile en sens inverse de la circulation. Les voitures qui arrivaient en face devaient presque déraper pour éviter la collision. Un vrai film…

Nous étions prioritaires, escortés par deux motards en grand uniforme. Pendant cette même visite, notre voiture renversa un motard en civil sur la route et ne s’arrêta même pas pour lui porter secours. Je fus alors assez choqué mais, heureusement, il n’était pas blessé et pouvait certainement se retourner contre l’Etat pour obtenir réparation du préjudice matériel subi. J’accompagnais le cortège de journalistes dans tous les palais de la République. Etais-ce là un avant-goût d’un pouvoir qui m’attirait naturellement depuis tout petit ? Ce fut malheureusement un goût très amer quand, après mon stage, je ne puis intégrer la diplomatie. J’échoue à tous les concours qui auraient pu me le permettre. Dure réalité de la vie, ou juste réalité des choses : ai-je assez travaillé ?

 

Mon attachement pour les pays occidentaux, pour ne pas dire l’Occident, est naturel, comme je vous l’ai exprimé. Mais je ne cache pas également que j’ai une affection particulière pour le monde anglophone, étant citoyen du Commonwealth et ayant des origines britanniques. Je tiens cela de ma double nationalité franco-mauricienne car, si ma mère est française, mon père est né à l’Ile Maurice, qui est toute proche de la Réunion. Contrairement à celle-ci, elle est passée sous souveraineté britannique malgré la victoire navale de la France bonapartiste à l’occasion de la très célèbre bataille de Grand-Port.

 

Mon père cessa de revendiquer sa nationalité mauricienne lorsqu’il s’installa à la Réunion et allait se contenter de faire renouveler son  passeport français uniquement.

 

Sans le lui dire, j’écris en 2004 au Premier Ministre d’alors, Paul Béranger, auquel je fournis les extraits de naissance à Maurice de mes grands-parents et une photocopie du vieux passeport que mon père avait eu après l’indépendance de l’île, relevant davantage de la compétence du Commonwealth. C’est ainsi qu’à l’été 2004, alors que j’effectue un stage au Ministère de la Santé, je reçus par courrier mon certificat de nationalité mauricienne et pus demander un passeport et une carte d’identité dans la foulée.

 

La famille de mon père avait des origines basques ou béarnaises. Ma grand-mère paternelle, Claudie, avait comme prénom de jeune fille « Courtiade » et il y avait des noms basques dans ses ascendants. Ceux-ci avaient joué un rôle majeur dans son éducation très empreinte de colonialisme. Mon arrière grand-mère, dont je ne vis que la photo, avait de longues mains dont j’ai hérité. Elle avait perdu son mari très tôt et noyait son chagrin en sniffant de l’éther.

 

Plus en amont, mon arrière arrière grand-père, dont on m’a toujours beaucoup parlé, était un écossais au service de sa royale Majesté, servant dans un de ses illustres régiments. Son nom de famille, Simpson, assez répandu, est typiquement écossais.

 

Mon propre nom, Hoareau, enfin je veux dire celui que j’ai encore et auquel je n’ai pas encore pu rajouter ma véritable identité, est également courant à La Réunion. Il est réunionnais. Mes interlocuteurs, réunionnais ou métropolitains, sont toujours surpris de me savoir originaire de l’île car je n’ai pas le profil du pays. Ils me disent spontanément qu’ils m’ont d’abord pensé avoir des origines allemandes ou britanniques. En effet, je suis très grand, avec des cheveux plutôt châtains et des yeux couleurs verts olive. Petit, j’étais absolument blond et ceci jusqu’à mon adolescence. Mes cheveux bouclés me font surnommer « boucle blonde ». En fait, ils le sont surtout à la Réunion. J’ai remarqué qu’ils devenaient raides dans des climats secs, tel que celui de l’Espagne.

 

Cette texture vient surtout de ma mère et je crois qu’elle peut être due à mon arrière grand-mère girondine, Julia Georgette Videau, née à Saint-Jean d’Illac en 1906, dont on me dit souvent qu’elle était juive. Peut être trop souvent d’ailleurs, il n’y a pas de honte à avoir un ancêtre juif, descendant du peuple élu.

Videau, le nom que lui avait transmis son père, n’était peut-être pas un nom à consonance juive, mais sa famille maternelle l’était réellement. Sa mère s’appelait Jeanne Gay. Les ascendants de Jeanne portaient, d’après ce qu’on me dit, le nom de Hosteins.

 

Par conséquent je dois, théoriquement, être juif, la judaïté se transmettant par la mère, ceci malgré le fait que je sois baptisé dans la sainte religion catholique, apostolique et romaine. Je suis donc à la fois catholique et juif.

Aujourd’hui, je m’en remets à Nicolas Sarkozy, Président de la République, pour lequel j’éprouve un sentiment de ressemblance morale et intellectuelle très fort. J’attends beaucoup de lui pour résoudre les questions essentielles liées à mon identité.

Je le sais homme de droit  et sensible à ma cause. Outre ma simple personne, cette question intéresse la France, au plus au point. La lignée dont je suis issu a marqué, pendant des siècles, depuis toujours, l’Histoire de ce beau et merveilleux pays, mon pays, pour lequel j’ai une très profonde et particulière affection.

2 – Apocalypse, catastrophe ou révélation ?

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

« Je ne suis qu’un chercheur, de vérité et de vie en Dieu…, non un maître »

Nicolas Berdiaev (1874 – 1948)

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lien particulier et sacré que j’ai avec l’Histoire de la France me vient de ma grand-mère maternelle, Marie Jacqueline Colette Jamain, née à Bordeaux le 8 septembre 1929, et qui est la fille de Julia Georgette Videau.

 

Jamain n’était pas son père biologique. Ma tante Françoise, la fille cadette de Colette, avait remarqué il y a peu d’années en se rendant à la Mairie de Bordeaux que Colette avait été reconnue par Jamain, à l’âge de neuf ans. Cela lui semblait bien tard. De plus, Georgette connut Franck Jamain bien après la naissance de ma grand-mère. Ils se marièrent le 29 décembre 1938 à Bordeaux. En fait, ma tante et moi étions les seuls de la famille à ne pas être encore au courant de l’identité du père de mamie Colette. Etant donné notre personnalité, nous étions considérés par notre entourage comme risquant de divulguer aussitôt ce qui était jalousement gardé comme un secret de famille. Françoise obtint des confessions et sut qu’il s’agissait d’un Comte mais n’eut pas plus de détails. Elle ne m’en parla pas et je devais attendre encore l’automne 2005 pour le savoir à l’occasion de la soutenance de sa thèse de doctorat en philosophie par ma sœur, à l’université Jean Moulin de Lyon.

 

Avant le jour-J, ma mère et moi-même étions dans une chambre d’hôtel avec ma sœur Aude-Emmanuelle. La famille est très importante. Nous sommes donc là pour la soutenir moralement. Notre présence ne peut que la mettre en confiance. Finissant par trouver le temps long, je commençai à penser à ma grand-mère et à sa posture si étrange et gracieuse qui était un véritable spectacle vivant pour toute personne la découvrant pour la première fois et même pour les gens qui la connaissaient depuis longtemps.

 

Tout d’un coup, pour une raison que j’ignore, je me tourne vers ma mère et lui demande avec ironie et désinvolture :

 

« Mamie Colette n’aurait-elle pas du sang royal, par hasard ?  En fait de hasard, je pensais à la Divine Providence».

 

Un long « OUI », affirmatif et grave, se fit entendre pour seule réponse. Je suis comme crucifié, cloué sur le lit.

 

« Comment ça ? », lui dis-je.

« C’était un Comte », me fit-elle.

« Lequel ? », lui demandai-je.

« Ne lui dis pas maman ! » interrompit ma sœur.

 

Apparemment, cette dernière en savait plus que moi sur le sujet. Elle voulait ou devait jalousement faire garder le silence à ma mère. Rien à faire. Je n’obtins plus aucune confession. Si j’avais su, à cette époque, à aucun prix, je n’aurais quitté Paris.

 

J’appelai mon meilleur ami, Pierre-Jean, fils d’un grand notaire d’origine pied noir qui exerçait à Cannes, pour lui faire part de ce que je venais d’apprendre. Pierre-Jean essaya de deviner de quel comte il s’agissait.

« Peut être est-ce le comte de Paris » me dit-il.

« N’importe quoi. Il y a des milliers de comtes » lui répondis-je.

« Il y a même des petits, sans grande importance », rétorque-t-il.

 

Nous n’en sûmes pas davantage pour l’heure. Le mystère était assez insupportable mais je ne pensais plus qu’à l’Australie que j’avais décidé de rejoindre pour un séjour d’études de deux années après mon terrible échec au concours de l’Ecole Nationale d’Administration, la trop célèbre ENA. Confidence pour confidence, le concours raté de l’ENA est sûrement l’un de mes souvenirs les funestes.

 

J’allais effectuer un énième stage au Ministère de l’Intérieur fin 2004. Cette fois-ci au sein du service de la communication, grâce à une lettre que j’avais écrite au directeur de Cabinet de Dominique de Villepin. J’allais être si déçu du déroulement de ce stage et, en même temps si fasciné par Nicolas Sarkozy, que je décidai d’écrire à ce dernier avec une enveloppe du Ministère des Affaires étrangères qui me garantissait que mon courrier lui allait, sans aucun doute, parvenir en mains propres. Il me répond par une lettre chaleureuse dans laquelle il prend note de ma volonté de m’engager au sein de sa formation politique. Il se dit très sensible à mes propos et me demande de prendre langue avec son Chef de Cabinet, Laurent Solly, afin de convenir d’un rendez-vous. Mais, le jour J, mon entretien fut conduit par Emmanuelle Mignon. Il ne se passa pas très bien. D’une part, je n’avais pas l’habitude des entretiens d’embauche. D’autre part, Emmanuelle Mignon se bloqua quand je lui fis part de mon intention de passer l’ENA.

 

« Travailler pour Nicolas Sarkozy et préparer l’ENA sont deux choses totalement incompatibles » me répondit-elle.

 

Je lui dis que ça ne me poserait aucune difficulté. Mais c’était trop tard. Non content de cet entretien raté, je décidai d’écrire à nouveau à Sarkozy pour exiger l’entretien avec son chef de Cabinet qu’il m’avait promis dans sa lettre. Je fis reçu par celui-ci peu après. Il fut fort sympathique à mon endroit, m’offris un verre, confirma malheureusement le jugement de sa collaboratrice mais me dit de repasser les voir de temps à autre. En fait, je fus tellement vexé que je ne revins jamais les voir. Toutefois, je gardais de bons sentiments pour eux car Laurent Solly m’avait demandé quand est-ce que je voulais passer l’ENA et m’avait sérieusement encouragé à le faire. Je compris même qu’ils m’auraient donné un coup de main, ce qu’Emmanuelle Mignon allait fortement contester quelques mois après en réponse à mon email de colère écrit en octobre 2005, avec plusieurs destinataires en copie, et dans lequel je dénonçais mon échec à l’ENA et jurais de quitter la France définitivement et de ne plus jamais y revenir, jamais.

 

C’est à ce moment là que l’idée de partir en Australie germa dans ma tête. Il fallait que je parte le plus loin possible. J’avais cette image du rocher entouré d’eau et sans âme qui vive où l’on peut s’isoler pour n’être en communion qu’avec la nature.

 

A la fin de son email de mise au point devant les témoins que j’avais mis en copie, Emmanuelle Mignon me proposa de la rencontrer pour discuter de mes inquiétudes sur mon avenir professionnel. Je lui répondis positivement. Malheureusement, l’entretien n’eut jamais lieu car, le lendemain même de cet échange tumultueux par messagerie interposée, Nicolas Sarkozy se rendit dans les banlieues et prononça les mots de « racaille » et de « karcher », ce qui mit le feu aux poudres. De fait, la situation d’urgence ainsi créée avait jeté mon cas personnel une nouvelle fois aux oubliettes. J’espèrerais sincèrement que ce n’était pas moi qui l’avait énervé pour dire ces choses là.

Certes, ces paroles n’étaient pas dirigées contre l’ensemble des habitants des banlieues. Cependant, je pense à la détresse et à la souffrance de ces jeunes à qui on refuse de donner une chance et qui ne trouvent à donner de sens à leur vie qu’en sombrant dans la délinquance. Ils ne sont pas responsables de leur situation. On a construit ces quartiers sans envisager la situation de l’emploi pour les enfants des immigrés dans un pays où les chocs pétroliers laissaient envisager une époque de récession prolongée. On a fait du court terme et aujourd’hui, on récolte les conséquences de choix complètement technocratiques et non réfléchis. Certes, même un diplômé de Sciences Po comme moi ne trouve pas facilement du travail. Certes, les banlieues ne sont pas les seules zones urbaines à connaître misère et chômage. Certes, la misère n’excuse pas tout. Mais je crois, qu’à un moment, quand les technocrates ont mal géré une société depuis des décennies et continuent dans la même voie, il n’y a plus que la violence qui puisse les arrêter dans leur folie douce. La mauvaise gestion est une violence au même titre que la violence de court terme. Elle est simplement moins visible mais elle n’est pas davantage légitime.

 

L’idée de François Bayrou, exprimée lors des présidentielles, de supprimer l’ENA au profit d’une école des services publics m’a paru une excellente idée. Si cette réforme pouvait changer la méthode de formation des élites administratives vers une simplification et plus d’importance accordée à l’efficacité plutôt qu’au formalisme, je crois que la République gagnerait alors en modernité. Je pense qu’il serait bien que cette formation ainsi renouvelée ne soit plus accessible par le seul concours et qu’on puisse la recevoir sur étude du dossier universitaire et par le tour extérieur pour au moins la moitié des entrées. Je ne crois pas aux vertus du concours. Ce n’est pas parce qu’on a eu un concours que, ça y est, l’on va pouvoir marcher sur les eaux. Il est un pré requis trop formel qui est responsable de la dérive technocratique et pseudo monarchique de notre République. Le concours ne permet pas non plus d’introduire des éléments de correction, telle la discrimination positive, pour veiller au respect effectif de l’égalité des chances. Je sais que Sarkozy est attaché au concept de discrimination positive et je souhaiterais qu’il la traduise dans les faits en créant de nouveaux modes plus souples mais néanmoins strictement encadrés d’entrée dans la haute fonction publique.

 

La France est le seul pays d’Europe qui a systématisé, sous Jacques Chirac, le concours pour entrer dans les administrations au détriment des voies contractuelles. Je pense que cela a été une erreur profonde et qu’il aurait été plus juste d’aller en sens inverse. Il me semble que le concours doit être réservé aux fonctions régaliennes par nature, comme celles effectuées par l’armée ou la police. Par contre le contrat doit devenir à terme la voie principale d’entrée pour la majorité des emplois administratifs. Bien naturellement, comme certaines conventions de grandes entreprises, il devrait offrir une certaine sécurité et durabilité de l’emploi. Il ne serait pas juste d’utiliser le contrat comme moyen de précariser la fonction publique. Il s’agirait simplement de moderniser et de diversifier le recrutement au sein de celle-ci.

 

Richard Descoings avait un jour exprimé son souhait de voir à terme disparaître le concours comme mode de recrutement à Sciences Po. Cependant, quand une étudiante lui dit un jour, lors d’une conférence, qu’elle pensait qu’il serait juste de diversifier les voies d’entrée à l’ENA en touchant au monopole du concours, il s’énerva devant tout l’amphithéâtre et suggéra que son interlocutrice était un cancre. Encore une fois, je pense que l’idée de Richard était d’affaiblir Sciences Po et de renforcer l’ENA, où il avait lui-même étudié. Une réforme du concours de l’ENA, intervenue sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, entraîna même la diminution du nombre d’étudiants issus de Sciences Po dans les admis et ceci dans une perspective d’ouverture orientée vers d’autres grandes écoles concurrentes. Cette trahison de Sciences Po par son directeur lui-même m’a inspiré pitié et tristesse pour un  homme qui était décomplexé, courageux et promettait beaucoup.

 

Peut-être était-il contraint de décliner la politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin issu des présidentielles de 2002 ? Dans ce cas, s’il n’était pas d’accord avec cette politique, il aurait dû démissionner de son poste de directeur et retourner dans son corps d’origine, le Conseil d’Etat. Le fait qu’il se maintint bec et ongle à son pré carré de la  rue Saint Guillaume indiquait clairement sa complicité avec cette politique de casse menée à l’endroit d’une certaine élite. Le gouvernement Raffarin m’apparaissait comme une force chargée de mener à bien la vengeance du secteur privé vis-à-vis du secteur public. Son bilan était désastreux. Je rejetais fermement son expression « la France d’en bas » qui consistait à dresser les Français les uns contre les autres. De plus, il ne faisait pas référence avec cette expression à la France qui souffre mais bien plutôt à la France bourgeoise des localités et des grandes entreprises qui aimerait bien récupérer le peu qu’il reste de pouvoir encore concentré à Paris dans les mains d’une petite élite politico-admnistrative. Raffarin voulût casser l’unité et la cohésion de la République. C’est comme cela que je le ressens.

 

Son successeur, Dominique de Villepin, qui profita de l’échec au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe pour le critiquer et lui succéder, laissait espérer un changement radical de politique et une reprise en mains de la direction des affaires par le pouvoir central. Il n’en fut rien. Son Contrat Première Embauche (CPE), qui aboutissait de fait à une précarisation de l’emploi, fut d’une stupidité monstre. Il fit pire que Raffarin dans le même genre. Par contre, là où on l’attendait, sur les questions sociales et culturelles, sur la mise en valeur des institutions, il fut d’un immobilisme rare. Cet équilibriste entre la casse et le laisser-faire allait forcément se planter. On ne peut jamais réussir lorsqu’on adopte une attitude passive ou opportuniste en place et lieu de ses convictions profondes.

 

Je pense que Dominique de Villepin est un homme qui ne s’aime pas. Je l’observais beaucoup pendant les huit mois où j’étais au Quai d’Orsay et ce plusieurs fois par semaine. Un jour, il a eut honte parce que je fis un large sourire à la ministre espagnole des Affaires étrangères du gouvernement d’Aznar. Je crois que ce personnage sombre est habité par un certain nombre de complexes. Sa passion pour Napoléon Bonaparte, qui fut un véritable boucher de l’Histoire, son vocabulaire militaire et son attirance pour la couleur rouge qu’il exprima clairement devant moi lorsque je travaillais aux Affaires étrangères, étaient autant d’éléments qui laissaient deviner un homme tourmenté et potentiellement agressif.

 

Napoléon Bonaparte dressa les Français contre les Européens avec lesquels ils partageaient pourtant une même civilisation. Je crois que cette guerre de la France contre l’Europe fut une véritable honte pour notre pays. Je veux que Napoléon cesse d’être considéré comme un glorieux Empereur. Il fit souffrir tellement de familles françaises qui ont perdu maris et jeunes hommes que cet usurpateur mérite d’être rangé dans la liste des dictateurs qui ont recherché à tout prix leur intérêt personnel au détriment de l’intérêt général. Cette idée que j’avais de l’usurpateur, je l’ai forgé tout seul. Toutefois, la lecture de l’ouvrage de Jean Dutourd, de l’Académie française, « Le feld-maréchal von Bonaparte » ne peut que confirmer la pensée que j’ai du personnage qui se prenait pour Charlemagne. D’ailleurs, le sous-titre résume a lui seul le contenu du livre : « Considérations sur les causes de la grandeur des français et de leur décadence ».

 

Les Rois de France ne sont pas du même genre. Ils faisaient d’abord la guerre pour protéger le peuple, leur peuple, vrai père de la nation qu’ils étaient, et non pour satisfaire une idéologie qui exige le sacrifice, le sang du peuple. Ils n’avaient pas d’idéologie politique et exerçaient leur commandement de façon pragmatique. Ils aimaient le bonheur et investissaient beaucoup dans la culture, les arts et les spectacles, ce qui explique le haut degré de civilisation que les Royaumes d’Europe ont pu atteindre. Il est vrai que  certains Rois eurent des décisions malheureuses. Cependant, leur bilan est, pour reprendre une expression courante, globalement positif. Dire cela, c’est dire la vérité. Constatez des faits, sans remettre en cause la République dans laquelle nous vivons et, qui malgré quelques défauts liés au jeu de manipulation politicienne, offre un certain nombre de qualité indéniables en matière de liberté d’expression.

 

En décidant d’écrire ce livre, mon intention est surtout de faire avancer ma demande de reconnaissance de filiation avec mon arrière grand-père biologique. Comme tout citoyen, j’ai droit à ce que mes origines réelles soient connues et reconnues. Il en va de principes tels que l’intégrité et la dignité de la personne humaine qui, me semble-t-il, sont des droits de l’homme. Ils ont vocation de bénéficier à tous, même aux aristocrates.

 

Je crois que Nicolas Sarkozy a compris le sens de ces droits. La lettre qu’il m’a envoyée en avril 2007, datée du onze du mois, témoigne du sens profond qu’il a de la justice pour tous les citoyens. Il est prêt à défendre les cas individuels et c’est là un encouragement pour l’avenir de la France car aucune société ne peut survivre si son développement implique le sacrifice d’un seul individu. La devise des trois mousquetaires du roman d’Alexandre Dumas, qui est intemporelle, résume bien l’efficacité de la recherche du bonheur d’une société sans négliger la contribution de l’individu. « Un pour tous, tous pour un » signifie que si un seul individu peut, par ses actions, contribuer au bonheur de l’ensemble de ses semblables alors il est justifié que ceux-ci lui viennent collectivement en aide. Je suis favorable à un haut degré d’interventionnisme social dans une société car je crois dans les vertus de la solidarité plutôt que dans l’abandon des individus par le corps social ou, inversement plus grave, dans le détournement des individus des problématiques qui régissent la société. Cependant, cet interventionnisme doit respecter les libertés. Il ne doit être justifié que si l’intervention publique se révèlerait, après des enquêtes poussées, plus efficace que l’exercice du libre arbitre de chacun.

 

J’alimente, avec ma chère québécoise Lise Boily, de vives discussions sur des thèmes philosophiques, mais elle n’apprécie pas que j’occulte les enjeux politiques. Elle fait comprendre, à sa manière. Je dois la revoir plus de deux années après notre première rencontre du Château de Versailles. Elle est en déplacement à Paris et m’a envoyé un email pour que l’on se rencontre au Café de Flore. Les retrouvailles sont splendides. Elle me trouve rayonnant et certainement plus assuré que la dernière fois, tant mes expériences douloureuses m’ont fait mûrir. En fait, j’avais mis une huile essentielle qui me donnait un joli teint ambré. Je l’utilise pour faire disparaître mes derniers boutons de jeunesse. Elle est très sensible à l’esthétique. Lise me parle des sciences cognitives. Bien que je n’y comprenne rien, je fais semblant de m’y intéresser. Et ça marche. Elle a le sentiment que je bois ses paroles. Elle me parle ensuite des techniques du corps qu’elle trouve particulièrement développées au sein de la population parisienne. Je compris très vite qu’elle faisais référence, sous ce langage feutré, à l’usage que faisaient les parisiens de l’habillement et des gestes pour se donner une personnalité d’autant plus forte que l’anonymat était la caractéristique principale des grandes métropoles. A la Réunion, il y a moins de techniques du corps. D’ailleurs, je regrette Paris s’agissant de cette liberté qu’elle donne afin de construire sa personnalité. J’étais pour ma part un maître dans l’art de porter le manteau de ministre. J’adore l’arrivée du froid pour cette raison et maudis les hivers trop doux.

Nous nous vîmes ainsi plusieurs fois avant qu’elle se décide à m’inviter chez elle. Elle était logée pendant ses déplacements dans un établissement réservé aux chercheurs internationaux, près de la place Saint-Michel. Elle avait, exceptionnellement, la plus grande chambre où elle me reçut comme un roi. Elle avait préparé un somptueux repas, style nouvelle cuisine. Elle y avait mis du gingembre, sous mes yeux, ce qui me mit mal à l’aise car j’avais peur qu’elle eut quelques intentions moins platoniques. Mais je n’avais pas pris de précautions moi-même puisque j’arrivai avec une bouteille de Château Brillette. Nos discussions philosophiques allaient bon train. Nous nous aimions de façon platonique, ce qui me paraissait très suffisant étant donné qu’elle aurait pu être ma mère.

 

Elle me parle du drame que fut pour elle la séparation avec son mari. Pendant des années, il lui mentait. Le jour où son fils obtint un travail, il vint la voir dans le petit salon :

« Maintenant que notre fils a une situation, nous sommes enfin libres ! », lui dit-il.

Elle ne compris pas tout de suite ce que ce mot « libre » signifiait. Elle s’imaginait qu’il allait lui consacrer davantage d’attention et d’affection. Or, il la quitta. Il sortait depuis plusieurs années avec un homme qu’il aimait profondément mais elle en ignorait tout. Elle ne s’était jamais remise de cette séparation brutale d’autant plus qu’elle était convaincue de l’hétérosexualité de son mari. J’aurais dû lui conseiller de suivre une thérapie car elle n’avait pas su s’adapter à ces changements. Il restait quelque chose de brisé en elle et je craignais que sa plaie ne s’agrandît sans cesse. En effet, elle me confia avoir beaucoup de réticence chaque fois que se présentait l’occasion de revoir son ex.

Lise me présenta un livre qu’elle venait de terminer. Une amie le lui avait recommandé car ce livre parlait de façon romancée de l’histoire vraie d’un Roi de France homosexuel auquel on avait marié une princesse russe. Elle s’assimilait certainement à la princesse. Elle me prêta le livre que je lus avec beaucoup d’attention. Ayant atteint un certain âge, cette princesse était tombée amoureuse d’un jeune valet mais cet amour fut impossible et les deux moururent dans un brasier de flammes. Je lui demandai plus tard si elle raisonnait par analogie.

 

« Je ne suis malheureusement plus toute jeune », me dit-elle.

 

Elle me fit ensuite comprendre par des mots détournés, à mon grand soulagement, qu’une relation entre nous deux ne pouvait être qu’un songe. Je n’envisageai de toute façon pas cette hypothèse car, bien qu’ayant déjà éprouvé quelques sentiments pour des femmes mûres, celle-ci n’était pas tout à fait mon genre. Son mutisme, lorsque je lui demandai de m’aider dans mes démarches de reconnaissance d’identité quelques années plus tard, allait beaucoup me décevoir sur son compte.

 

En fait seules quelques personnes ont été réceptives à mes sollicitations d’aide pour ma reconnaissance. Bien qu’elles se comptent sur les doigts de la main, elles ne manquent pas d’influence et peuvent jouer un grand rôle, à condition que je parvienne à les convaincre d’aller jusqu’au bout.

 

Bernard Venzo considérait que l’on devait tout faire soi-même sans l’aide des autres. Cette supercherie qu’il essayait de m’enseigner était d’autant plus scandaleuse qu’il avait lui-même dû bénéficier de quelques appuis pour se trouver si proche du Ministre des Affaires étrangères. La vie est un échange permanent où la solidarité est une notion qui me paraît fondamentale. Il ne faut jamais hésiter à mettre en cause les structures sociales pour expliquer les tragédies individuelles. L’individu ne peut être responsable de tout et les hommes politiques vis-à-vis des citoyens, comme les chefs d’entreprises vis-à-vis de leurs employés, doivent exercer leurs responsabilités. Les habitués des palais de la République doivent toujours garder en tête qu’ils ne sont pas des Rois. Ils ont été élus et doivent tout à leurs électeurs. Ils ont été élus sur la base d’un programme et ne devraient donc jamais s’en écarter sous peine de perdre toute légitimité et de voir leur pouvoir se réduire comme peau de chagrin.

 

Pour que cette mécanique tout à fait souhaitable se mette réellement en place, il faudrait que les mandats soient beaucoup plus courts. Un mandat de deux ans et demi pour le Président de la République et les députés me semblerait suffisant. C’est assez pour faire du bien au pays si telle est son intention. Ce n’est pas excessif quand il se révèle à terme que l’élu est soit immobile soit nuisible. Le septennat consistait en une dérive pseudo monarchique insupportable et je me réjouis qu’il fût remplacé. N’est pas Roi qui veut.

 

Mon intérêt pour le nouveau Président, Nicolas Sarkozy, est assez ancien. Il commença lors d’un week-end chez ma très aristocrate tante Françoise dans le village balnéaire de Saint-Gilles de la Réunion, l’équivalent de Saint-Tropez mais sans la jet set, plus coutumière des palaces mauriciens qui ne sont qu’à une heure d’avion. Mon oncle me prêta un livre qu’on lui avait offert. Il s’agissait de « Libre » de Nicolas Sarkozy. J’appréciai le style simple et décontracté de l’écrivain politique. Je me sens proche de lui.

 

Ma tante, quant à elle, lisait beaucoup Paris Match car elle était passionnée par les aventures des princesses Caroline et Stéphanie de Monaco. De fait, ma tante a un peu le style de Caroline tandis que ma Mère, Martine, a plutôt celui de  Stéphanie. Françoise est brune de cheveux et s’habille très classe. Elle ne fréquente que le gotha local. Elle m’enseignait fréquemment de ne fréquenter que ceux qui étaient aussi bien ou mieux que soi. Certains la trouvaient snobe. Etant donné que snobe signifiait « sans noblesse », il était évident que cet adjectif ne lui convenait absolument pas. Elle avait simplement une certaine idée du raffinement et aimait les bonnes manières. D’ailleurs, elle devenait très agaçante depuis quelques années en me reprochant sans cesse de ne pas me tenir droit. Elle me faisait honte parfois en me faisant signe de me tenir correctement lorsque l’on marchait dans les rues de Paris. Elle le fit une fois devant mes camarades de Sciences Po lors d’une des visites fréquentes qu’elle me rendait à Paris pendant mes études. Je ne lui reprochais presque jamais rien car je l’appréciais beaucoup et ne me formalisais pas sur les petites choses.

Elle s’était fâchée dans sa vie avec des centaines de personnes qui n’avaient pas apprécié certaines de ses remarques.

 

Je crois pour ma part qu’il faut accepter les gens tels qu’ils sont. Souvent, ma tante a le mérite de parler vrai. Même si la façon dont elle le dit peut choquer, elle parle rarement pour ne rien dire et c’est là, pour moi, une qualité fondamentale.

 

Françoise vit, depuis que je suis tout petit, avec Jean-Bernard. Celui-ci est un homme aux qualités extraordinaires. Pharmacien comme elle, il est intelligent et agréable de conversation. Il ressemble un peu à Sarkozy, tant intellectuellement que physiquement, s’agissant du visage. Mais sa plus grande qualité est sa gentillesse sans faille. Françoise le rencontra lors d’un voyage en Amazonie. Il pleuvait abondamment sur le pont du bateau. Jean-Bernard lui offrit son imperméable et tenta de la réchauffer. Ils partagent tous les deux une passion pour les voyages et ont certainement fait plusieurs fois le tour de la terre. Il avait une pharmacie à Bordeaux qu’il vendit pour s’installer à la Réunion. Néanmoins, ils font encore souvent le déplacement vers cette ville car Jean-Bernard y a ses deux filles. C’est à ces occasions qu’ils n’avaient pas manqué de venir me rencontrer à Paris.

 

A chaque visite, ils m’offraient un peu d’oxygène par rapport à ma vie quotidienne. Je vécus d’abord dans un trente mètres carrés au Quai Branly, qui se situait aux pieds de la Tour Eiffel. Certes, c’était une surface convenable pour un étudiant, mais j’étais tellement grand que ma sœur me comparait aux personnages d’Alice au Pays des merveilles, lorsqu’ils augmentaient de taille au point que les extrémités de leur corps sortaient par les fenêtres et la cheminée. Je mesure un mètre quatre-vingt quinze.

 

« Tu es grand comme le duc de Guise », ma grand-mère me fait-elle remarquer, pendant l’hiver austral 2006, peu après avoir appris que je savais.

 

Colette vit chez Françoise. Elle divorça assez tôt de mon grand-père Lucien Cadet et n’avait pas d’autonomie financière faute d’avoir travaillé. Elle n’hérita ni de son père biologique qui ne l’avait pas reconnue et qui avait l’une des plus grandes fortunes d’Europe, ni de sa famille officielle. Elle nous dit un jour qu’elle ne souhaitait pas hériter de sa famille. Sans doute était-elle gênée de recevoir de l’argent de personnes avec lesquelles elle n’avait pas de lien de sang. Néanmoins, elle exprimait toujours un sentiment très fort d’affection pour Franck Jamain, le père qui n’est pas vraiment son père mais qui, contrairement à son père biologique, lui offrit quand elle avait neuf ans une reconnaissance de paternité qui cessait d’en faire une bâtarde à une époque où la morale était encore empreinte d’une terrible stupidité.

Ma mère Martine, comme je vous l’ai dit, ressemble davantage à Stéphanie de Monaco. Elle est blonde et beaucoup plus décontractée que Françoise. Malheureusement, elle n’a pas les meilleures fréquentations.

 

Mon père et elle se séparèrent quand j’étais petit. Depuis, elle n’a jamais retrouvé de stabilité affective. Vivant avec ma sœur et elle, privé de la présence du père, j’avais pris les fonctions de commandement à la maison. Ma mère n’acceptait jamais de se plier à mes volontés complètement et, de là, naquit une relation assez tendue entre nous deux. Ce qui me choquait le plus était que j’apprenais très souvent qu’elle avait un nouvel amant. Je connaissais leurs noms par cœur et les récitais pour énerver ma mère. Elle ramena, vers mes neuf années, un gendarme qui était marié. Leur relation dura quelques mois. Un jour, un incident m’opposa à lui. Je lui dis de retourner chez sa femme. Il  me pris et me plaqua au mur en me serrant par la gorge. Il ne savait pas qu’il commettait un effroyable sacrilège. Moi non plus. Ma mère fut horrifiée car elle m’adorait.

 

Je dois dire que les premières années de ma vie, depuis le divorce de mes parents jusqu’au lycée, ont été très difficile et que je n’ai pas été heureux.

 

Je ne travaillais pas à l’école. J’avais même failli redoubler en sixième, ce que m’évita l’intervention de mon père qui était professeur d’anglais dans le collège. Mon père est né à l’île Maurice, anciennement île de France avant l’indépendance dans une famille bourgeoise qui avait des milliers d’hectares de terres et comptait parmi les plus grandes familles. Malheureusement, ayant décidé de quitter l’île à son indépendance en 1968, mes Grands-parents avaient tout perdu et se retrouvaient à la Réunion où mon grand-père avait eu un emploi comme directeur d’une usine sucrière. Quelques années plus tard, ils s’en allaient pour Durban en Afrique du Sud où mon grand-père avait obtenu un emploi de chimiste dans un laboratoire de l’université. Mon père resta à la Réunion où il ambitionnait de devenir professeur d’anglais, ce qu’il réussit très bien. Lorsqu’il rencontra ma Mère, il était en voiture et s’arrêta dès qu’il l’aperçut.

 

« Vous serez ma femme » lui dit-il.

 

Ma mère, d’un naturel très timide, ne dit jamais non. De plus, mon père était quand même assez beau.

 

La famille de ma mère fut globalement hostile à ce mariage. Mon arrière Grand-mère Valérie, qui avait été la première femme institutrice à la Réunion et décorée pour cela dans l’ordre national du mérite, me fit remarquer que, lors du mariage, à la question du prête de savoir si mon père acceptait de prendre ma mère pour épouse, celui-ci répondit :

 

« Oui, avec plaisir ».

Normalement, on doit simplement dire « Oui ». Mais je mets à la décharge de mon père qu’il dit cela pour sortir des conventions car c’était déjà une personne très ouverte d’esprit. Et puis, il était jeune et pouvait encore faire des erreurs de style. Cependant, si le plaisir était l’unique motivation de ce mariage, il ne fallait pas s’étonner qu’il ne durât  point très longtemps. Contrairement à ma mère, mon père retrouva une stabilité affective avec Claudette, qu’il rencontra très vite après son divorce.

 

Claudette est de nature plutôt conciliante et a offert un réel équilibre à mon père. Leurs personnalités sont très proches. Les deux tourtereaux aiment gérer leur argent minutieusement et restent sobres dans leurs dépenses. Ils s’habillent de façon décontractée et ont des amis simples et fort sympathiques.

 

Ma mère avait toujours été endettée et cela ne pouvait convenir à mon père qui avait besoin de sérénité pour se construire. Il réussit, d’une certaine manière, grâce au syndicalisme. Il est aujourd’hui secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes à la Réunion et a pendant longtemps été président de l’intersyndicale, une structure réunissant les principaux syndicats. Il est connu comme le loup blanc et passe fréquemment à la télévision. Son professionnalisme est très largement reconnu et apprécié.

 

Je me souviens de cette soirée au Château de Versailles. Je me mis à discuter avec un couple semble-t-il très aisé dont les enfants avaient obtenu leur BTS. Ils en étaient très fiers. Je leur dis que j’avais fait Sciences Po, ce qui les intéressa également. Mais je fis l’erreur de leur dire que mon Père était un syndicaliste. Ils se détournèrent immédiatement de moi. Quel sacrilège !

 

Pour ma part, je suis très fier de l’engagement syndical de papa. Je préfère le voir s’impliquer dans la vie sociale du pays qu’enseigner dans une classe de collège toute sa vie durant. D’ailleurs, l’intérêt de Papa pour les affaires publiques a suscité chez moi le même intérêt. Mon père n’a pas à avoir honte de ce qu’il est. Il est issu d’une des plus grandes familles de l’Ile Maurice et son intérêt pour le social reflète la profonde culture qui l’habite et qui lui a été transmise par son éducation. Il n’est pas un agitateur comme certains. Et puis il faut bien des organisations qui veillent au respect du code du travail. Les abus en matière de temps de travail, par exemple, sont un scandale et ne profitent même pas à l’économie. En effet, un employé dont l’intégrité et les conditions de travail sont scrupuleusement respectées sera moralement plus solide et apte à fournir un travail de qualité sans se fatiguer plus que ses forces ne lui permettent. Ce n’est pas la quantité de travail qui compte. C’est son intensité et sa qualité. Ayant moi-même déjà travaillé comme exécutant, je sais que tout employé préfère travailler raisonnablement et est capable de travailler plus vite et mieux en contrepartie d’une modération de son temps de travail. Cette évolution exigerait néanmoins des chefs d’entreprise qu’ils consacrent un effort plus important à l’organisation de leurs processus de production et à l’introduction de toutes les nouvelles technologies susceptibles d’accélérer l’exécution des tâches.

 

Je ne m’oppose pas au credo de Sarkozy selon lequel il faut pouvoir travailler plus pour gagner plus. Mais j’y adhèrerais complètement qu’à la condition que toute heure travaillée au-delà du temps de travail légal soit effectivement comptabilisée comme une heure supplémentaire. Or, à la Réunion, les entreprises brandissent les trente-cinq pour cent de taux de chômage pour exiger des salariés qu’ils travaillent parfois jusqu’au double du temps de travail légal et ceci pour le même salaire. Lorsque je travaillais au contrôle de gestion du Crédit agricole mutuel, ma responsable hiérarchique exigeait de moi que j’arrive à huit heures du matin et que je ne parte pas avant dix-neuf ou vingt heures, ce qui me faisait travailler cinquante-cinq heures par semaine pour un modique salaire de mille cinq cent euros. De plus, tout le travail se faisait sur écran d’ordinateur, ce qui me tuait les yeux. Non satisfaits de perpétuer des méthodes héritées de l’esclavagisme, les responsables du Crédit agricole de la Réunion avaient eu l’idée sournoise de tout dématérialiser alors même que le code du travail limitait le nombre d’heures d’affilées qu’un salarié pouvait raisonnablement passer devant un écran. Cette expérience a pour moi été un cauchemar et je pense encore à tous ces pauvres salariés sur le dos desquels on fait d’énormes bénéfices et dont les conditions de travail ne valent pas mieux que celles en vigueur en Chine.

 

D’ailleurs, j’espère que le Président de la République va rétablir des droits de douane, au niveau européen, sur les produits en provenance de ce pays pour sanctionner les méthodes inhumaines avec lesquelles ceux-ci sont fabriqués. Il n’y a de concurrence loyale entre deux pays que si ces deux pays respectent réciproquement un minimum de règles et de valeurs tant en matière de rémunération et de durée du travail qu’en ce qui concerne la protection de l’environnement. L’Europe ne peut plus accepter que ses usines ferment et que ses conditions de travail se dégradent sans cesse pour permettre le développement du tiers monde dans les horribles conditions que l’on sait.

 

 Il y a là une relation malsaine qui ne saurait perdurer sans tensions majeures. « Le Monde tremblera quand la Chine s’éveillera » était une phrase que François Mitterrand aimait particulièrement répéter, même s’il n’en était pas l’auteur. Je n’étais pas du tout sur la même longueur d’onde que lui en ce qui concernait ce sujet. J’estime que la Chine doit être remise à sa place. Evidemment que nous tremblerons si son plus qu’un  milliard d’âmes continue de polluer désormais davantage que les Etats-Unis, ne respectant aucune norme environnementale. Bien sûr que l’Europe tremblera si elle continue à décentraliser son appareil industriel en Chine pour faire quelques économies de bout de chandelle au prix de la souffrance des travailleurs chinois et du chômage des Français. Bien sûr que nous tremblerons si la Chine continue de développer son armée avec l’argent de l’exploitation de la misère de ses campagnes. Mais si nous sommes capables de redevenir raisonnables et dire à la Chine que les conditions deviendront pour elle plus réalistes, alors dans ce cas seulement nous pourrons éviter de terribles accrochages avec cette nation surpeuplée et surarmée.

 

La Chine des Empereurs me fascinait beaucoup parce qu’elle se développait à un rythme normal. Il y faisait bon vivre et la culture y était très développée. Les communistes modernes ont fait de la Chine une caricature du capitalisme qui en a tous les défauts moins les avantages. La technocratie est y poussée à son paroxysme et chacun peut en voir les conséquences. Quand ce sont les règles qui décident alors, évidemment, il existe une règle selon laquelle plus on construit d’immeubles sur une ville, plus cette ville est puissante et respectée dans le monde. Mais quand on agit selon son cœur et selon ses tripes, on réalise que le surdéveloppement met en danger la cohésion sociale et identitaire d’un pays. L’illustration parfaite de la folie des autorités est le fait désormais avéré que Shanghai s’enfonce sur elle-même de quelques centimètres chaque année sous le poids des infrastructures décidées dans des bureaux par des fonctionnaires imprégnés de la pensée unique qu’on leur a enseignée.

 

Ce qui manque aux technocrates, c’est le rêve. C’est de simplement marcher dans une rue et se laisser bercer par l’Histoire et le Temps pour saisir l’esprit passé, l’esprit présent et capter l’idée géniale que leur soufflerait le vent. Les technocrates sont beaucoup trop terre à terre parce que, dans des sociétés désenchantées, on leur enseigne à toujours regarder au niveau de leurs pieds et jamais au-delà.

 

C’est une erreur grave d’avoir séparé la raison et la science de la morale et de la foi. Je crois qu’aimer la Science est encore aujourd’hui considéré comme incompatible avec la croyance dans le divin. Moi, je voudrais réconcilier la science avec Dieu. C’est Dieu qui a bâti l’univers. C’est donc lui qui a élaboré tous les mécanismes qui sont à l’œuvre. Il nous permet d’en découvrir certains que nous essayons de reproduire. Mais tous ces mécanismes sont une possibilité que Dieu a choisie. La science aurait pu fonctionner différemment. J’ai découvert récemment des quatrains de Nostradamus qui tendent à prouver mes origines tant ils font référence à des éléments précis me concernant. J’ai été choqué de constater que certaines personnes à qui j’en ai parlé ont eu peur parce qu’il s’agissait simplement de Nostradamus. Ainsi, l’ésotérisme est rejeté par la morale publique qui confond bien trop souvent la laïcité avec le paganisme. Notre société ne peut continuer à affirmer que Dieu n’existe pas et que rien n’est recevable s’il n’a pas transité par les circuits de la science. La société a besoin du divin parce qu’elle ne peut durablement se contenter de la gouvernance par les règles.

 

La laïcité consacre la liberté de culte mais pas le droit de rejeter le sacré. Le fait que l’on ne puisse avoir de symboles religieux dans les administrations me choque terriblement. Je suis favorable à ce que, dans celles-ci, chacun puisse porter des signes religieux discrets. C’est là une condition de la laïcité telle qu’elle a été conçue au départ. Il est évident que son contenu originel a été détourné par les anticléricaux pour en faire une arme de désacralisation de nos sociétés. Or, je regrette mais on ne peut pas rejeter Dieu car il est l’architecte et que, sans architecte, tout ce que l’on construit est voué à s’effondrer. Ce rejet du sacré explique que des personnes intelligentes et vraies soient amenées à se réunir dans des associations discrètes voire occultes pour pouvoir librement étudier des problématiques d’une importance capitale car liant notre destin. Ces associations ne sont pas des sectes. C’est la société elle-même qui est devenue la secte par excellente, la secte de l’anti-sacré.

 

Mon séjour en Australie était vraiment un moment de pur loisir que j’avais décidé de m’offrir après mes longues études mais surtout après mes échecs à différents concours administratifs qui avaient quelque peu compromis mon projet de travailler dans la diplomatie. J’avais choisi la plus lointaine des destinations. Perth était une ville de taille humaine mais déjà trop immense pour l’isolement que j’avais envisagé. J’appréciais néanmoins ses jolies filles, ses plages de sable blond et son eau turquoise qui me rappelaient la Corse. Il y faisait nettement plus chaud et le paysage était totalement plat contrairement à celui de l’Ile de beauté où j’avais séjourné pendant l’été 2005 dans un luxueux hôtel de la Pointe Pozzo di Borgo qui se trouvait à dix minutes d’Ajaccio. Il y avait une petite plage juste aux pieds de cet hôtel avec une paillote et de très jolies blondes. Malheureusement, j’étais encore plus timide à l’époque que je ne le suis aujourd’hui et je respectais trop les traditions de mes hôtes pour exercer mes talents de séducteur.

 

J’aime les femmes, mais je ne suis pas encore allé plus loin que de les dévorer du regard, avec leur complicité souvent. Je pense que je serai fidèle dans la vie car j’imagine qu’une femme, si elle me correspond, me donnera suffisamment de bonheur.

 

- « Il n’a pas de copine. C’est étrange car on aime les femmes dans la famille » dit mon Grand-père à Judith, la banquière suisse, lors du baptême de mon petit neveu en 2002.

Je les aime certainement plus encore que je devrais mais, voilà, j’ai toujours eu du mal à avoir des amis à la Réunion et manque donc de pratique des relations sociales qui sont le seul cadre où peuvent se faire des rencontres.

 

A Paris, j’en avais beaucoup, des amis, mais ils étaient assez coincés et nous n’allâmes jamais en boîte de nuit. De retour à la Réunion en avril 2006, je me suis retrouvé dans la situation de ne plus en avoir.

 

C’est étrange et je ne me l’explique pas. Ma vie est redevenue assez ennuyeuse par rapport à mes années parisiennes.

 

Mais assez de cette digression et revenons à Perth. C’est une ville moderne et assez esthétique dont les buildings de verre bordent les rives de la Swan River. En face de la ville, la rivière s’élargit tellement que les nombreux petits ports nautiques et les possibilités de navigation font de Perth une véritable cité balnéaire. En longeant la rivière, l’on rejoint Fremantle et son port de commerce puis l’Océan indien qui s’ouvre sur l’Ile de Rottnest où vivent une espèce unique de marsupiaux que les premiers navigateurs ont qualifiés de rats géants. En fait, ils ressemblent davantage à des kangourous miniaturisés. Ils se font nombreux dans les rues au coucher du soleil, ce qui permet de les observer.

 

Sur cette Ile, je fis en mars 2007 la rencontre du prêtre du village. Il me demanda si je connaissais l’air qu’il venait de jouer pour moi avec son orgue. Je lui répondis que non.

 

« Comment ça, vous êtes Français et vous n’avez jamais été à Lourdes ? » me dit-il d’un ton surpris et agacé.

 

Certes, je n’avais jamais été à Lourdes mais je dis pour me sauver que je connaissais néanmoins Paray le Monial où j’avais participé à une retraite de cinq jours avec ma sœur.

Il m’invita ensuite à partager un thé avec lui et m’offris des blinis agrémentés d’une confiture qu’il avait faite lui-même. A la fin de notre conversation, il me raccompagna et me dit qu’un studio était disponible si je voulais séjourner sur l’île ultérieurement. J’aurais dû y retourner mais l’occasion ne se présenta point puisque deux mois et demi après mon arrivée à Perth, je décidai de repartir précipitamment. Je trouvais la ville trop périphérique et Paris me manquait déjà. J’avais l’habitude d’aller au théâtre et à l’Opéra, ce qui n’était pas aussi facile à Perth.

 

A Paris, je fus marqué par le Messie de Haendel donné à l’Opéra des Champs Elysées par un magnifique cœur venu de Londres. Ma mère, qui m’accompagnait ce jour-là, avait beaucoup apprécié celui qui avait une voix de castra. Je pensais qu’elle avait partagé mon bonheur de ce spectacle à tomber par terre. Je fus déçu d’apprendre, plus tard en 2007, qu’elle avait rapporté à ma sœur qu’elle était pressée que le spectacle se terminât.

 

Ce trait de caractère que je découvris chez ma mère me surprit un peu car, généralement, on aime plutôt les belles choses dans la famille. Mais, à la Réunion, les gens sont habitués aux spectacles à petit budget, faute d’investisseurs suffisamment engagés.

 

Il est vrai qu’il faut être initié pour apprécier certaines représentations. Néanmoins, le Messie de Haendel me semblait accessible à tous.

 

Je ne pensai pas la même chose de la première des tétralogies de Wagner qui ne m’avait pas beaucoup plue et que j’avais également eu l’occasion de voir à Paris.

 

A Perth, je vis néanmoins Madame Butterfly de Puccini au théâtre royal. Cette représentation était de très bonne facture mais elle était la seule de cette importance pour le premier semestre de l’année.

 

Vers la fin de mon séjour australien, un évènement étrange allait considérablement bouleverser mon existence. Il s’agissait d’un rêve assez étrange qui n’était pas comme tous les rêves.

 

Je me retrouvais dans un paysage lunaire et gris, fait de roches grisâtres. J’étais debout. Face à moi, ma mère était assise sur un petit rocher. Sur ses genoux se tenait une sorte de tout petit gnome ou de lutin qui était assez monstrueux et qui avait de très longs cheveux noirs. Ce gnome était pris d’un mal de tête très douloureux.

 

- « Tu as mal à la tête ? » lui fit ma mère d’un ton compatissant.

 

Elle lui apposa les mains sur le front et ses douleurs disparurent aussitôt. A ce moment, le gnome commença à me parler.

 

- « Votre arrière Grand-père était un Bourbon ».

 

- « Quel est mon ancêtre le plus proche ? » lui répondis-je.

 

- « Nay Nay » me fit le gnome avant que je ne me réveillasse.

 

Je regrettai de ne pas en avoir su davantage. Les mots « Nay Nay » étaient très clairement imprimés dans mon esprit et leur orthographe était très précise. Je commençai rapidement mes recherches.

 

- « Un Bourbon, comment cela est-il possible ? » me demandai-je.

 

Je trouvai sur Internet un nom proche de celui de « Nay ». Il s’agissait de « Ney », Michel Ney (1769 – 1815), duc d’Elchingen, prince de la Moskova , maréchal de France surnommé “Brave des braves”, sanctionné par Louis XVIII (1755 – 1824). Je pensai alors que mon arrière Grand-père était un descendant de ce Roi. J’envoyai un email à Bernard Venzo et quelques autres destinataires pour leur demander s’ils connaissaient un peu l’Histoire de la Monarchie et s’ils pouvaient m’aider à y voir plus clair. Cependant, pour ne pas passer pour un fou, je leur dis que ce fut un prêtre de l’Eglise catholique qui me fit cette révélation avant de s’en aller précipitamment sans m’en dire davantage.

 

Bernard me répondit que sa connaissance de l’Histoire était des plus limitées et me suggéra de ne pas trop m’intéresser à ces questions du passé. Je n’en sus donc pas davantage mais, en parcourant Internet, je réalisai que ce Louis XVIII n’avait pas eu de descendance. Je restais donc sur ma faim.

 

Je me dis finalement que ce n’avait été qu’un rêve et, que même s’il me paraissait très réaliste, il eût mieux fallu l’oublier, pour le moment en tous cas.

 

Je rentrai donc à la Réunion à la toute fin du mois d’avril 2007. Mon vol était prévu pour minuit le lendemain et devait me conduire directement vers l’Ile Maurice. Je m’accordai donc une dernière soirée festive avec quelques amis anglais et allemands. Je rentrai chez moi à trois heures du matin mais n’avais pas sommeil. Je fis quelques bricoles et en profitai pour vérifier encore mon billet d’avion. La vérification des détails était une manie que m’avait transmise mon père.

 

Je fus alors tétanisé. « Departure Time 00h00 » raisonna dans ma tête. Un terrible doute s’empara de mon être.

 

« Est-ce que je pars à minuit ce soir ou est-ce que l’avion est déjà parti à minuit ce matin ? » me demandai-je. « Ce serait vraiment trop stupide. »

 « J’ai demandé à partir aujourd’hui, ce n’est pas pour devoir partir la veille. Car si mon vol était à minuit du matin, dans ce cas, on m’aurait dit que je devais enregistrer non le jour inscrit sur le billet mais la veille au soir. Ils seraient vraiment stupides d’induire les gens en erreur de cette façon » me dis-je pour me rassurer.

 

En effet, quand une date est inscrite sur un billet avec l’heure qui est à minuit, on peut légitimement penser que l’on va partir ce jour-là et qu’on ne sera pas dans l’avion depuis la veille. En fait, je m’étais réellement trompé. J’allai sur Internet et vérifia le statut de ce vol. Il était déjà parti et aucun autre vol n’était programmé avant une bonne semaine. J’étais si pressé de m’en aller que j’essayai de trouver une autre compagnie. Je cherchai le vol qui me coûterait le moins cher. Emirates m’offrait un vol à mille euros, ce qui était encore acceptable.

 

Je partis donc le lendemain en direction de Dubaï aux Emirats Arabes Unis. Je devais y rester une journée et décidai donc de découvrir l’intégralité de la ville à bord d’un taxi qui l’avait fait pour une modique somme mais qui était un peu familier sur les bords. La ville me parut assez agréable et je formulai le vœu d’y retourner un jour quand j’allais avoir les moyens de séjourner dans ce magnifique hôtel six étoiles, le Burj Al Arab, qui était bien connu des Scheiks arabes et qui avait cette forme très futuriste d’une navette spatiale prête à décoller. Moi aussi j’avais envie de décoller. Mais, pour le moment, je retournai à la Réunion bien loin du faste et des paillettes. Paris allait malheureusement devoir m’attendre encore.

 

Mon retour fut celui d’un général qui avait perdu la guerre. J’étais beaucoup plus modeste que d’habitude et ne formulais plus aucune critique sur l’hygiène un peu délabrée résultant de la gestion du foyer par ma mère et ma sœur. Celles-ci n’accordaient pas beaucoup d’importance à cette question.

Ma tante Françoise et moi-même sommes au contraire très maniaques. Que notre maison ressemble à un hôpital hyper stérilisé nous semble la chose la plus normale qui soit. Nous avons hérité cela de ma Grand-mère Colette. Elle-même le doit à sa mère Julia Georgette Videau. Celle-ci était infirmière de profession et ramenait tous les microbes à la maison. Colette fut traumatisée de cette enfance maladive.

 

Un peu après mon retour à la Réunion, je décidai d’en savoir un peu plus sur mon arrière Grand-père biologique. Je questionnais ma mère et ma sœur qui, décidément, ne voulaient pas lâcher le morceau. Ce culte du secret, que je trouve risible à souhait, commença sérieusement à me fatiguer les nerfs. A quoi bon cela servait de garder le silence. A rien ? Y avait-il des questions d’argent ? De l’argent avait-il été versé à mon Grand-père pour faire garder le silence ? Mais par qui et pourquoi ?

Mon Grand-père Lucien était l’un des premiers dentistes installés à la Réunion. Il accumula pas mal d’argent même s’il en perdit beaucoup dans le même temps. Je ne pense pas qu’un dentiste puisse accumuler autant d’argent par son seul métier. Il eut très tôt dans sa carrière la possibilité d’acheter un immense terrain qui appartenait à Madame Desbassyns, une riche propriétaire terrienne du passé réunionnais que les descendants d’esclaves allaient terriblement maudire jusqu’aujourd’hui encore. Je me souviens d’une photo de ma mère que j’ai vue chez ma tante il y a trois mois. Ma mère devait y avoir entre deux et trois ans. Elle était assise sur l’avant de la voiture de mon Grand-père qui la contemplait. Ils étaient déjà sur le fameux terrain. La maison principale, celle qu’occupait Madame Desbassyns, se situait juste derrière eux. Cela signifiait bien que mon grand-père acheta ce terrain à peine ayant terminé ses études de chirurgien-dentiste à l’université de Bordeaux.

Or, la famille de mon Grand-mère n’avait pas le sou. Mon arrière Grand-père réunionnais, Antoine Cadet, mourut avant la guerre et mon arrière Grand-mère Valérie, également réunionnaise, dut élever seule ses nombreux enfants qui comptaient une bonne dizaine. Ils étaient très pauvres durant cette période et ne mangeaient pas toujours à leur faim.

 

Quand ses enfants devinrent adultes, mon Grand-père divisa le terrain. Ma mère en eut un morceau sur lequel elle construisit sa maison. L’argent du Comte était d’une certaine manière un peu revenu à ceux qui portent son sang.

 

Par ailleurs, dans sa jeunesse, mon grand-père parcourait la France à bord de belles voitures. Il avait importé à la Réunion une Citroën DS, qui, je vous le rappelle, était la voiture qu’utilisait le Président de la République. Il offrait chaque année des vacances en métropole à lui, ma grand-mère et ses enfants à une époque où voyager était un luxe réservé à une petite élite. Cela me semble beaucoup pour un dentiste débutant qui était censé acheter les murs de son cabinet ainsi que le matériel et qui devait en toute logique devoir rembourser ses prêts pendant de longues années avant de pouvoir s’offrir une certaine qualité de vie. Par ailleurs, mon grand-père était devenu au cours de sa carrière propriétaire de plusieurs logements en métropole.

« Ton grand-père a eu vraiment beaucoup d’argent dans sa jeunesse. Il en a dépensé énormément avec sa seconde épouse Simone », me confia mon père. 

Si je le soupçonne d’avoir été acheté par la famille du Comte pour garder le silence, c’est pour toutes les raisons évidentes que je viens d’évoquer et, également, pour son hostilité marquée pour que l’on parle de mon arrière grand-père le Comte et sa tendance à faire du reniement à ce sujet, bien qu’il ait par deux fois reconnu devant moi la véracité du lien de filiation que j’ai avec ce Comte.

 

Je suis scandalisé par le fait que mon grand-père accepta que l’on puisse acheter l’âme de ma grand-mère. Cette dernière, qui était quand même concernée au premier chef par sa filiation, ne reçut pas un seul centime et fut privée de tout argent conséquent lors de son divorce.

Elle se rendit compte un soir, alors qu’elle faisait quelques commissions en ville, que son avocat était corrompu en le voyant en train de boire un verre de façon fort chaleureuse avec Lucien. Décidément, l’identité de ma pauvre grand-mère et le peu d’héritage qui aurait dû lui revenir étaient successivement achetés puis revendus.

 

Et la légitimité dans tout ça ? Peut-on ainsi jouer avec des secrets ? Aujourd’hui, il n’est plus légitime que le silence soit gardé. Ceux qui en ont profité sont devenus très vieux et les jeunes, dont l’identité a été dérobée, demandent des comptes. Pour rien au monde, je n’accepterais de recevoir de l’argent en échange de mon silence. Je veux récupérer mon identité car c’est un droit qui est inscrit dans mon sang. C’est un droit de l’homme qui ne saurait avoir de limite de temps pour s’exercer. L’identité touche à ce qu’il y a de plus intime et de plus profond chez un être humain.

Lorsque j’appris l’identité précise de mon arrière grand-père, j’en fis part à Bernard Venzo qui me recommanda encore de ne pas accorder trop d’importance aux questions du passé et de me tourner plutôt vers l’avenir. Il me dit que, même si ma filiation était reconnue, cela ne m’apporterait rien de durable. D’une part, qu’en savait-il vraiment ? D’autre part, quand bien même cette identité ne m’apporterait ni argent ni pouvoir, c’est un droit fondamental de la personne humaine que de se voir reconnaître son identité.

 

En ces mois de mai et juin 2006 où j’étais de retour à la Réunion, je m’efforçais donc de connaître la vérité sur l’identité de mon arrière grand-père. Je questionnais sans relâche ma mère et ma sœur. Puis je décidai de mener une enquête sur Internet.

 

Me voyant dans la détresse, ma sœur finit par craquer et pris pitié. Elle me donna un indice sous forme d’une série de prénoms dont j’oubliai ensuite l’ordre exact : Louis ; Charles ; Philippe.

 

C’étaient exactement les mêmes que ceux par lesquels le fonctionnaire du Quai d’Orsay originaire de Pornic m’avait un jour appelé. Bien que je n’y accordasse pas d’importance à l’époque, j’avais toujours eu dans ma vie une excellente mémoire des petits détails marquants. Ils faisaient certainement référence aux principaux prénoms que la famille d’Orléans a usités. Malgré ces indices, je ne trouvai pas car j’étais plutôt moyen en efficacité dans mes recherches. Je décidai une autre stratégie.

 

Je notai les noms de personnalités issues de familles Bourbon puis les soumettais à ma mère. Je commençai par les familles espagnoles car on m’avait enseigné à Sciences Po qu’il y avait des légitimistes et des orléanistes. Pour les légitimistes, ces sont les Bourbons d’Espagne qui sont légitimes pour prétendre au trône de France. Pour les Orléanistes, c’est la famille officielle de France, celle du défunt Comte de Paris, qui l’est.

 

A la question de savoir si c’était la famille de Juan Carlos qui nous concernait en tant qu’héritiers de sang, ma mère rigola.

 

« Première nouvelle », me dit-elle.

 

Après plusieurs autres noms, je lui évoquai feu le Comte de Paris, qui naquit en 1908 et mourut en 1999.

 

Un long « Oui », le même que celui de l’hôtel de l’automne 2005 à Lyon, à la fois long et grave, se fit entendre. J’étais sous le choc.

 

- « Le Comte de Paris, le Comte de Paris, mais nous sommes bien des Bourbons. Nous sommes des Bourbons d’Orléans » me dis-je.

 

J’allai ensuite près de la fenêtre et regardai l’Océan. Ma mère arriva derrière moi.

 

- « Enfin tu voies la lumière du jour » me dit-elle.

 

Je me précipitai aussitôt sur Internet pour étudier l’histoire du Comte de Paris. Ma grand-mère confia plusieurs fois qu’elle avait connu le Maroc quand elle était petite. Cet indice que m’avait déjà livré ma sœur aurait dû me mettre plus tôt sur la bonne voie. La loi d’exil, prononcée sous la troisième République, contraint la famille d’Orléans à s’exiler dans plusieurs pays dont notamment la Belgique, le Brésil et le fameux Maroc, à Rabat et à Larache. En étudiant les dates de naissance, je compris que le Comte avait eu des rapports avec mon arrière Grand-mère quand ils étaient jeunes, celui-ci n’étant pas encore majeur quand ils conçurent ma grand-mère. Il n’avait que vingt ans. Lorsque ma Grand-mère naquit le 8 septembre 1929 à Bordeaux, il venait d’avoir ses vingt et un ans.

 

Le premier enfant officiel que le Comte de Paris a eu publiquement est né en 1933. J’en déduis donc que ma grand-mère est l’enfant aîné du Comte.

 

Suis-je concerné par la succession dynastique ? En principe non car elle se transmet par le mâle. Néanmoins, le droit d’aînesse peut se transmettre par la femme en tant que régente si il n’y a pas d’autres enfants.

 

Et, justement, ma grand-mère est le fruit d’une première union du Comte de Paris. Elle ne naquit pas hors mariage puisque le Comte n’avait pas encore épousé celle qui allait devenir la Comtesse de Paris. Par conséquent, elle n’est pas une bâtarde. De plus, elle est l’enfant unique de la seule et légitime union entre le Comte et une femme en vertu du droit d’aînesse et du fait que cette union était la première du Comte dont est issue sa progéniture.

 

Il en résulte que ma grand-mère est le seul enfant légitime du Comte de Paris en matière de succession dynastique. Il en résulte également qu’elle constitue la branche aînée des Bourbons d’Orléans et que, par conséquent, la transmission du pouvoir royal par l’intermédiaire du sang royal ne peut procéder que par elle et elle seule.

 

Ma mère se trouve ensuite dans la même situation que ma grand-mère. Reproduisant en quelque sorte et peut-être inconsciemment le modèle de son père biologique et légitime, ma grand-mère procréa ma mère, qui fut son enfant aîné, avec Roger qui était le frère de Lucien. Ce dernier allait quand même devenir le père officiel de ma mère pour sauver les apparences.

 

Ma mère est donc, à son tour, l’aînée légitime et unique de la première et légitime union féconde entre un homme et une femme. Elle constitue donc, à la suite de ma grand-mère, la branche aînée des Bourbons d’Orléans.

 

Ma sœur et moi sommes issus des deux mêmes parents. Etant intégralement de la même union et du même sang, le principe de la succession dynastique par le mâle peut dans ce cas s’appliquer.

 

Je suis donc l’Héritier du Comte de Paris en vertu du droit d’aînesse et de primogéniture masculine. Je devrais donc porter le titre de « Comte de Paris ». Je suis le seul prétendant légitime au pouvoir royal, au trône de France et ceci en vertu du droit du sang. Il est assez simple de le prouver. Tout est dans mon sang et cette seule preuve est suffisante.

 

Mais j’allais bientôt disposer d’autres éléments pour mieux affirmer ma filiation en attendant le test ADN qui un jour devait en principe me rendre définitivement et pleinement mon identité d’arrière petit fils aîné du Comte de Paris et d’Héritier légitime de celui-ci pour prétendre au pouvoir royal si celui-ci devait un jour être restauré.

 

Néanmoins, cette éventualité ne m’empêche pas de respecter la République. Je dis simplement que, si pour une raison indépendante de ma volonté, le peuple demandait un Roi, il faudrait absolument que ce soit celui qui est légitime devant Dieu qui soit désigné. Dans le cas contraire, l’usurpateur qui m’aurait remplacé moi ou ma descendance n’aurait pas de légitimité devant Dieu et il ne serait d’aucune utilité. Car le but d’avoir un Roi pour avoir un Roi est idiot. A ce moment là, n’importe quel dictateur ferait l’affaire. Ce qui caractérise un Roi, c’est d’avoir le soutien de Dieu car étant de droit divin en vertu du principe  de transmission du pouvoir qui remonte aux origines de l’Humanité.

 

Ma sœur me confia en juin 2006 que j’étais passé à côté de beaucoup d’indices qui, dans mon enfance, auraient pu éveiller mes soupçons. Un jour qu’elle lisait un article d’un magazine people sur la famille d’Orléans, ma grand-mère dit à ma sœur et en ma présence « ta famille ».

 

Ma grand-mère disait souvent que la famille de France avait de grandes dents et un grand front. Or, ce caractère est bien marqué chez nous, notamment chez Françoise et ma sœur Aude-Emmanuelle. Il était de notoriété que ma grand-mère se faisait appeler Hélène quand elle était plus jeune. Or, Hélène était le prénom de celle qui, ayant épousé le Comte de Paris, allait devenir la Comtesse de Paris. Plus tard, j’appris que ma Grand-mère soignait les mots de tête de sa mère, Julia Georgette Videau, en lui apposant les mains sur le front et que Georgette avait de très longs cheveux noirs. Je pensai alors de suite au gnome qui m’avait rendu visite dans mon rêve. Je repensai aussi à ces mots qu’il ou elle m’avait dits, « Nay Nay ». Ma sœur m’aida à en trouver la signification. En vieux français, nay signifiait « aîné ». Or, ma grand-mère n’était-elle pas justement l’enfant aîné du Comte de Paris ?

 

Les phénomènes surnaturels sont assez présents dans ma famille. Récemment, il y a à peine quelques jours en ce mois de mai 2007, nous étions au restaurant avec ma sœur et ma mère. Tout d’un coup, le verre que ma mère fixait du regard bougea tout seul de plusieurs centimètres, ce qui nous glaça le sang à ma sœur et à moi-même. Ma mère était déjà connue pour faire tomber les tableaux mais c’est la première fois qu’elle s’attaquait à un pauvre petit verre. Mon oncle Pascal était également connu pour deviner le thème de livres en y apposant simplement les mains.

 

Tous ces éléments peuvent révéler une part de caractère divin ou mystique chez ma famille et renforcent à mes yeux l’hypothèse que l’on est le sang royal et que je suis bien l’Héritier de ce sang royal en vertu du droit d’aînesse et de primogéniture masculine.

 

Évidemment, ce qui compte, c’est le processus de transmission du pouvoir à l’intérieur d’une même dynastie. Celui de Louis XVI s’est éteint parce que sa descendance a malheureusement trouvé la mort. Dieu a ensuite confié le pouvoir à Louis XVIII puis à Charles X (1757 – 1836). Ces deux monarques soit n’ont pas eu de descendance soit celle-ci a fini par s’éteindre. Ensuite, Dieu a en dernier confié le pouvoir à Louis Philippe Ier (1773 – 1850), roi des français, un Bourbon d’Orléans qui descend directement du frère de Louis XIV le Grand (1638 – 1715), dit le Roi-Soleil. Ce frère du Roi Soleil, il faut le rappeler, a lui-même régné sur la France en tant que Régent. La descendance de Louis-Philippe n’étant pas éteinte contrairement à celle des précédentes dynasties, puisque je peux écrire ces lignes, le prochain Roi, s’il y devait y en avoir un, serait nécessairement moi ou l’un de mes descendants.

Les Bourbons d’Orléans sont une famille qui a donc par deux fois dans l’Histoire exercé le pouvoir royal, avec le Régent et avec Louis-Philippe, et qui constitue la dernière dynastie régnante.

 

D’ailleurs la famille du Comte de Paris, qui en principe devrait être prioritairement la mienne et non celle qui passe à la télévision depuis des décennies, est reconnue comme la famille officielle de France.

 

Je fus agacé depuis les révélations qui m’avaient été faites en juin 2006 de voir Henri, le fils du Comte de Paris qui se disait lui-même Comte de Paris et Duc de France en m’usurpant clairement, passer plusieurs fois à la télévision, notamment dans une émission de Laurent Ruquier. Tout de suite après ce passage, j’envoyai une lettre à la radio dans laquelle monsieur Ruquier animait chaque jour une émission pour qu’il connaisse la vérité et réalise qu’il avait fait une boulette en recevant cet usurpateur, pour lequel j’avais néanmoins du respect et de la sympathie car je ne n’oubliais pas que nous avions le même sang, bien que le miens fusse le seul légitime car procédant de l’aînesse au sein de la véritable branche aînée des Bourbons d’Orléans.

3 – Des Services secrets aux Secrets des services

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

« Je suis devenu homme visible pour que tu m’aimes en me voyant,… »

Saint Bonaventure (1221 – 1274), le « Docteur séraphique »

 

 

 

 

Après avoir trouvé mes origines, je commençai en ce mois de juin 2006 à les communiquer mais m’y pris assez mal dans un premier temps. J’avais pensé que de simples emails détaillant ma situation et comportant une photographie de ma grand-mère auraient été suffisants pour que l’on s’intéressât au sujet et qu’on en fût la publicité.

 

En fait, trois personnes seulement me répondirent. La plus importante fut Emmanuelle Mignon, une conseillère d’Etat qui était dans le Cabinet politique de Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur et qui allait, sans que je le sache encore, devenir la directrice de Cabinet du futur Président de la République. Je lui demandai dans mon message de m’aider à conduire une médiation avec la famille connue du Comte de Paris pour ma reconnaissance.

 

- « Je vais voir » me répondit-elle.

 

J’étais assez satisfait mais n’eus pas de nouvelles pendant des mois. Les deux autres réponses furent celles de Bernard Venzo et de Cécile Pozzo di Borgo qui, semble-t-il, avaient l’air de déjà connaître cette vérité. L’un me demandait de ne pas attacher trop d’importance à ces questions du passé mais assortissait son conseil d’un « pour le moment ». L’autre, m’écrivait de son bureau d’Ambassadrice de France à Saint-Domingue pour me dire qu’elle était satisfaite que je sois fixé sur l’identité de mon arrière Grand-père. Néanmoins, elle aussi me conseillait de regarder l’avenir et donc de me détourner un peu de cette question de mon identité.

 

Me donnaient-ils ces conseils pour me protéger des ennemis que ma demande de reconnaissance pouvait me créer alors même que je n’avais pas encore de situation professionnelle ? Ne me disaient-ils pas cela plutôt pour protéger les intérêts de cette famille connue du Comte de Paris qui m’usurpe ? Me considéraient-ils à tord comme un bâtard et avaient-ils en tête de défendre ceux qui étaient, sans qu’ils le réalisent peut-être encore, mes usurpateurs ? De toutes les manières, je n’avais aucunement l’intention de suivre leurs conseils et continuais à communiquer abondamment.

 

Toutes ces questions, je me les suis posé cent fois tant elles me tourmentent et me déçoivent en ouvrant les yeux sur la superficialité des opinions et des attitudes humaines de notre temps. Les réactions impulsives marquées d’une forte culture du préjugé sont désormais légion dans notre société qui ne prend plus le temps d’analyser les situations comme elles le méritent. Etre dans le faux et s’en contenter semble être le credo de ce vingtième siècle qui perdure encore dans notre vingt-et-unième siècle pas réellement lancé. Comment et quand allons-nous pouvoir changer d’époque, en finir avec les complexes et les idéologies désuètes d’un passé que les jeunes trouvent de plus en plus démodé et loin de leur style de vie actuel ? Il faut en finir avec ce culte des idées, ces programmes politiques prés formatés.

 

La nouvelle génération souhaite des dirigeants décomplexés, qui s’assument et qui recherchent la vérité dans leur action quotidienne sans s’enfermer dans des schémas rigides qui les obligeraient à fermer instinctivement les portes qui doivent au contraire s’ouvrir. J’espère que Nicolas Sarkozy réussira non seulement à réintroduire la politique au cœur de notre société mais surtout à refonder les bases du débat d’idées et de la gestion des affaires publiques.

 

Mes communications allaient bon train et s’élargissaient rapidement à tous les secteurs. Mais peu de monde me répondait. Malheureusement, je ne pus poursuivre mes actions longtemps puisque mes préoccupations se détournèrent de la question de ma reconnaissance pour se tourner vers celle du nouvel emploi, dont la prise de fonction devait avoir lieu en septembre 2006.

 

Egalement préoccupé par mon avenir professionnel, je m’étais mis à rechercher activement du travail depuis mon retour. J’eus une altercation avec le Cabinet du Conseil régional où j’avais fait deux stages déjà car celui-ci donna un emploi contractuel de Chargé de communication qui correspondait exactement à mon profil à un journaliste qui n’avait pas vraiment de diplômes mais qui avait sa carte au parti communiste. Je fus choqué. Le Cabinet tenta de se rattraper mais fit une plus grave erreur car ce qu’il allait me proposer sentait la précarité à des milliers de kilomètres à la ronde. Il s’agissait d’un volontariat international en partenariat avec l’association des Volontaires du progrès qui m’aurait conduit aux Seychelles pour une durée de deux années sans aucune perspective professionnelle sérieuse au-delà de ces deux années. Bien que l’idée de faire du social me paraissait intéressante, j’allais devoir perdre deux années de ma vie et vivre avec un salaire modique de six cent euros mensuels, ce qui était bien inférieur au salaire minimum légal.

 

Je suis scandalisé que la France se permette d’embaucher ses jeunes ressortissants à l’étranger sans respecter le droit du travail dont elle s’est elle-même dotée. Que ce soit en France ou à l’étranger, les autorités françaises ne devraient pas pouvoir payer un ressortissant à temps complet au-dessous du salaire minimum. Cela me paraît un principe de bon sens et de respect des convictions et valeurs républicaines.

 

La question de la rémunération des stages me paraît également poser un grave problème au sein du ministère des Affaires étrangères. Pour mes huit mois d’activité, je ne touchai pas un seul centime. Comment voulez-vous que les entreprises n’abusent pas de stagiaires non rémunérés en place en lieu et place d’embauches réelles. L’Etat, qui doit montrer l’exemple,  se comporte en véritable voyou ?

 

Je décidai pour tenter de trouver le fameux emploi que je recherchais, en cet hiver austral 2006, une stratégie plus entreprenante. J’écrivis un email à Richard Descoings. Il ne me répondit pas directement mais une responsable de l’Association des Anciens de Sciences Po le fit à sa place. Elle corrigea mon CV, ce qui lui permit d’être plus présentable. Mais j’espérais qu’elle allait m’aider à trouver un emploi à Paris en faisant jouer les propres relations de l’établissement. Je fus dépité devant son refus de me porter un réel secours. Elle m’expliqua qu’il fallait que je disse à ma propre famille de m’aider. Je lui expliquai que ma famille n’était pas dans les affaires et qu’elle ne ferait jamais rien pour moi.

 

En effet, mon grand-père Lucien et ses enfants ont une règle qui consiste à ne jamais intervenir en faveur des siens pour obtenir un quelconque avantage. Cela explique sans doute que ma génération ne s’en sorte difficilement. Aucun des petits enfants de Lucien n’a encore de situation professionnelle. Or, Lucien fut un temps adjoint au maire de Saint-Denis puis président du conseil de l’ordre des dentistes et membre permanent de la section nationale de ce même conseil à Paris. Il fut surtout, entre 1997 et 1998, Gouverneur du Rotary Club des îles du sud-ouest de l’Océan Indien. Il en connaissait du monde et avait même été reçu par Raymond Barre à Matignon lorsque ce dernier était Premier Ministre. Mais sa mentalité égoïste, héritée de l’ancienne école et totalement inexcusable, était en train de transformer notre grande famille en une famille déconsidérée et en voie de paupérisation. Voilà ce que mon grand-père fit de l’argent du Comte de Paris ! Il le mit dans ses poches, veilla au maintien de l’omerta et ne pensa finalement qu’à lui. Que le déluge advienne après lui ne le tourmentait absolument pas. Il avait une philosophie systémique et considérait qu’on était seuls responsables de nos échecs. Etait-on aussi responsables d’avoir été privés de reconnaissance ?

 

Mon grand-père qui se permettait de dire qu’il avait réussi tout seul n’avait-il pas en fait bénéficié du soutien inespéré de l’une des plus grandes fortunes d’Europe ?

Et, à la question de savoir comment mon grand-père a fait pour tomber sur ma grand-mère, la réponse me paraît se trouver du côté des engagements qui ont été les siens pendant la seconde guerre mondiale et que je regrette sincèrement.

 

Il était en effet un responsable des jeunesses pétainistes à la Réunion et s’était même fait tatoué sur le bras. A la libération, il s’était employé à faire disparaître toute trace. Le Comte de Paris soutenait lui-même le régime de Vichy qui lui avait promis de le remettre sur le trône une fois que Hitler ait gagné la guerre.

 

C’était sans doute dans ces similitudes de parcours qu’est à chercher la raison qui favorisa la rencontre de mes grands parents, lorsque mon grand père vint faire ses études à Bordeaux au lendemain de l’armistice

 

Lorsque j’appris que j’étais l’arrière petit fils aîné du Comte de Paris, je ne savais pas encore que mon grand-père biologique était en fait le frère de Lucien.

 

J’appris cette nouvelle lors d’un déjeuner que je partageais avec ma mère dans un restaurant du village de la Plaine des cafres à mille cinq cent mètres d’altitude. Il faisait beau et nous étions tous d’une humeur excellente. Les conditions étaient donc favorables pour que ma mère se confiât à moi. Elle me révéla donc cette deuxième partie du secret. J’avais toujours dit à ma mère que sa cousine Isabelle, qui était plus jeune qu’elle, lui ressemblait beaucoup. En fait, Isabelle était la demie sœur de Maman. Je demandai à Maman si j’avais connu ce grand-père biologique, Roger Cadet, qui mourut en 1986 d’une pneumonie. Elle me répondit qu’il m’avait gardé une fois quand j’étais tout petit et que cela lui avait procuré beaucoup de plaisir.

 

Je m’imaginais que cela avait dû être très difficile pour lui de faire semblant de ne pas être le père de maman. Découvrir tous ces secrets de famille avait dû également été très dur pour ma mère. Elle me confia que, si sa filiation avec le Comte de Paris ne lui avait pas posé de problème majeur, savoir que son père biologique n’était pas son père officiel mais son oncle lui avait causé un certain traumatisme. Elle essayait d’éviter la question autant que de possible et j’eus beaucoup de chance qu’elle se confiât à moi en cette magnifique journée d’hiver austral que nous passions dans les montagnes réunionnaises. Elle me dit qu’elle apprit ces deux secrets de famille en même temps quand elle avait dix-huit ans, c’est-à-dire probablement en 1969 puisqu’elle naquit le trois janvier 1951. Elle vivait alors à Bordeaux avec ma grand-mère qui avait divorcé quelques années plus tôt et rejoint la métropole.

 

Mon grand-père demanda bientôt à ma mère de revenir à La Réunion pour vivre avec lui. Elle venait de terminer son lycée et avait appris sa véritable filiation. Sans doute mon grand-père avait-il eu vent de ces révélations et souhaitait-il garder Martine auprès de lui. Il a toujours beaucoup aimé ma mère sans doute davantage qu’il n’a aimé chacun de ses enfants. Ma mère accepta de rentrer. Elle était de toute façon incapable de dire non.

 

Françoise resta à Bordeaux et reçut une éducation solide. Elle décida de suivre des études de pharmacie qu’elle réussit très bien et qui lui offrirent, parmi les enfants de Colette, le meilleur statut social. Colette avait eu deux autres fils, Christian et Pascal. Pascal était le plus jeune. Il avait grandi à Bordeaux puis suivit, comme Lucien, une formation de chirurgien-dentiste à la faculté de Bordeaux. Il était ensuite venu s’installer à la Réunion en reprenant le cabinet de mon grand-père.

 

Pascal est très classe. Il reçut une éducation bourgeoise dans les meilleures écoles de Bordeaux. Il ne manque pas d’humour non plus mais il a l’art de la critique, pour ne citer qu’un défaut. Il est également mon parrain. Il avait eu des difficultés financières importantes ces dernières années et était reparti à Bordeaux pour y exercer croyant que ce nouveau départ lui permettrait de s’en sortir.

 

Je rendis une première visite à Pascal alors que j’étudiais à Paris.

 

- « Il faut que je sorte le carnet de chèque », me dit-il.

 

Sa remarque me heurta un peu et ce d’autant plus qu’il ne m’avait jamais fait de cadeau. Au bout de quelques temps, il comprit, qu’au fond, j’avais une bonne nature et que je cherchais simplement un peu de présence familiale.

 

Les années bordelaises de ma grand-mère et de ses enfants furent assez difficiles. Ils vivaient dans un tout petit deux pièces et dormaient à plusieurs dans la chambre. Mon grand-père envoyait un peu d’argent. Il ne fallait pas lui dire lorsque la famille avait réussi à avoir quelques gains additionnels soit par une aide sociale soit par l’obtention d’une bourse d’études. En effet, il calculait au plus juste la pension qu’il versait à ma grand-mère, et qui n’avait pas été décidée en justice. Il se considérait lésé dès que des revenus externes venaient s’y additionner. La somme qu’il versait était bien évidemment suffisante pour se nourrir mais pas pour satisfaire les besoins de loisirs que l’on peut avoir dans une ville Bon Chic Bon Genre comme Bordeaux quand on est adolescent ou étudiant.

 

Ma tante fréquentait le beau monde et, comme elle ne pouvait inviter ses amis chez elle pour les remercier de leur propre hospitalité, elle les invita de temps à autre au restaurant. Aujourd’hui qu’elle peut les recevoir dans sa grande villa pieds dans l’eau de Saint-Gilles les bains, elle est devenue la reine des réceptions de personnalités du petit gotha local. Son plus illustre invité est, depuis la fin de l’année 2006, le Préfet de La Réunion, Pierre-Henri Maccioni. Elle était déjà parvenue à sympathiser avec quelques sous-préfets mais jamais n’avait-elle encore réussi à atteindre le préfet lui-même. Sans doute mes communications avaient-elles joué un rôle. Le préfet avait ainsi l’occasion de voir très régulièrement ma grand-mère Colette, qui vivait chez ma tante, et par là même de discuter avec elle.

 

Sans doute avait-il été mis à contribution dans le cadre de l’enquête en cours au sein du Ministère de l’Intérieur.

 

« De toutes les façons, si le mur tombe, je serai simplement muté ailleurs » confia-t-il un jour à ses hôtes. Il avait été auparavant en poste à Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor. Etait-ce un signe dans la mesure où je portais le prénom Pierre-Brieu ?

 

Il ne devait de toute façon rien apprendre car ma grand-mère était muette comme une tombe surtout vis-à-vis de personnes étrangères à la famille. De plus, bien qu’elle faisait très régulièrement des allusions au Comte de Paris, elle n’en parlait presque jamais de façon claire, ce qui était très agaçant. Elle semblait en effet assez remontée contre lui. Elle alla même jusqu’à dire un jour où elle était de mauvaise humeur que ce sont les Bourbons d’Espagne qui sont légitimes. Quel reniement !

 

En fait, ma grand-mère souffra beaucoup de ne pas avoir été reconnue par le Comte de Paris et pensait qu’elle devait tout à Franck Jamain de lui avoir offert cette reconnaissance qu’elle attendait tant. Sans doute aurait-elle préféré que celle-ci vienne du Comte, son vrai père. Mais celui-ci n’avait encore rien fait pour cela et Jamain en profita en jouant le rôle de père de substitution. Pour ma part, je crois que le cadeau de Jamain est un cadeau empoisonné car le Comte aurait fini par reconnaître sa fille aînée avec laquelle il avait partagé de bons moments lorsqu’elle était enfant. Jamain eut le culot de voler la paternité du Comte. Lui, le sans grade, il avait réussi à enlever au roi sa petite princesse et en faire sa fille adoptive. Dieu ne lui pardonna pas et il mourut peu d’années après avoir reconnu ma grand-mère. Cette mort était-elle toutefois accidentelle ?  

 

Curieusement, la disparition de Jamain cristallisa chez ma Grand-mère l’image d’un père sauveur qui accomplissait ce que son propre père n’avait pas su encore faire. Quand elle nous parle de Jamain, c’est comme s’il était autant son père que le Comte de Paris. Cette idéalisation de Jamain mort est, me semble-t-il, assez pathétique.

 

Je fus assez surpris de découvrir dans une toile que ma grand-mère avait peinte et qui se trouvait chez moi qu’un corps gisait. Il était visible si l’on observait bien la toile. Je le montrai à plusieurs personnes qui toutes furent aussi surprises que moi. La toile était composé de grosses tâches de couleur et représentait une petite maison bordant, d’un côté, un cours d’eau en lisière de forêt et, de l’autre, une petite prairie. C’est dans cette prairie que l’on pouvait apercevoir une couleur grise qui tranchait avec l’ensemble de la toile et dont on pouvait deviner un corps surmonté d’une tête et avec deux jambes mais sans bras. Avait-on assassiné Jamain ? Ma grand-mère voulait-elle exprimer cet assassinat dans sa peinture ? Reprochait-elle aux Bourbons d’Orléans non seulement de ne pas l’avoir reconnue mais, en plus, d’avoir causé la mort de ce père de substitution ? Colette était plutôt tourmentée par ce passé et nous donnait souvent le spectacle de chants assez sinistres.

 

Comme son demi-frère Henri d’Orléans, ma grand-mère Colette a un réel don pour la peinture. Elle a peint de nombreuses toiles qui sont toutes exposées chez ses enfants et qui laissent toujours réfléchir sur l’intention de l’auteur. Cultivant les nuances, sa peinture est celle de la suggestion. Pour comprendre réellement son art, il faut connaître l’histoire de ma grand-mère. Chaque toile fait en effet référence de façon très imagée, subtile et mystérieuse à des épisodes tourmentés de sa vie.

 

Nous avons reçu récemment, en cet hiver austral renaissant, la visite de David, un neveu par alliance de Didier qui était le fils de Franck Jamain. David est devenu curé dans le Gard. Il nous fit une excellente impression parce qu’il se révélait très cultivé et d’un naturel fort aimable.

 

David nous fit remarquer dès le début de la conversation, lors de l’apéritif, que son oncle par alliance était beaucoup plus jeune que ma grand-mère. Plus tard, au dîner, lorsque le rôti fut servi, on commença à parler de politique bien qu’on avait essayé de l’éviter au maximum jusque là.

 

Notre curé nous confiait qu’il était plutôt royaliste. Il se dit légitimiste, c’est-à-dire en faveur des Bourbons d’Espagne. Je commençai à rougir de colère et éclata.

 

« C’est douloureux », dis-je. 

 

Ma grand-mère me fit discrètement signe de me taire. Je gardai donc mon sang-froid et restait sur la réserve. Je lui dit que j’étais plutôt pour les Orléans et que le dernier Roi à avoir régné était Louis-Philippe 1er et que, par conséquent, il constituait la dernière dynastie régnante et était de toutes les manières un Bourbon descendant directement du frère de louis XIV qui avait lui-même régné sur la France en tant que Régent.

 

« Premier. Dernier », me fit-il, en parlant de Louis-Philippe.

 

A croire qu’il fait exprès pour nous faire parler. Il avait apporté un appareil photo énorme et plutôt réservé aux professionnels et je le soupçonnai rapidement d’être là pour faire une enquête. En effet, après des années de silence, voilà un curé « Jamain » qui débarquait dans notre vie et juste au moment où j’avais informé tant les autorités françaises que l’Eglise catholique de mon identité véritable. Je ne pus me retenir davantage face aux inepties qui sortaient de sa bouche et qui me paraissaient une trahison vis-à-vis de Dieu, de la Couronne et de la France.

 

« Alors, vous êtes orléaniste » me dit-il.

 

« Je ne suis pas un orléaniste, mon père, je suis un Orléans ! » lâchai-je, ayant perdu le contrôle de moi-même.

 

« Comment ça, vous avez des liens avec les Orléans ? » demanda-t-il à la famille.

 

« C’est biologique. Demandez à Didier, il est au courant » répondis ma tante sans vouloir dire le nom.

Puis j’expliquai au père David qu’il s’agissait du Comte de Paris.

 

« Ça tape sous le soleil » dit-il.

 

Ma famille ne me soutint pas dans mes révélations, par un peu de jalousie me semble-t-il, mais aussi par sentiment de honte vis-à-vis de l’argent perçu par mon Grand-père qui pouvait laisser entendre que nous n’avions pas réussi par nous-mêmes.

 

Ma sœur me dit souvent que je vais me prendre une balle dans la tête à continuer de communiquer. Est-elle à ce point naïve pour croire cela encore possible ?

 

Me laisser passer pour un fou ne dérangeât personne.

 

Je me sentis obligé d’envoyer le lendemain même au père David le dossier de communication complet que j’avais déjà envoyé à de nombreux destinataires plus importants que lui pour qu’il réalisât que tout ceci était bien sérieux et qu’il ne fît pas un rapport négatif sur notre état mental à son oncle. Ce dossier comprenait une note explicative, un exemplaire de mon Curriculum vitae, une série de quatrains de Nostradamus très précis, les photos de ma famille ainsi qu’une photo de feu le Comte de Paris que j’avais récupérée sur Internet.

 

Je n’avais pas encore inclus dans mes dossiers de communication la lettre que Nicolas Sarkozy m’avait envoyée un peu plus tôt, le 11 avril 2007, et dans laquelle il reconnaît ma filiation avec le Comte de Paris après des mois et des mois d’enquête au Ministère de l’Intérieur.

 

La lettre était adressée à « Pierre-Brieu HOAREAU DE BOURBON D’ORLEANS ». Ce nom figurait sur la lettre elle-même ainsi que sur l’enveloppe ayant servi à l’envoi. S’il m’appelle ainsi dans une lettre qu’il a personnellement signée, c’est que l’enquête a enfin abouti. Et favorablement. Ainsi, Nicolas Sarkozy me reconnaît-il enfin. Il disait avoir pris connaissance des problèmes d’une lettre que je lui avais envoyée plusieurs mois auparavant. En fait, il y en avait eu plusieurs, toutes envoyées à son Cabinet et à la Direction des renseignements généraux et exprimant mon vœu que ma filiation avec le Comte de Paris soit reconnue et médiatisée. Dès juin 2006, je rappelle au lecteur que j’avais alerté Emmanuelle Mignon qui travaillait avec Sarkozy à son Cabinet du Ministère de l’Intérieur. Je lui demandai de m’aider à organiser une médiation avec la famille connue du Comte de Paris. Elle me répondit « Je vais voir » dans un courriel de réponse (en annexe) comme si elle était déjà au courant. En tous les cas, cela prouve que le Cabinet de Sarkozy fut mobilisé sur cette affaire dès juin 2006. La lettre de Sarkozy de ce mois d’avril 2007 signifiait que l’enquête avait abouti à des résultats positifs et que j’étais bien de façon objective et biologique l’arrière petit fils du Comte de Paris.

 

Lorsque je fus en voyage à l’Ile Maurice un peu plus tôt, à partir du 1er mars 2007, au lendemain du cyclone Gamède qui venait de balayer l’Ile, je pris une enveloppe du prestigieux palace où je séjournais. Il s’agissait du Royal Palm, l’adresse la plus prestigieuse de l’Océan indien, où j’avais eu un tarif préférentiel en raison de mon passeport mauricien et d’une période de fréquentation moyenne. Je glissai une mèche de mes cheveux accompagnée d’un petit mot explicatif demandant un test ADN. J’avais quelques semaines plus tôt également envoyé une mèche de mes cheveux à la Direction des Renseignements Généraux ainsi qu’à plusieurs ambassades. Cette fois ci, le destinataire de l’enveloppe fut Laurent Solly du Cabinet de Sarkozy, que j’avais rencontré et que je connaissais. Il est au courant des questions liées à ma filiation dès le milieu de l’année 2006.

 

Je pense que cette mèche contribua beaucoup à l’avancement de l’enquête car elle permit certainement de rapprocher mon ADN au profil génétique des Bourbons d’Orléans, ou mieux encore. Néanmoins, je suis persuadé qu’un dossier existait déjà. En effet, l’intelligence française ne pouvait se désintéresser complètement du devenir de la fille aînée du Comte de Paris, bien qu’elle ne fût pas encore reconnue comme telle. Je suis sûr que cela ne passa pas inaperçu à l’époque et ceci d’autant plus que ma grand-mère séjourna au Maroc et fut donc en contact avec son père biologique et la famille du celui-ci.

 

Mais, peut-être, le dossier avait-il été volontairement perdu ? Peut-être était-ce Raymond Barre qui s’en était débarrassé pour le compte de mon grand-père quand il était premier Ministre, ce qui expliquait leur entretien de Matignon. Peut-être était-ce un autre. Peut-être était-ce Jacques Chirac à qui j’avais écrit plusieurs fois à ce sujet et qui ne m’avait jamais répondu ? Peut-être était-ce Dominique de Villepin ?

 

Si ça se trouvait, le dossier n’avait jamais disparu. Les responsables politiques avaient simplement été soit écartés de sa connaissance soit désintéressés par son contenu.

 

Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy me renouvelle dans son courrier ses remerciements de l’avoir informé, ce qui me laisse penser que mes révélations lui ont permis d’aller rechercher le dossier et ainsi de le sortir des oubliettes de l’Histoire pour lui redonner toute sa jeunesse et son actualité. Ou alors ma mèche de cheveux a-t-elle permis de créer un dossier qui ne l’avais jamais été ou qui avait disparu… ? Je pense que tout cela relève de ces secrets d’Etat qui ne filtrent pas et qu’il sera longtemps difficile de savoir ce qu’il en a été réellement. 

 

Nicolas Sarkozy ne fut pas le seul  ministre à prendre ma demande en considération. Madame Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, semblait également sur le coup. En effet, lorsque je repris contact avec le Ministère de l’Intérieur au début du mois de janvier 2006 par le biais de deux lettres contenant chacune un dossier complet, j’en profitai également pour envoyer un exemplaire à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE). Je reçus une réponse très floue d’un service des recrutements spécifiques, en date du 15 février 2007, alors que je n’avais pas encore demandé de travail à ce ministère, dans lequel on me précisait que mon courrier avait été transmis au service susceptible d’être intéressé par mon profil pour une « étude approfondie ». Ils qualifiaient l’objet de mon courrier de « proposition de collaboration », langage très feutré qui faisait référence aux informations que je leur avais fournies dans le cadre de ma demande de reconnaissance.

Le Ministère de la Défense avait donc également enquêté. Malheureusement, lorsque je les contactai par téléphone, deux mois plus tard, pour suivre l’évolution de ma demande, ils me précisèrent que ce type d’affaire ne pouvait faire l’objet d’un suivi et qu’ils ne pouvaient pas me dire à quel service ma demande avait été transférée. Ils rajoutèrent, qu’éventuellement, ce serait le service en question qui allait prendre directement contact avec moi.

Je les appelai à nouveau un mois après. On me répondit que le Ministère de la Défense n’était pas compétent et qu’il fallait plutôt que je recherche un certificat auprès du Ministère de l’Intérieur qui, lui, était le seul ministère habilité à traiter d’une affaire que l’on jugeait « franco-française ».

 

Il est vrai que si l’on me « promène » de ministère en ministère, je ne suis pas dupe. J’éprouve, cependant, un grand respect pour toutes les institutions de la République. Souvent, quand la France va mal, on pense à un recours royal pour la piloter. De Louis de Bourbon, descendant de Philippe V d’Espagne, petit fils de Louis XIV, qui est, pour les « légitimistes », le prétendant à Jean d’Orléans, descendant de Louis-philippe, seul héritier pour les « orléanistes », ils se prononcent que trop rarement sur notre système politique. Quant à moi, je suis du siècle, dans le siècle et n’hésite pas à contribuer à exercer mon devoir citoyen. Je vous livre donc mes commentaires sur le discours d’Epinal de Nicolas Sarkozy.

 

Comme tous les Français, j’ai beaucoup attendu l’intervention du Président Sarkozy sur l’avenir de nos institutions. Celles-ci n’ont pas réellement été au cœur de sa campagne car nous, les Français, voulons de l’action sur des thèmes concrets relatifs à notre avenir.

 

Les Français souhaitent un retour du politique dans un monde où la règle a pris le pas sur le réel. Je pense que les institutions sont une question secondaire et que l’action s’accommode très bien de tous les systèmes possibles, de l’absolutisme au parlementarisme intégral.

 

Néanmoins, Nicolas Sarkozy a eu raison de défendre, dans son discours d’Epinal, la vision d’un Etat fort grâce auquel il pourra vraiment conduire l’action qu’il a promise, tant il entend répondre à cette immense et inédite attente que les Français lui ont exprimé par leur vote.

Comme lui, je pense qu’il faut dissocier le temps du débat démocratique de l’action politique dans un souci d’efficacité. Le parlement ne doit pas pouvoir sans cesse remettre en cause le résultat issu des urnes car un mandat présidentiel, c’est avant tout un mandat pour agir.

 

Mais je ne suis pas favorable à ce que l’Etat soit le seul levier de l’action politique. Je me méfie d’un lien trop direct et trop abstrait avec les individus. Je crains un Etat qui façonne la société et cherche à monopoliser son destin au détriment des corps intermédiaires.

 

J’approuve la vision d’un Etat fort à la seule condition que celui-ci soit l’instrument d’une volonté politique. Le Président doit garder l’essentiel de ses prérogatives vis-à-vis de l’Administration pour éviter toute forme de bureaucratie qui représente un danger de paralysie, néfaste à l’avenir de la France.

 

La société française a le sentiment de ne plus maîtriser son destin car ce ne sont plus les hommes mais des règles froides et bien trop autonomes qui nous disent ce que nous devons faire. Les décisions collectives ne peuvent se prendre que sur la base d’un accord à minima car, pour obtenir l’adhésion de tous, l’on doit préférer l’inaction à la discorde. La prise de décisions étant ainsi diluée à l’extrême, personne n’en assume plus la responsabilité. Nicolas Sarkozy souhaite responsabiliser davantage la politique et je pense que cela doit passer par le retour d’une hiérarchisation clairement identifiée des rôles et une recentralisation de la prise de décisions.

 

Je regrette la systématisation du concours pour entrer dans la fonction publique car nombre de hauts fonctionnaires font de cette formalité du recrutement une source de leur légitimité pour s’opposer à la légitimité politique. Bien que Nicolas Sarkozy ait l’intention de réduire le nombre de fonctionnaires, j’espère qu’il rétablira un quota important d’emplois contractuels ou à durée limitée à tous les niveaux. Dans le domaine de la diplomatie par exemple, davantage de consuls et d’ambassadeurs doivent pouvoir être nommés à la discrétion du Président en dehors du personnel du Quai d’Orsay.

 

De façon générale, un seul homme, le Président, doit pouvoir mettre en œuvre une volonté politique claire et précise sans avoir à se soucier exagérément, comme nous venons de l’évoquer, ni de la contrainte parlementaire, ni de la contrainte bureaucratique. Mais il ne doit pas non plus, à mon sens, trop attacher d’importance à sa popularité ou à son image.

La limitation du nombre de mandats présidentiels doit justement permettre au Président de gouverner sans avoir à penser à la question de sa réélection. Je vais encore plus loin que Sarkozy en étant favorable à un seul mandat présidentiel d’une durée aussi courte que possible. En effet, celui qui veut vraiment faire du bien à la France aura suffisamment de temps en un seul mandat et pourra s’y consacrer pleinement.

 

Je souhaite un rôle limité pour le Premier ministre car, si le Président est l’homme politique par excellence, le Chef du gouvernement est avant tout un technicien. Il ne doit pas pouvoir trop facilement dire à son « employeur » qu’un projet n’est pas souhaitable. Il doit se limiter à un avis impartial sur la faisabilité technique dudit projet, assorti d’une batterie de propositions pour contourner d’éventuelles difficultés.

En revanche, il est bon que ce soit le Président qui se rende en personne devant le Parlement en assumant moralement la responsabilité de la politique du gouvernement qu’il a lui-même nommé. Il faut arrêter de faire du Premier ministre le bouc émissaire systématique des erreurs du Chef de l’Etat. Conduit à « mouiller sa chemise », un Président aura d’autant plus la volonté et la liberté d’agir conformément à lui-même et de répondre aux attentes des Français.

 

La France n’est pas seulement une idée ou une construction. Elle est une substance qui s’incarne dans une Histoire et dans des réalisations concrètes. Le Président est le dépositaire d’un héritage inestimable.

 

Je suis favorable au renforcement de la responsabilité du Chef de l’Etat en contrepartie d’une éventuelle présidentialisation du régime. Nicolas Sarkozy lui-même insiste beaucoup sur cette notion de responsabilité. En principe, plus on est responsable, plus on a de pouvoir d’agir.

Une procédure d’ « impeachment » doit, comme aux Etats-Unis, permettre la destitution par le Parlement d’un Président qui commettrait des fautes pénales graves pendant la durée de ses fonctions. Mais les conditions de sa mise en œuvre doivent être lourdes car il ne faudrait pas qu’une telle procédure devienne elle-même un facteur de paralysie qui limiterait la prise de risques. Un Président ne peut effectivement pas se contenter d’un rôle de gestionnaire passif de ce qui existe. Il doit faire évoluer la société et protéger les Français en utilisant toute la palette de moyens mis à sa disposition. Il doit être capable dans certains cas de surmonter des blocages techniques, administratifs ou juridiques, pour faire prévaloir l’intérêt du pays.

 

Nicolas Sarkozy a raison de souhaiter un régime politique stable. Toutefois, les crises sont souvent salutaires et la représentativité de la société française au Parlement aurait le mérite de renouveler plus rapidement le débat politique. Je suis favorable au maintien du scrutin majoritaire à condition d’introduire une forte dose de proportionnalité, ce que le Président avait d’ailleurs lui-même envisagé au cours de sa campagne.

En effet, si je ne suis pas favorable à une dérive bureaucratique, il n’y aucune raison que j’approuve en revanche le fait que les partis politiques s’octroient une légitimité qu’ils ne devraient pas avoir dans un contexte démocratique et qu’ils deviennent eux-mêmes un élément de paralysie à l’action présidentielle.

 

Le discours de Nicolas Sarkozy prononcé à Epinal reflète son sens des responsabilités car il reconnaît la qualité d’ensemble des institutions de la Ve République et souhaite mener son action politique dans ce cadre éprouvé.

Ce ne sont de toute façon pas les institutions mais les hommes qui font la politique et je suis sûr que le souhait du Président de redonner ses lettres de noblesse à celle-ci est sincère et qu’il sera capable de redonner à la France la fierté de son identité, de son histoire, une certaine confiance dans son avenir et un attachement de tous les jours à la vérité, sans aucun tabou.

4 – Nostradamus et le Petit Prince

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

« Il y a le temps de se taire et il y a le temps de parler »

 

 

 

 

Je ne me contentai heureusement pas de ces quelques échanges avec les ministères qui s’occupaient d’enquêter sur mon cas et décidai de poursuivre mes efforts de communication qui portaient vers les médias, les partis politiques, les associations et, même les ambassades d’Etats étrangers dont je pensais qu’ils allaient peut-être pouvoir me fournir un soutien logistique et dont j’estimai qu’ils étaient en droit de savoir une vérité de cette importance. Pour moi, mon cas était davantage qu’une affaire franco-française. Elle était éminemment internationale car elle mettait en jeu le principe fondamental et universel du droit de tout individu de jouir de son identité véritable. Je considérais que je devais informer l’ensemble du corps social.

 

Je mettais dans mes dossiers de communication tous les éléments qui me permettaient de prouver mon identité. A côté de pièces aussi matérielles et rationnelles que les photographies de ma famille, le récit de l’histoire de ma grand-mère et les mèches de mes cheveux, je décidai d’introduire un élément ésotérique parce qu’il me paraissait particulièrement décrire mon histoire et confirmer ma légitimité.

 

Ainsi, mes dossiers de communications allaient-ils également comprendre une note explicative sur des quatrains de Nostradamus. Si ces dossiers arrivaient entre les mains de gens ouverts d’esprit et qui allaient comprendre que l’ésotérisme pouvait éventuellement se soustraire à une preuve de raison en attendant que cette preuve put être fournie entièrement, alors ils allaient pouvoir être pris en compte normalement. Mais s’ils tombaient entre les mains de personnes qui méprisaient le sacré, ils risquaient de passer à la poubelle sans même avoir été étudiés. Tant pis, je pris le risque.

 

Je découvris les quatrains de Maistre Michel de Nostredame, dit Nostradamus, par hasard quelques semaines après avoir trouvé mes origines. Mais il est vrai que dans la vie il n’y a jamais de hasard. Certains disent même que c’est le nom que prend Dieu, quand il ne veut pas se faire reconnaître et appelé Providence. Ce fut un ami qui m’en avait parlé lorsque je lui fis la confidence de mon identité réelle. Il me parla du grand Monarque annoncé dès le XVIe  siècle par ce grand homme, astrologue doué de l’esprit de prophéties qui publia sous le titre de Centuries un recueil de prédictions. Ce grand Monarque, on attendait toujours et il devait, selon certaines interprétations, régner sur la France voire sur la planète. Sans doute Hitler, dans sa folie, avait-il cru qu’il était celui-là. J’avais remarqué que tous les sites Internet en parlaient comme s’il pouvait s’agir de tout le monde. D’ailleurs, il y a des milliers de fous qui voudraient bien le devenir.

 

Je lus donc les quatrains et me rendis compte que Nostradamus parlait de sang royal. De plus, il utilisait l’expression « le Norlaris » pour le désigner. Norlaris avait été analysé par les spécialistes de ces questions comme l’anagramme du mot Orléans. De plus l’un des quatrains qui s’était déjà réalisé, et qui était daté, faisait clairement référence à la mort du Comte de Paris en juillet 1999. Voici ce quatrain bien connu :

 

« L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois,
Du ciel viendra un grand Roy d’effrayeur:
Resusciter le grand Roy d’Angolmois,
Avant après Mars regner par bonheur. »

 

Il était donc évident que Nostradamus parlait du grand Monarque comme d’un descendant des Bourbons d’Orléans. Il aurait donc du sang royal. Et après de multiples recherches, je devais tomber nez à nez avec plusieurs quatrains dont les spécialistes disaient qu’ils faisaient référence à ce futur Roi du Monde. J’y trouvais avec stupeur des éléments précis qui me concernaient à n’en point douter.

 

Je ne sais pas si les prédictions de Nostradamus me promettent un quelconque destin royal. Pour le moment, j’estime surtout qu’elles sont un moyen de me légitimer en attendant que le Ministère de l’Intérieur rende mon dossier public ou qu’un test ADN soit réalisé en accord avec la famille connue du Comte de Paris, dans le cadre d’une démarche de reconnaissance à l’amiable. Je ne me vois pas du tout aller en justice pour combattre ma propre famille. De plus, les conditions de la justice sont inégales. Non seulement il faut l’accord de la famille connue du Comte pour obtenir un test ADN mais il y a également un délai de prescription de trente années qui a été confirmé par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme dans le cadre d’une affaire similaire. Ma demande risque donc de ne même pas être étudiée correctement si je choisis les voies judiciaires.

 

Pour en revenir aux fameux quatrain, le plus connu d’entre eux a retenu le plus mon attention :

 

« D’un rond, d’un lis naîstra un si grand prince

Bien tôt et tard venu dans sa province,

Saturne en Libra en exaltation

Maison de Vénus en descroissante force,

Dame en après masculin soubs l’escorse

Pour maintenir l’heureux sang de Bourbon »

 

Or, à ma naissance, j’ai bien Saturne en balance. Je suis né le sept octobre mille neuf cent quatre-vingt-deux à dix heures du matin à Saint-Denis de la Réunion, comme l’indique mon acte de naissance. Je l’ai vérifié sur plusieurs sites Internet et avec des astrologues reconnus.

Qui plus est, je suis né dans une Ile. Que peut-être justement un « rond » sinon une Ile ?

Et je suis bien né d’un « Lis » puisque ma grand-mère Colette est biologiquement une Bourbon d’Orléans et que la fleur de lys est l’emblème de la Monarchie. Si l’on rapproche « rond » et « lis », on peut lire également Ile Bourbon. Ainsi, sous l’ancien régime, s’appelle la Réunion.

 

Mais ces quelques similitudes très précises avec ma situation seraient moins fortes si elles n’étaient pas ensuite complétées par le fait qu’il s’agisse là du lieu de naissance « d’un si grand prince ». Non seulement je suis un prince puisque l’arrière petit fils aîné du Comte de Paris mais, en plus, je suis effectivement très grand car je mesure un mètre quatre-vingt quinze. Ma Grand-mère et ma mère sont quant à elles de petite taille, comme l’était lui-même le Comte de Paris.

Je dois cette grande taille non seulement à mon père qui mesure un mètre quatre-vingt deux mais également au Duc de Guise qui était le père du Comte de Paris et qui était également immense. Ma taille est d’ailleurs plus proche de celle de mon arrière arrière grand-père que celle de mon père. Je pense que le saut générationnel a été effectué entre le duc de Guise et moi-même grâce à la taille de mon père. Celle-ci a dû curieusement faciliter le retour des gênes de grande taille qui caractérisaient à l’époque les Bourbons d’Orléans. Ceux-ci s’approchaient bien souvent des deux mètres.

 

Le deuxième vers parle de ce grand prince et dit de lui qu’il finira par venir dans sa province, bien tôt et tard. Or, puisque je suis l’arrière petit fils aîné du Comte de Paris procédant de la branche aînée des Bourbons d’Orléans, je peux estimer aussi que je devrais être reconnu comme son successeur et jouir moi-même du titre de « Comte de Paris ». Ma province est donc Paris et je suis finalement bien venu dans celle-ci puisque j’ai étudié à Sciences Po de 2000 à 2005. 

Quant à la « Maison de Vénus en descroissante force », je laisse le soin aux astrologues qui liront ce livre de l’analyser. Une explication possible réside dans le fait que j’ai une conjonction de mon soleil natal avec Vénus. Or Vénus a des cycles de croissance et de décroissance fréquents et courts. Comme Vénus est chez moi très forte puisqu’en conjonction avec le Soleil, j’en déduis que ces cycles de décroissance sont également très forts. Mais encore une fois je ne suis pas astrologue et n’ai pas encore consulté sur cette question qui reste donc ouverte aux lecteurs.

 

Le quatrième vers est revanche très clair. Ce Prince a les caractères physiques suivants : Il est une « dame en après » mais « masculin soubs l’escorse ». Or je suis justement plutôt androgyne et ceci à plusieurs niveaux. D’abord, je n’ai que de tous petits poils de bébé sur la majeure partie du haut du corps. Je n’en ai pas sur les bras. Je n’en ai pas plus que pourrait en avoir une femme sur les jambes. D’autre part, je n’ai pas les muscles de ceux d’un homme et une femme me battrait facilement à la course. Enfin, ma voix est aigue et si je ne prends pas artificiellement une voix plus grave, on peut éventuellement penser que je suis une femme.

Par contre je suis bien « masculin soubs l’écorce », c’est-à-dire au-delà des apparences, car je suis attiré par le sexe opposé et aime beaucoup les femmes. Dernièrement une amie de ma sœur assez costaud  m’a reproché de manquer de virilité. Si elle sortait avec moi, elle comprendrait qu’il n’en est rien. Sans doute ce manque de masculinité apparente fait parfois penser aux femmes que je ne suis pas hétérosexuel et explique que je sois encore puceau aujourd’hui. Mais au-delà de ces apparences trompeuses, je suis bien un mâle à tous les points de vue, d’où peut-être les relations tendues que j’ai avec certaines femmes qui ne me voient pas venir.

 

Enfin, le dernier vers signifie clairement que ce grand prince est un Bourbon et qu’il perpétuera la lignée légitime des Rois de France : « Pour maintenir l’heureux sang de Bourbon ».

 

Le deuxième quatrain le plus important que j’ai remarqué, lié au grand Monarque selon les spécialistes, fait également référence au lieu de naissance et introduit en plus un élément de datation.

 

« De l’aquatique triplicité naistra,

D’un qui fera le jeudi pour sa feste :

Son bruit, loz, regne, sa puissance croistra,

Par terre et mer aux Orients tempête »

 

L’élément géographique est littéralement surprenant. Effectivement, je suis né à double titre dans ce que l’on peut qualifier de triplicité aquatique. D’abord, la Réunion est ciselée en trois cirques très majestueux et imposants par leur taille. Elle est entourée d’eau puisque c’est une île. On peut en tirer la conclusion qu’elle est bien une triplicité aquatique. Certains analystes envisagent la naissance de ce Monarque au Canada. Ils estiment que ce quatrain fait référence à trois étendues de terre entourées d’eau. Moi, j’affirme qu’il s’agit d’une naissance dans l’Océan Indien et, plus particulièrement, à la Réunion. En effet, si nous reprenons l’explication de trois étendues de terre entourées d’eau, cette définition s’applique parfaitement à l’archipel des Mascareignes dont la Réunion est l’une des trois Iles. Cet archipel se compose de l’Ile de la Réunion, de l’Ile Maurice et de l’Ile Rodrigues. Ce sont bien trois étendues de terre très proches l’une de l’autre, faisant partie d’un même ensemble géographique et historique et étant chacune entourée d’eau.

L’archipel des Mascareignes pourrait donc également être cette triplicité aquatique. Il y a comme un redoublement de cette expression. Au sens large, ce sont les trois îles de l’archipel des Mascareignes. Plus précisément, ce sont les trois cirques qui constituent la Réunion où est né le grand prince. Qui plus est, je dois ici insister sur le fait que je suis de double-nationalité franco-mauricienne. L’Ile Rodrigues faisant partie de la République de Maurice, mes deux nationalités font de moi un ressortissant national et un citoyen sur les trois îles de l’Archipel des Mascareignes. Il y a donc une union charnelle qui m’unit à ces trois îles qui, elles-mêmes, sont unies par la Géographie et l’Histoire.

 

Cet élément géographique très troublant ne serait qu’une coïncidence s’il n’était doublé par un élément de datation. Effectivement, ce personnage naît un jeudi puisque le deuxième quatrain stipule qu’il s’agit « D’un qui fera le jeudi pour sa feste ». Or qu’est-ce que le jour de fête d’une personne si ce n’est celui de son anniversaire. Je suis né un sept octobre 1982 et, dans le calendrier, ce jour correspond justement à un jeudi. 

 

Le premier vers d’un troisième quatrain fait de façon distincte référence à la situation de ma Grand-mère et, par prolongement d’elle-même, de sa famille.

 

« Les exilez deportez dans les isles,

Au changement d’un plus cruel monarque

Seront meurtris, et mis deux des scintiles,

Qui de parler ne seront estez parques. »

 

Ma grand-mère Colette avait partagé l’exil marocain du Comte de Paris lorsque, petite, elle avait séjourné auprès de la famille de celui-ci. Elle avait donc d’une certaine manière connu l’exil. Mais elle avait également connu la déportation puisque son éloignement à la Réunion l’avait sensiblement écartée de la mère patrie et du Comte de Paris, donc de toute possibilité d’effectuer des démarches pour être reconnue comme sa fille. A l’époque, la Réunion était encore très peu développée et il fallait aller chercher de l’eau à la fontaine du village. Comment qualifier sinon de déportation cet éloignement quasi contraint à des milliers de kilomètres de la France métropolitaine où tous ses ancêtres avaient vécu et où son âme avait ses racines les plus profondes ? En France, elle pouvait se confier à des amies sur son identité véritable et faire conserver un minimum de mémoire de ses racines et de son histoire personnelle. A la Réunion, on l’aurait prise pour une folle et pour une fasciste si elle avait évoqué ne serait-ce qu’une seule fois qui elle était vraiment.

Et parce que cet éloignement a achevé de déraciner ma grand-mère, il est une obligation morale et une évidence de le qualifier de déportation. Certes, cette déportation ne doit pas être comparée à celle des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Les déportations militaires vers les camps de la mort sont ce qu’il y eut de plus affreux dans l’histoire de l’Occident judéo-chrétien. Il faut comprendre qu’il y a différents degrés de déportations. Ce terme s’applique en fonction de chaque situation. Il signifie « porter hors ». Il n’implique pas nécessairement la notion de crime ou de mort. Il correspond au déplacement contraint ou calculé de personnes en dehors de l’espace géographique où elles étaient implantées depuis une durée suffisamment longue pour que cette implantation eût un caractère permanent.  Cependant, cette définition est incomplète car elle s’applique également aux déplacements de populations que ce soit pour des raisons humanitaires ou suite à des catastrophes écologiques.

Pour qu’il y ait déportation, il faut donc une condition supplémentaire. Il faut que les personnes portées à l’extérieur de l’espace géographique où elles vivaient traditionnellement le soient pour des raisons liées principalement à leur identité, qu’elle soit liée à l’ethnie ou à d’autres considérations fondées sur des critères biologiques objectifs. Or, ma grand-mère fut portée hors de la France métropolitaine de façon calculée et préméditée, avec l’acceptation d’une union un peu arrangée et acceptée selon la formule « contre mauvaise fortune, bon cœur ». Et cet éloignement fut fondé sur un critère identitaire objectif, à savoir le fait que son sang était d’origine royale. Son identité véritable était une gêne pour un certain nombre de personnes qui avaient estimé qu’il fallait en effacer la mémoire. Cet effacement devait passer par la suppression même de la présence du corps biologique de Colette sur le territoire hexagonal.

 

Si heureusement le terrifiant projet du funeste Adolf Hitler de déporter les Juifs à Madagascar n’a pas pu être mis en œuvre, on peut dire qu’il a néanmoins été réalisé s’agissant de ma grand-mère. Or, ma grand-mère, et c’est ici un élément important, est également juive puisque sa mère, Julia Georgette Videau, l’était et que la judaïté se transmet par la mère. Je considère donc que ma grand-mère a bien été déportée dans les Iles non seulement parce qu’elle avait du sang royal mais aussi parce qu’il restait de l’antisémitisme au sortir de la guerre, notamment au sein de la noblesse. Certaines personnes n’ont certainement pas pu accepter que le sang royal soit uni, à travers ma grand-mère, au sang juif.

Cela est d’autant plus une absurdité que Jésus lui-même était juif et que les Rois de France descendent à n’en point douter de Jésus, que ce soit par l’Esprit puisqu’ils sont de droits divins ou par le sang puisque l’hypothèse qu’ils descendent de Jésus par une fille qu’il aurait eu, Sarah, a été émise par certains historiens sérieux. Cette dernière piste, même si elle reste à vérifier, ne doit pas être écartée sans étude approfondie. De nombreux milieux en ont cultivé le pseudo secret et il a fallu attendre le « Da Vinci Code » de Dan Brown pour que le public en soit enfin informé.

Je suis vraiment très déçu de l’attitude de Benoît XVI, pour lequel j’ai par ailleurs le plus profond respect, de sortir un livre sur Jésus de Nazareth qui s’acharne à démentir catégoriquement l’existence d’un lien entre les Rois de France, dont les Bourbon d’Orléans également, et Jésus Christ. Il aurait dû rester impartial car il est humain et n’a pas vécu il y a deux mille ans pour pouvoir affirmer avec autant de force qu’il a la vérité, la seule et l’unique. Il aurait dû accepter d’étudier sérieusement toutes les possibilités.  Je vous rappelle que c’est un Pape qui ordonna en 1307 l’arrestation des Templiers qui allaient être ensuite supprimés. Or, ceux-ci gardaient le secret des origines de la monarchie française et européenne. C’est depuis cet acte odieux que la vérité s’est perdue. Les historiens ont mis en exergue les raisons pour lesquelles les Templiers avaient été tués. Il était évident qu’une forme d’antisémitisme s’empara alors du monde ecclésial et même du Roi de France qui voulut effacer les preuves de ses liens de sang avec Jésus qui avait du sang juif. Ce fut là la plus grosse erreur de l’Histoire car elle allait conduire à la division du monde judéo-chrétien et aux vagues d’antisémitisme meurtrier. Je suis soulagé que l’on essaye aujourd’hui de ressouder les civilisations chrétiennes et juives dont le destin est, en raison de l’histoire et des liens de sang avec la noblesse, inséparable.

 

La dernière partie du quatrain, « mis deux des scintilles, Qui de parler ne seront estez parques » nous dit, à mon avis, que un ou deux membres de ma famille seront visés prioritairement par les médias lorsque ceux-ci auront décidé de médiatiser mes origines. Il s’agirait de celui ou ceux qui parlent.

Or, la majorité de ma famille a peur des conséquences de la médiatisation de nos origines même si elle souhaiterait au fond d’elle-même que cette médiatisation ait lieu si elle avait la garantie que cela ne nuirait ni à sa sécurité ni à ses fréquentations. Je veux les rassurer et leur dire que jouir de sa véritable identité est un droit de l’homme et une valeur fondamentale et qu’en aucune manière cela ne peut leur nuire. Bien au contraire. Personne ne va les assassiner. Pour quoi faire ? La guerre froide est terminée.

En fait, mes oncles savent également que ma mère est née d’une première union et qu’ils ne sont pas les Héritiers directs par l’aînesse du Comte de Paris. Ils sont donc moins intéressés que les deux ou trois autres personnes qui parlent franchement aux autres de notre identité, moi et tantôt ma sœur Aude-Emmanuelle tantôt, mais beaucoup moins, ma tante Françoise. Néanmoins, celles-ci alternent à souhait révélations et reniements. Ma sœur est celle qui s’intéresse le plus à ça car, bien qu’elle ait peur et soit un peu jalouse de moi comme tous les frères et soeurs, c’est elle qui m’avais mis sur la voie de l’identité exacte de mon arrière Grand-père. Ma tante veut sauvegarder ses relations mondaines et pratique le reniement pour éviter de passer pour une folle. Elle dit juste qu’elle a des origines nobles mais refuse de dire vraiment de qui il s’agit, ce qui me semble encore plus fou.

Personne ne pense qu’une médiatisation et une reconnaissance sont possibles. Peut être cela a-t-il déjà été tenté dans la jeunesse de ma Grand-mère ? Mais nous avons changé d’époque. Tout devient possible…

 

« Je t’interdis d’en parler. L’on va être la risée de toute la Réunion » me dit souvent ma tante, un peu naïvement.

Moi, je préfère passer pour un fou dans le vrai qu’être raisonnable dans le faux.

 

Ma tante Françoise parle d’autant plus facilement à ses amis de ses origines aristocrates qu’elle a été très souvent traitée de snobe dans sa vie. Elle reste aujourd’hui très amer du fait que les fréquentations aristocrates de sa jeunesse bordelaise ont toujours refusé de l’inviter à leurs soirées sous prétexte qu’elle avait un nom qu’ils jugeaient trop simple.  Cependant, ma tante a déjà tout ce qu’elle veut et je ne pense pas qu’elle soit aussi tourmentée que moi par la question de ses origines, bien qu’elle m’ait néanmoins confié récemment une certaine souffrance face à cette situation. Absorbée par son travail, elle n’a pas non plus le temps de conduire le combat de la reconnaissance pour lequel je suis le seul à m’être totalement engagé.

 

« J’ai contacté le secrétariat de Valérie Expert à la chaîne LCI mais n’ai pas été rappelée » me dit-elle récemment.

Je ne lui dis pas que j’avais moi-même envoyé tout un dossier complet et certainement plus convainquant à la même présentatrice car celle-ci ne m’avait pas non plus répondu. Valérie Expert avait, par un jeu d’alliances, des liens avec la famille de Franck Jamain et il était naturel que nous cherchions à obtenir son aide. Ce n’était cependant peut être pas la meilleure idée car notre revendication de filiation avec le Comte de Paris supposait de remettre en question l’acte de reconnaissance de Jamain.

 

Mon engagement à défendre mon identité véritable est très fortement conforté depuis que j’ai reçu la lettre de Nicolas Sarkozy qui me reconnaît comme un Bourbon d’Orléans et me promet de résoudre les questions de la reconnaissance et de la médiatisation de cette identité.

 

D’autres quatrains de Nostradamus ont également sensiblement éveillé ma curiosité. Ce ne sont pas des quatrains décrivant une situation d’ensemble comme les précédents dont je viens de discuter. Ceux-là se rapportent à des faits ponctuels qui ont réellement caractérisé les deux années écoulées depuis la fin de mes études parisiennes.

 

Le premier décrit mon départ tumultueux de la France dans les semaines qui suivirent mon échec au concours de l’Ecole Nationale d’Administration.

Blessé par ce rêve brisé de devenir un jour énarque pour entrer in fine dans la diplomatie et devenir Ambassadeur de France, je décidai de tout lâcher. En quelque sorte, je voulus faire table rase du présent et construire quelque chose de nouveau dans un pays différent et plus dynamique où, pensai-je, mes talents seraient davantage reconnus qu’ils ne l’avaient été par le circuit pseudo anonyme et froid des concours. Le soir même des résultats qui furent affichés sur Internet, je décidai d’écrire un courriel de rage à Bernard Venzo, Emmanuelle Mignon et quelques autres destinataires dans lequel j’exprimai toute ma déception du système. Je parlai de la situation sociale dégradée qui était sans équivalent dans l’histoire de notre pays.

 

Le lendemain même de ce courriel, les propos de Sarkozy sur la racaille provoquaient le début de la révélation de cette situation sociale dont je venais de parler. J’avais donc vu juste. Je dis également dans mon email que j’allais veiller à ce que les énarques ne fissent pas trop de mal à mon île. Quelques mois après, alors que je me trouvais en Australie, l’économie réunionnaise était paralysée par l’épidémie de Chikungunya qui allait contaminer les deux tiers de la population et provoquer l’effondrement de l’industrie du tourisme. La faute en revenait clairement aux technocrates qui n’avaient pas voulu ouvrir leurs yeux sur la menace de cette épidémie et n’avaient pris aucune mesure préventive pour tenter de l’enrayer. La non intervention des pouvoirs publics relevait de querelles liées à l’organisation des services sanitaires. La métropole refusait d’intervenir sous prétexte que la compétence avait été décentralisée. La Réunion n’avait pas encore eu les moyens de s’organiser correctement.

J’estime donc aujourd’hui que la catastrophe survenue, et qui a fait du bruit à l’Assemblée nationale, est de la responsabilité des énarques technocrates avec leur éternel renoncement à assumer leurs responsabilité et à invoquer, pour se dédouaner, des transferts de compétences liées à des textes mais n’ayant aucune réalité sur le terrain. Je les accuse d’avoir manqué d’efficacité par amour de la règle au lieu de celui de l’étude de la situation concrète sur le terrain. Entre les règles et la réalité, il y a en effet tout un monde qu’on ne peut se permettre de négliger quand on est responsable de la gestion des affaires publiques.

Je viens de faire une grande digression. Mais il était important de souligner que la colère qui était la mienne lorsque je rédigeai cet email eut le mérite de me permettre d’exprimer une vision vraie de la situation de notre pays.

 

Ce qui dans cet email concernait davantage Nostradamus est le fait que j’y affirmai que je n’allais jamais revenir en France métropolitaine. Je répétai le mot « jamais » deux fois à la suite. Cette affirmation, associée au parcours géographique qui fut le mien depuis mon départ de l’Europe et au fait que je ne redonnai à Bernard Venzo et Emmanuelle Mignon de mes nouvelles qu’une fois installé en Australie recoupait parfaitement le quatrain suivant : 

 

« Tant attendu ne reviendra jamais

Dedans l’Europe en Asie apparoistra :

Un de la ligue yssu du grand Hermès

Et sur tous Roys des Orients croistra »

 

J’ai, effectivement et comme l’indique ce quatrain, promis de ne jamais revenir en France mais seulement en France métropolitaine, ce qui revient à dire que j’ai promis de ne pas revenir à l’intérieur de l’Europe géographique. Cependant, ce fut une chose dite sous le coup de la colère et mon objectif est bien évidemment d’y retourner à présent. Je suis bien réapparu en Asie puisque l’Australie est désormais bien souvent associée à l’Australasie du fait non seulement qu’elle se trouve dans le prolongement du Continent asiatique mais qu’elle assume aussi sa part d’identité asiatique récemment acquise avec des populations d’origine asiatique représentant dans certaines villes près de la moitié des habitants.

L’Australie est sans conteste devenue l’Asie de l’extrême Sud. Que l’on s’en félicite ou pas, c’est un fait avéré et qui semble difficilement réversible étant donné la répartition de taux de natalité qui sont beaucoup plus élevés chez les derniers migrants que chez les Australiens dont les grands-parents sont nés dans le pays. Je n’ai redonné de nouvelles aux destinataires de mon email que quelques semaines après mon arrivée à Perth.

 

Le troisième vers évoque un lien de filiation assez mystérieux de la personne concernée par tous ces déplacements. C’est une personne qui est apparemment issue d’une lignée. Le prénom Hermès, ici usité, commence curieusement par la même lettre que celui du Comte de Paris, Henri.

 

Mais tous ces vers qui correspondent bien à mon Histoire seraient très vagues si le dernier d’entre eux ne s’était pas également réalisé. Je vous ai déjà parlé dans ce livre de l’épisode qui m’a malheureusement fait rater le vol qui devait me ramener définitivement de Perth à l’Ile Maurice puis à la Réunion. Avec une dépense supplémentaire de mille euros, je pus finalement regagner ces îles mais en faisant au préalable une escale d’une journée à Dubaï que je visitai. Or Dubaï est la ville principale des Emirats Arabes Unis qui sont administrés chacun par un Roi.

Pour rejoindre Dubaï, il fallut que l’avion se dirige vers le Nord-ouest, donc dans un mouvement de croissance puisque le Nord est assimilé communément à la hauteur tandis que le Sud représente le bas. Le dernier vers du quatrain « Et sur tous Roys des Orients croistra » se concrétisa donc bel et bien. 

 

Un autre quatrain allait commencer à se réaliser peu après mon retour à la Réunion. Il eut trait à la découverte de mes origines, révélant bien que le futur grand Monarque devait être dans un processus de recherche et de découverte de ses origines. Ma mère ne m’avait pas dit de qui il s’agissait lorsqu’elle m’apprit pour la première fois à l’automne 2005 à Lyon que mon arrière Grand-père biologique était un Comte. Je n’appris que c’était le Comte de Paris qu’une fois rentré à la Réunion et après de longues semaines de recherches intensives et de questionnements à ma famille. Le quatrain qui fait très bien référence à cette situation est le suivant :

 

« Roy exposé parfaira l’hécatombe

Après avoir trouvé son origine,

Torrent ouvrir de marbre et plomb la tombe

D’un grand romain d’enseigne Médusine »

 

Je me souvins alors la première fois que je vis ce quatrain que, lorsque ma famille m’apprit et confirma l’identité de mon arrière Grand-père, le lendemain même, les chars israéliens étaient positionnés à la limite de la bande gaza en menaçant d’intervenir très fort si le soldat Shalit, qui venait d’être enlevé, n’était pas libéré immédiatement. Très peu de jours après, une nouvelle guerre entre Israël et le Liban s’enclencha.

 

J’étais plutôt solidaire d’Israël car je considérais que le pays avait le droit de se défendre contre le lancement de roquettes sur son territoire. Le gouvernement libanais avait laissé s’installer les forces du Hezbollah dans le sud du pays et était quelque part complice de la situation. Bien sûr, je pensais également à la détresse des populations libanaises. Mais ce n’était pas Israël qui avait attaqué en premier.

L’Etat hébreu ne peut pas toujours tout accepter sous prétexte que ce sont des groupes terroristes incontrôlables qui en sont responsables. Il faut également mettre les gouvernements arabes face à leurs responsabilités pour qu’ils mettent fin au terrorisme et apportent les conditions d’une paix avec un Israël accepté et reconnu.

 

Le troisième vers du quatrain me laisse penser qu’il décrit justement cette guerre au Liban. Un « torrent » de « plomb » peut très bien faire référence à tous les missiles et roquettes envoyés de part et d’autre de façon intensive et meurtrière. Le marbre peut se rapporter au Liban qui a été, avant la guerre civile, un pays d’une richesse et d’un raffinement rares et où le marbre a été très présent dans les constructions et décorations intérieures. Ce marbre existe encore aujourd’hui bien que beaucoup de belles choses aient été détruites.

 

Plusieurs éléments du troisième vers ainsi que le quatrième vers restaient pour moi très mystérieux au moment où je connus ce quatrain. Ce n’allait être que plusieurs mois plus tard, le sept mai 2007, que la réalisation du quatrain allait s’achever en ma faveur. Le huit mai 2007, je restai chez moi toute la journée, collé à mon poste de télévision. L’idée me vint de regarder la BBC. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant l’un des titres de l’actualité. La chaîne britannique annonça que la tombe du Roi Hérode venait d’être découverte la veille dans les territoires dits occupés.

Je fis immédiatement le rapprochement avec le quatrain qui faisait référence à l’ouverture de la tombe d’un « grand romain d’enseigne Médusine ». Hérode était justement ce qu’il pouvait y avoir de plus Romain car il avait été longtemps en fonctions à Rome dans le cadre de sa carrière et avait dirigé plusieurs provinces de l’Empire, notamment la Syrie. Ce furent encore les Romains qui l’avaient placé sur le trône d’Israël. Hérode n’était pas seulement l’instrument de la volonté de Rome. Il était également surnommé Hérode le Grand. Or, le quatrain fait clairement mention d’un « grand romain ». L’ « enseigne Médusine » se rapporte certainement à sa sévérité et à la monstruosité de son pouvoir à l’époque du Christ.

  

Ainsi cet énième quatrain venait de se réaliser et je commençai sérieusement à penser que Nostradamus était résolument de mon côté pour la quête de ma reconnaissance et, qu’en tous les cas, j’avais intérêt à ne pas négliger de m’appuyer sur ses quatrains.

J’en parlai un jour à un homme d’Eglise réunionnais qui avait une belle position à l’évêché de la Réunion mais celui-ci me mit presque à la porte sans prendre le soin de les étudier.

Cette attitude impulsive est très choquante chez des membres d’une Eglise qui se dit humaine jusqu’à rejeter le sang royal mais est incapable d’ouvrir son cœur à celui qui a besoin d’aides et de conseils. L’Eglise n’est pas un endroit où l’on doit chercher à faire carrière. Elle est avant tout la Maison de Dieu et doit elle-même être à la hauteur du Christ dans ses actions quotidiennes et sa manière d’être avec les fidèles. Le Pape insiste beaucoup sur les principes moraux. J’attendais sincèrement autre chose de Benoît XVI. Je souhaitais qu’il redynamisât l’Eglise et favorisât le rapprochement indispensable entre les religions judéo-chrétiennes. Il semble qu’il ait décidé de s’enfermer dans une lutte de défense de quelques principes moraux absurdes et qui sont des détails par rapport aux enjeux modernes, tels, pour n’en citer que quelques uns, l’explosion démographique et le réchauffement climatique. Benoît XVI aurait dû donner une autre dimension à l’Eglise plutôt que perdre son temps à rédiger un livre ridicule sur Jésus où il essaye de faire avaler que celui-ci n’a jamais eu de rapports sexuels et de descendance.

Comment Dieu pourrait-il être hostile aux rapports sexuels alors que c’est lui qui les a crées ! A une époque pas si lointaine, avant l’apparition de la syphilis, les papes et les évêques étaient à Rome les plus grands organisateurs d’orgies de tous les temps. Les Rois de France ont également toujours aimé les femmes. Comment peut-on exercer des responsabilités au niveau de celui d’un pape et interdire aux jeunes de porter le préservatif au risque que ceux-ci contractent le virus du Sida !

Le curé David, ce fameux neveu par alliance de Didier Jamain dont je vous ai déjà entretenu, discuta avec moi lors de sa visite des idées de Philippe de Villiers. Ce dernier est un homme politique modéré et porteur en même temps de valeurs morales exigeantes. Le curé semblait l’apprécier mais regrettait chez lui son comportement dans le domaine sexuel. Il m’expliqua que c’était très important. Bientôt je compris que le curé n’avait ce jour-là que ça en tête. Comment peut-on réduire la vie sociale aux simples valeurs morales qui régissent la sphère sexuelle ? Il faut que cette inquisition absurde cesse définitivement et que l’Eglise se tourne vers les grands défis des temps présents. Obsédée par le rigorisme moral, l’Eglise s’est complètement déresponsabilisée. Elle n’intervient plus comme elle le devrait. Elle ne joue plus son rôle de guide spirituel pour la société.

A cet égard, le voyage récent du Pape au Brésil a été déplorable, à tous les points de vues. Les médias n’ont retenu de ce déplacement que les injonctions morales du Saint Père dans le domaine, pour ne pas changer, de la sexualité des jeunes. Mais comment peut-il recommander aux jeunes filles de ne pas avorter dans un pays surpeuplé qui a un besoin vital de stabiliser sa croissance démographique ? Mais comment peut-il interdire le port du préservatif dans un pays où le Sida est loin d’être absent et où les jeunes ont besoin qu’on leur rappelle sans cesse de se protéger ? Qu’avez-vous fait votre Sainteté ? Qu’avez-vous dit à la jeunesse brésilienne ? Ne vous étonnez donc pas, après cela, qu’elle se détourne de l’Eglise catholique et rejoigne les nouvelles Eglises évangélistes qui non seulement apportent des solutions concrètes à ses problèmes mais, également, réintroduisent dans la vie religieuse une dimension sacrée qui est le nœud de la religion. L’Eglise ne s’est pas faite toute seule. C’est grâce aux miracles que Dieu a fait qu’elle s’est elle-même développée. Si elle s’obstine à rejeter ces miracles ou à rejeter les textes ésotériques importants, tel celui de Nostradamus, ou encore à rejeter le sang royal qui coule dans mes veines, alors elle s’expose à voire son influence se réduire comme peau de chagrin et, à terme, son existence même est menacée.

Si le Vatican continue de se détourner de Dieu pour se paganiser sans cesse, il risque de perdre toute légitimité. En tous les cas, tant que je serai vivant, je ne laisserai personne s’approprier le message divin à mauvais escient et de façon monopolistique et bureaucratique ! Je crois dans l’unité judéo-chrétienne et je demande à l’Eglise d’évoluer car elle a un grand rôle à jouer dans l’Histoire immédiate de notre monde.

Il faut aussi que l’Eglise accepte de me rendre mon identité sans attendre que celle-ci me soit rendue par la France. C’est une obligation qu’elle a de protéger le sang royal sans lequel elle ne peut durablement prétendre à la sacralité. C’est Jésus qui a donné à Saint Pierre les clés de l’Eglise, non l’inverse !

 

D’autres quatrains de Nostradamus ne manquent pas non plus de liens avec ma situation. Mais le but du livre n’est pas de les évoquer tous. Je me contenterai ici d’en avoir évoqué les principaux de façon détaillée et passerai plus rapidement en revue d’autres qui sont moins complets mais renferment néanmoins quelques indices.

 

L’un d’entre eux fait mention d’un grand Monarque autour duquel des « enfants Narbon » sont présents :

 

« Le grand monarque que fera compagnie

Avec deux Roys unis par amitié :

O quel souspir fera la grand mesgnie,

Enfants Narbon à l’entour quel pitié »

 

Or, mes cousins sont, par leur grand-mère maternelle, des Motais de Narbonne. Cet indice est d’une précision vraiment troublante et renforce encore un peu plus la dimension probatoire des prophéties de Nostradamus quant à mon identité.

 

Un autre quatrain introduit une description physique qui me correspond bien :

 

« Entre plusieurs aux isles deportez,

L’un être nay à deux dents en la gorge

Mourront de faim les arbres ébroutez

Pour eux neuf Roy nouvel edict leur forge. »

 

Ce quatrain reprend le thème de la déportation dans les îles, faisant ainsi allusion au sort de ma famille. Il parle d’un qui est né à deux dents en la gorge. Or, j’ai une occlusion dentaire qui fait que mes dents de la mâchoire inférieure sont pas mal décalées vers l’arrière à l’intérieur de celle-ci.

On dit souvent que les organes des familles royales sont parfois mal formés du fait des mariages de sang quasi incestueux qui furent consacrés entre familles royales européennes. Je n’ai qu’un ou deux petits défauts de la sorte et je récuse l’idée selon laquelle ce serait des dégénérescences. Si j’ai quelques tares, somme toute très mineures, j’ai, quand même intégrer Sciences Po. Alors, je remercie mille fois le Très Haut de m’avoir conçu comme je suis. Je suis ce que je suis. D’autre part, ces tares peuvent disparaître pour les générations suivantes à condition de rejeter les mariages impliquant une trop forte proximité génétique.

 

Les « deux dents en la gorge » peuvent également évoquer cette habitude que j’ai de parler avec ma gorge au lieu de bien articuler au niveau de ma bouche. Ma tante Françoise me corrige souvent à cet égard. Grâce à elle, j’arrive à faire des efforts pour parler joliment. Mais, quand je viens à m’énerver, ma gorge s’empare alors des reines du pouvoir et n’en fait qu’à sa tête. Cela me donne une certaine autorité car ma voix porte alors très loin.

 

Un autre quatrain que je ne détaillerai pas dans ce livre fait référence à « Sardon, Mauris »  qui sonne possiblement « Réunion, Maurice ». Un autre parle d’une personne, d’un « de Vergès ». Or, Vergès est le nom du Président du Conseil régional de la Réunion avec lequel j’ai fait deux stages et de son frère maître Vergès à qui j’ai écrit pour obtenir son aide pour ma reconnaissance mais qui ne pas répondu. Dans les prophéties de Nostradamus, j’ai pu également lire qu’un personnage a de longues mains. Or, il se trouve que j’ai justement de très longues mains.

 

Un quatrain vraiment troublant comporte également une partie de mon prénom, Pierre-Brieu :

 

« Par les Phisiques le grand Roy délaissé,

Par sort non art de l’Ebrieu est en vie,

Lui est son genre au regne haut poussé,

Grace donnée à gent qui Chrits envie. »

 

Le mot Ebrieu est le condensé de la dernière lettre de Pierre et du prénom Brieu. Ce dernier est d’ailleurs mis en exergue par le fait que « brieu » est en lettres minuscules tandis que la lettre « E » se démarque par le fait qu’elle est écrite sous la forme d’une majuscule.

5-Les signes le confirment

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

5

 

DES SIGNES LE CONFIRMENT

 

« Les sciences, dites occultes, occupent depuis toujours l’attention des hommes de désir, afin de percer les mystères de la vie et de la Nature »

 

 

 

 

 

A côté de Nostradamus, d’autres épisodes, que je qualifie de mystiques, sont venus me donner raison au cours des derniers mois.

J’écrivis à Bernard Venzo et Emmanuelle Mignon un email vers le début du mois de février 2007 dans lequel je leur exprimai ma déception de ne pas avoir été gardé au Crédit agricole. Je leur dis que, déçu, j’avais averti les Réunionnais de destructions.

Bien entendu, je dis cela sous le coup de la colère mais je ne m’imaginais pas que les évènements me donneraient raison et que la Réunion allait être frappée de tous côtés par une série de manifestations naturelles qui l’ont mise pendant plusieurs semaines au cœur de l’actualité en métropole.

 

Il y eut d’abord le cyclone Gamède qui passa deux fois sur l’île et provoqua l’effondrement d’un pont de cinq cent mètres et d’une plateforme scientifique d’étude des fonds marins qui avait coûté plusieurs millions d’euros et dont les conteneurs faisaient penser à une sépulture marine. Un quatrain de Nostradamus faisait d’ailleurs possiblement référence à cet épisode :

 

« Un peu devant que le Soleil s’absconse,

Conflict donné, grand peuple dubiteux,

Prosligez, port marin ne fait response,

Pont& sepulture en deux etrange lieu »

 

Il y eut après ce cyclone et ses quelques dégâts, l’éruption impressionnante du Piton de la Fournaise. Il connut alors, pendant toute la durée de la semaine sainte d’avril 2007, sa plus forte activité de mémoire d’homme. Le vendredi saint, la majeure partie du cratère principal s’effondra sur elle-même laissant un trou béant de trois cent mètres de profondeur. Ce fut là du jamais vu. Les chaînes françaises décrirent un spectacle apocalyptique. Les geysers de laves atteignaient une hauteur spectaculaire. En mer, des milliers de poissons trouvèrent la mort. Certaines espèces inconnues venues des profondeurs remontèrent à la surface pour la première fois.

 

Alors que j’avais annoncé des destructions, voilà que non seulement il y eut le cyclone mais également l’éruption du siècle et, cela, pas à n’importe quel moment. Le fait qu’elle eut lieu pendant la semaine sainte et que le volcan s’effondra le vendredi saint aurait dû être remarqué. Mais de même que l’épisode de la découverte de la tombe du Roi Hérode passa à la trappe en France, celui du volcan n’avait pas été décrit comme un miracle ni par l’Eglise que j’avais pourtant alertée ni par les médias, bien que ces derniers lui reconnaissaient une dimension apocalyptique. C’était comme si la Presse, que j’avais pourtant largement informée, s’était entendue avec mes détracteurs pour éviter tant qu’elle pouvait d’apporter de l’eau à mon moulin. Allaient-ils tous à ce point défier la vérité ? Dieu ne s’efforçait-il pourtant pas de me donner raison par toutes ces manifestations ?

La France s’en moquait apparemment et ne voulut pas reconnaître ces miracles que je n’avais pourtant pas manqué de mettre en valeur dans mes différents emails. Le sacré était banni du pays jusque dans ses manifestations miraculeuses. Si Dieu apparaissait demain dans le ciel de Paris, j’ai bien peur que, le lendemain, tout le monde fasse comme si il ne s’était rien passé !

 

Le dernier épisode en date de toutes ces destructions fut, pour couronner le tout, la vague géante qui causa de gros dégâts sur les côtes Ouest de la Réunion dans la soirée du samedi 19 mai 2007 dans le cadre d’une très forte houle venue de l’atlantique. Les clients des restaurants du front de mer avaient dû s’enfuir en courant sans même payer l’addition. De nombreux bateaux furent endommagés ainsi que certaines habitations à proximité du rivage. Cet épisode fut médiatisé en métropole comme n’ayant jamais été encore constaté à telle ampleur.

Après la vague géante, les vagues de moindre intensité atteignaient néanmoins jusqu’à dix mètres de hauteur en moyenne. Une deuxième vague géante toucha également le surlendemain les Iles Maurice et Rodrigues.

 

Tous ces cataclysmes avaient eu lieu à si peu d’intervalle et étaient tous considérés comme exceptionnels. Ayant annoncé des destructions pour la Réunion, je ne pouvais m’empêcher de penser que j’avais vu juste sans même le savoir. Dieu m’avait donné raison pour que mes destinataires puissent d’une part avoir la preuve céleste des propos que je leur avais tenus sur mes origines et, d’autre part, pour que je ne sois pas désavoué sur ce que j’avais annoncé. De fait, grâce à ces manifestations naturelles, j’avais mes destructions et évitai ainsi de paraître ridicule. L’idée selon laquelle j’avais un destin et que Dieu m’offrait lui-même son appui commençai à germer dans ma tête. Malheureusement, cette volonté divine n’était pas relayée par les hommes. Avais-je mal ou pas assez communiqué ? Je pensais à tous ces gens à qui j’avais écrit et essayais de me mettre à leur place. Que pouvaient-ils penser de tout cela ?

Beaucoup doivent certainement être énervés, jaloux, agassé. Certains, qui n’y comprennent rien, pensent même que je suis un peu timbré.

Pourtant, les choses se sont passées après que je les ai annoncées. D’autre part, les quatrains de Nostradamus que j’ai analysés l’ont été sur des données totalement objectives. D’autre part, c’est la coïncidence parfaite entre ces données objectives et les prophéties relatives au grand Monarque qui  me donne raison. Je n’ai fait qu’analyser des faits et rien d’autre que des faits. Dans mon cas, la raison scientifique confirme les propos mystiques tenus par d’autres que moi. Ma démarche est une démarche saine qui s’est appuyée sur des éléments concrets que ce soient les évènements tels que décrits par les médias ou les textes ésotériques ici mentionnés. Mon rôle n’a été au fond que de lire les prophéties de Nostradamus à la lumière des faits. Mon travail est donc digne de celui d’un scientifique et il est marqué, me semble-il, d’une assez grande rigueur.

 

- « Que va-t-il se passer ? » me dit ma mère.

- « Ce qui est écrit. » 

 

« Le livre que j’écris sur notre vie est un hommage à la vérité. Celle-ci est bonne à dire et, aussi, à entendre. Ce qui n’est pas légitime, c’est le mensonge. Un secret peut être conservé mais seulement dans l’intention de le protéger. Quand l’on garde le silence pour anéantir l’histoire vraie, l’on se rend alors coupable du plus grand pêché qui puisse exister. Ce pêché est plus grave que l’adultère, plus grave que l’avarice. C’est un acte barbare contre l’humanité car celle-ci se définit par son histoire étant donné qu’elle est en perpétuel mouvement. Vois-tu maman, cette vérité que je vais divulguer, elle ne nous appartient pas, elle ne nous appartient plus. Elle appartient aux Français. Nous ne nous appartenons que dans la limite des dettes que nous avons vis-à-vis de notre passé. Accepter de rester dans l’anonymat, c’est un crime contre le sang royal dont nous sommes dépositaires. Ce sang ne nous appartient pas. Il appartient à Dieu et à l’Histoire. Nous avons des droits mais, surtout, nous avons aussi des devoirs. Il est un devoir que nous rendions à la France la vérité nous concernant non comme individus mais comme héritiers d’une longue histoire partagée. Nous devons le faire dans le respect de la République qui nous offre cette possibilité parce qu’elle a su garder les valeurs profondément généreuses qui ont toujours été portées par nos ancêtres.

La France est une synthèse et cela signifie que chacun a sa place, que l’histoire est considérée comme une richesse. Le sang royal a une dimension sacrée importante. La République le sait et a désormais l’ambition, par la voix de Nicolas Sarkozy, de protéger la lignée à laquelle nous appartenons non pour revenir à la monarchie mais pour respecter l’histoire et la diversité des croyances.

Cette synthèse républicaine, nous ne la trahirons pas car elle est une chance pour nous de faire enfin reconnaître qui nous sommes et d’exprimer aux Français l’amour débordant que nous ressentons à leur endroit » dis-je à ma mère.

 

- « Tu devrais faire de la politique étant donné la majesté de tes discours » me dit ma mère.

- « Oui, peut-être. Mais, sais-tu, il y a mille façons de participer au succès d’une société. Ma place est-elle dans un jeu politique qui, souvent divise alors que, moi, je souhaite que les Français s’unissent pour faire face aux terribles défis du siècle naissant ? Je me réjouis que les leaders politiques élus s’affranchissent de plus en plus de leur étiquette politique pour s’adresser à l’ensemble des Français. Le gouvernement d’ouverture formé par Nicolas Sarkozy, comme la création du Mouvement démocrate de François Bayrou, sont des signes très positifs d’un changement d’époque et de mentalités. »

 

Je n’avais pas l’habitude de discuter souvent avec ma mère de sujets très profonds. Nos relations étaient d’ordinaire davantage terre à terre. Ces échanges d’idées, je les tenais habituellement avec des étrangers. Mais toutes les personnes ne sont pas ouvertes à ce type de débat. Il m’arriva donc bien souvent de tomber sur des individus qui ne me comprenaient pas et racontaient ensuite publiquement que je disais des bêtises et qu’ils avaient honte de moi. Le premier d’entre eux était mon grand-père Lucien qui aimait les sujets concrets et déjà balisés. Il était chirurgien-dentiste de profession et estimait que sa science était la plus parfaite. Il méprisait les études de philosophie que ma sœur poursuivait. Il était davantage admiratif de mon parcours à Sciences Po qui lui semblait prestigieux bien qu’il dît sans cesse pour m’agacer que tout le monde entrait désormais à Sciences Po. Il avait donc tendance à me casser en relativisant la qualité des études que je poursuivais.

Moi, je n’avais pas eu l’argent du Comte mais j’avais eu son sang par l’aînesse et avait été capable de le démontrer d’une manière honorable. En faisant Sciences Po, j’avais aussi bien fait que l’un de ses fils qui se dit aujourd’hui Comte de Paris et Duc de France alors, qu’en vertu du droit d’aînesse, c’est moi qui aie normalement droit à ce titre. J’avais réussi Sciences Po par mes efforts. J’avais réellement beaucoup travaillé. Même si j’étais reconnu demain, j’aurais avant cela pu prouver que j’étais capable de m’en sortir par mes propres moyens comme n’importe quel citoyen.

 

Mon père n’aimait pas non plus les discussions philosophiques que nous avions parfois lorsque ses responsabilités le conduisaient à se rendre à Paris et qu’il en profitait pour déjeuner ou dîner avec moi.

Il est assez terre à terre également. Cependant, il est très ouvert d’esprit quant aux choix de vie que ses enfants décident. Il a toujours soutenu nos études et nos projets. Lorsque ma sœur fut enceinte d’un homme qu’elle venait de quitter, il la convint de ne pas avorter et l’aida beaucoup par la suite pour élever cet enfant. Ma sœur fut très amoureuse d’un étudiant d’origine kabyle qui devait plus tard obtenir, comme elle, son doctorat de philosophie avec mention.

Abdenour n’est pas un très bel homme mais il a su donner à ma sœur de l’affection comme aucun autre n’avait su le faire auparavant. Les jeunes hommes boudaient ma soeur parce qu’elle avait un caractère difficile. Il y en a certainement qui apprécient les femmes exigeantes et caractérielles mais ils se comptent sur les doigts de la main. Je regrettai néanmoins que ma sœur tombât enceinte d’Abdenour malgré les conseils que je lui avais donnés pour éviter de tomber dans ce piège. Ce n’était pas en raison de ses origines que j’avais des craintes mais bien plutôt de sa personnalité propre, en tant qu’individu.

Plusieurs éléments du comportement d’Abdenour m’avaient inquiété. Ainsi, il roulait plusieurs dizaines de kilomètres par heure au dessus de la vitesse autorisée et ne faisait aucun effort pour se contrôler lorsque les passagers  le lui demandaient. Il prenait tout pour une provocation. De plus, j’avais entendu dire qu’il avait d’autres femmes que ma sœur. Je ne pus accepter cette situation qui était une insulte pour ma famille. Si cet homme avait été honnête et qu’il avait respecté ma sœur, je l’aurais alors bien naturellement estimé. Mais il s’était montré irrespectueux des valeurs et des traditions que nous avions et qui n’étaient pas négociables.

Récemment, alors qu’il venait voir son fils à la Réunion, il me dit que si j’avais raté l’ENA, c’était certainement parce que j’avais un neveu arabe. Cette remarque me mit hors de moi.

 

« En quoi suis-je concerné par cette situation ? Je compte bien moi-même avoir des enfants et les choix de ma sœur ne n’impactent aucunement », lui répondis-je avec un peu de méchanceté provoquée pour ne pas tomber dans le piège qu’il me tendait.

 

« Peut importe la religion de celle que j’épouserai pourvu qu’elle respecte mes valeurs et mes croyances » rajoutai-je aussitôt pour que les choses soient bien claires et qu’il cessât de chercher chez moi un hypothétique fond raciste dont il imaginait qu’il était présent chez tout Français.

Il avait cette manière de provoquer les gens qui me conduisit à tenter de l’éviter le plus possible. Après que ma sœur eut soutenu sa thèse de doctorat à Lyon à l’automne 2005, nous allâmes au restaurant avec la famille d’Abdenour. Le repas avait à peine débuté et Abdenour donna un violent coup de point  sur la tête de mon petit neveu Raphaël, avec lequel il jouait à se faire mal. Ce dernier se mit à pleurer. Mes parents ne dirent rien et cette situation me mit totalement hors de moi.

Nous étions assis dans ce restaurant avec cet homme violent qui terrorisait ma famille et aurait même pu me tuer devant eux si je lui avais fait une remarque désobligeante. J’étais vraiment mal mais tâchai de garder mon sang froid pour faire plaisir à mes parents qui ne souhaitaient que le bonheur de Raphaël et minimisaient la situation en conséquence.

Vers le milieu du déjeuner, le mal élevé changea de place et s’assis à côté de moi. Il commença à me mettre la main sur la cuisse en me faisant passer pour un homosexuel que je ne suis pourtant pas bien que je respecte profondément les préférences sexuelles de chaque individu. Il se fichait évidemment de moi. Il essayait de me ridiculiser devant mes parents. Il s’imaginait que je n’allais pas réagir et qu’il me allait me faire passer pour un lâche. Ce fut là la goûte qui allait faire déborder le vase. Je me levai et quittai le restaurant en annonçant à mes parents que cette comédie avait assez duré et que je rentrais à Paris. Abdenour se mit à courir à mes trousses pour me rattraper. Je ne sais pas s’il voulait profiter de l’occasion pour me passer à tabac dans les rues de Lyon, loin des yeux de mes parents. Heureusement, je réussis à courir suffisamment vite et réussis à le semer en me cachant dans un magasin. Je fis ensuite un saut à l’hôtel, pris mes bagages et me rendit à la gare Perrache. Je décidai alors de ne plus revoir cet individu qui avait décidément l’intention d’abuser de l’ensemble de ma famille sur laquelle il avait jeté son dévolu.

Les fréquentations regrettables de ma sœur ont certainement trouvé leurs origines dans celles de ma mère. Celle-ci eut toujours des relations compliquées avec les hommes depuis son divorce. Heureusement, son dernier amant en date était avec elle depuis plus de dix ans et lui avait permis de trouver une certaine stabilité. Néanmoins, c’est elle qui payait ses factures. Il avait même pris l’habitude de lui prendre son téléphone portable et de l’utiliser à l’étranger au lieu de faire l’effort de prendre une carte sur place. Ma mère avait toujours été abusée par les hommes bien qu’elle avait le physique de Catherine Deneuve et qu’elle aurait très bien pu trouver le mari qu’il lui fallait pour remplacer mon père. C’est sa grande timidité qui l’empêchait d’avoir de bonnes fréquentations.

 

Aujourd’hui, ma mère a perdu sa jeunesse et s’est laissée envahir par le stress de la vie au point d’en devenir obèse. Je la plains beaucoup car elle n’a jamais trouvé d’équilibre. Je crois que ses difficultés sont d’ordre psychologique et trouvent leurs racines dans cette identité avec laquelle elle a grandi mais dont elle sait, depuis ses dix-huit ans, qu’elle a été trafiquée. Ce n’est pas facile pour une personne adulte d’accepter de continuer de vivre dans le reniement de son identité véritable pour le seul bien-être de quelques personnes que la vérité aurait terriblement gêné.

EPILOGUE

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

« Heureux mille fois les hommes qui ne sont appelés à ne contempler que dans l’histoire les grandes révolutions… »

Joseph de Maistre (1753 – 1821)

Les Soirées de Saint-Pétersbourg

 

 

Pierre-Brieu de Norlaris est le témoignage le plus sincère que j’aurai pu faire dans mon existence à l’ensemble des Français de cette vérité que je suis, en tant qu’arrière petit fils aîné du défunt Comte de Paris issu de la branche aînée des Bourbon d’Orléans, le réceptacle de ce sang royal qui coula pour tous les hommes il y a deux mille ans.

 

Je me suis attaché à le prouver sur un double plan tant rationnel qu’ésotérique de façon à ce que personne ne puisse raisonnablement en douter. Jusqu’à présent, la connaissance de l’existence de ma famille était réservée à quelques initiés habitués aux dossiers poussiéreux des bureaux ministériels chargés de garder les secrets d’Etat. Désormais, la vérité est portée par un jeune homme de vingt-quatre ans qui, étant son dépositaire après les révélations qui lui ont été faites, a le devoir de la rendre publique. En cela, je veux vous révéler ma nature vraie. Je n’ai pas peur de m’exposer au jugement des Français pour lesquels mon affection est sans commune mesure.

Je ne pense pas qu’on vive mieux en restant dans l’ombre. Rester dans l’anonymat m’a été présenté comme une option. Or, je ne considère pas que ce soit une option acceptable. J’ai moi-même réussi à sortir de la caverne des apparences pour enfin voir la lumière du jour. Il serait irresponsable de ma part de ne pas y retourner dans cette caverne mais avec tout l’attirail du spéléologue qui me permettra d’en ressortir et, surtout, d’en faire ressortir le public.

 

Ma filiation avec le Comte de Paris me donne des droits mais elle me donne surtout des devoirs. C’est d’apporter aux Français, et à quelque niveau que ce soit, ce que mes ancêtres ont cultivé, à savoir la défense de l’intérêt de la France et des Français.

Je dois naturellement apporter ma contribution dans le respect de la République qui m’aura non seulement donné une éducation à la hauteur de cet héritage mais, qui surtout, m’aura donné cette liberté d’expression qui me permettra, je l’espère, de faire reconnaître officiellement et publiquement qui je suis.

 

J’en appelle donc à la République et aux Français pour qu’ils restent toujours fidèles aux valeurs humanistes qui font l’âme de la France depuis des siècles.

Je souhaite que la République comprenne que je ne suis pas un danger mais une chance pour la démocratie par la contribution que je peux apporter à la vie publique sans nécessairement en être à sa tête. Je ne recherche pas directement le pouvoir mais je recherche à participer, en collaboration avec ce pouvoir, au succès de notre pays.

Disposer de son identité véritable, quelle soit ou pas liée à une lignée royale, est un droit fondamental pour tout individu quel qu’il soit. La République sera renforcée si elle montre qu’elle n’a pas peur de défendre ses convictions jusqu’au bout.

Car, quand un seul individu, quel qu’il soit, est écarté en raison que ses origines parce que celles-ci en feraient une hypothétique menace, alors la République n’est plus fidèle à elle-même. C’est en trahissant son essence qu’elle se met le plus en danger car la justice finit toujours par triompher. Mais j’ai confiance dans les institutions pour se montrer, dans le cas qui me préoccupe, à la hauteur les valeurs profondément républicaines. J’ai foi dans les libertés publiques et sais que je ne serai pas trahi.

 

Je demande ainsi du fond du cœur aux Français de me porter un rapide secours comme ils auraient pu devoir le porter à n’importe lequel de leurs compatriotes. Je les invite à se mobiliser avec moi pour obtenir des autorités françaises qu’elles aillent jusqu’au bout des démarches qui ont été entreprises tant au sein du Ministère de l’Intérieur que de celui de la Défense. Aidez-moi à obtenir de ces ministères qu’ils rendent publics toutes les preuves qu’ils ont accumulées de mon identité !

Aidez-moi, Peuple de France, à obtenir de la famille connue du Comte de Paris qu’elle accepte d’entreprendre une médiation avec moi en vue de ma reconnaissance ! Cette famille, je l’aime et je ne veux que son bonheur car c’est aussi ma famille. Mais ce bonheur ne peut se faire aux dépens de ma propre famille, car le bonheur des uns ne peut se faire au prix du malheur des autres.

 

 

Que Dieu nous vienne en aide,

Hello world!

juin 6, 2008 by jesuiscequejesuis

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